PARIS : Christophe POTTIER : « L’approche prédictive…
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PARIS : Christophe POTTIER : « L’approche prédictive deviendra une condition pour être assuré »
Face au coût des incendies électriques, les assureurs poussent l’adoption de technologies prédictives pour anticiper les sinistres au lieu de les subir.
Dans un secteur de l’assurance où la maîtrise de la sinistralité est un impératif constant, la prévention des incendies d’origine électrique s’impose comme un enjeu stratégique. Si ces incidents ne représentent qu’une faible part des sinistres, leur impact financier est colossal. Selon une tribune de Christophe Pottier, expert chez HDSN, cette réalité économique pousse le secteur à abandonner les approches purement réactives au profit de solutions prédictives innovantes, capables de détecter les risques avant qu’ils ne se matérialisent.
Un coût disproportionné
Le constat est sans appel et justifie à lui seul un changement de paradigme. « Les incendies d’origine électrique ne représentent qu’environ 5 % des sinistres, mais pèsent près de 50 % des montants indemnisés », rappelle Christophe Pottier. Cette disproportion flagrante entre la fréquence et le coût met en lumière la criticité de ce risque pour les entreprises et, par conséquent, pour leurs assureurs. Les conséquences d’un tel sinistre, allant de la destruction d’actifs à l’arrêt de l’activité, peuvent s’avérer dévastatrices et se chiffrer en millions d’euros, rendant la simple indemnisation insuffisante.
Dépasser la logique réactive
Historiquement, la gestion du risque incendie reposait sur une logique de protection et d’intervention a posteriori. Cependant, ces méthodes traditionnelles montrent aujourd’hui leurs limites. Des dispositifs comme la thermographie annuelle (norme Q19) ne fournissent qu’une photographie ponctuelle de l’état des installations, passant à côté de phénomènes intermittents qui peuvent être à l’origine d’un départ de feu. De même, les systèmes d’extinction, bien qu’essentiels, interviennent tardivement dans la cinétique de l’incendie. Leur rôle est de contenir un feu déjà déclaré, non d’agir sur les mécanismes de dégradation qui l’ont provoqué. L’approche prédictive vient combler cette lacune fondamentale en se concentrant sur les signaux faibles précurseurs.
Analyser les signaux faibles pour prévenir le pire
La prévention prédictive repose sur des technologies de pointe capables de surveiller en continu les environnements critiques, notamment les armoires et tableaux électriques. Ces solutions collectent et analysent en temps réel des données sur l’atmosphère ambiante, telles que les variations anormales de gaz ou la présence de microparticules émises lors de la surchauffe d’un composant. « La collecte et l’analyse en temps réel de l’atmosphère des tableaux électriques permettent de détecter les variations anormales », explique l’expert. Ces informations sont ensuite traitées par des algorithmes qui génèrent des alertes graduées en fonction de la criticité de la situation, permettant une intervention de maintenance ciblée bien avant que l’incident ne se produise.
Les assureurs, moteurs du changement
Conscients des bénéfices de cette approche, les assureurs deviennent les principaux promoteurs de ces dispositifs. En favorisant l’installation de solutions prédictives chez leurs clients, ils réduisent leur propre exposition aux sinistres majeurs. Cette tendance se matérialise par une multiplication des collaborations entre les compagnies d’assurances, les courtiers et les concepteurs de technologies de détection. Ce qui était une innovation de niche est en passe de devenir un standard du marché, une évolution que HDSN juge pérenne et structurante pour le secteur.
Vers un écosystème de confiance
Pour garantir l’efficacité de ces déploiements, la mise en place d’un processus de certification est essentielle. Il ne s’agit pas seulement de valider la performance technique des capteurs, mais aussi de s’assurer de la robustesse de l’organisation humaine qui gère les alertes. Car, comme le souligne l’analyse, « l’humain est souvent le maillon faible dans la chaîne du risque ». Une fois ces vérifications effectuées, une attestation de conformité technique et organisationnelle est délivrée, constituant une marque de confiance pour les assureurs et une preuve de la diligence de l’entreprise. Pour Christophe Pottier, l’avenir est clair : « L’approche prédictive devrait devenir à court terme une condition sine qua non pour être couvert en cas de risques d’incendie liés à un problème d’armoire électrique ». Un avertissement qui invite les entreprises à anticiper dès maintenant cette exigence.


