PARIS : Christophe PERSON : « La création africaine a vocat…
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PARIS : Christophe PERSON : « La création africaine a vocation à avoir une portée universelle »
La galerie Christophe Person quitte le Marais pour la Rive Gauche et inaugure son nouvel espace avec une exposition sur l’abstraction africaine.
La scène artistique parisienne s’apprête à vivre un changement notable. La galerie CHRISTOPHE PERSON, reconnue pour son engagement envers la création contemporaine africaine, annonce son déménagement de son espace historique du Marais pour s’installer sur la prestigieuse Rive Gauche. À compter du 17 avril 2026, elle ouvrira ses portes au 22 rue du Bac, dans le 6ème arrondissement, marquant ainsi une nouvelle étape de son développement.
Un héritage prestigieux Rive Gauche
Le choix de cette nouvelle adresse est hautement symbolique. La galerie s’installe dans les murs qui abritèrent pendant près de soixante-dix ans la galerie de Jean Fournier, figure majeure du monde de l’art disparue il y a tout juste vingt ans. Ce lieu, considéré comme un temple de l’abstraction, a vu passer les plus grands noms de la scène artistique internationale. En investissant cet espace chargé d’histoire, Christophe Person ne fait pas que changer de quartier ; il inscrit sa programmation dans un dialogue direct avec un héritage artistique d’exception, créant une passerelle entre l’histoire de l’abstraction du 20ème siècle et ses expressions contemporaines venues d’Afrique.
Matière à abstraction, un dialogue inaugural
Pour inaugurer ce nouveau chapitre, la galerie présentera, du 17 avril au 13 juin 2026, l’exposition « Matière à abstraction : Echo à l’histoire d’un lieu ». Pensé comme un hommage, cet accrochage réunira une sélection d’artistes dont les œuvres explorent les multiples facettes de l’abstraction. Le public pourra découvrir pour la première fois en France le travail des artistes ougandais Joseph Ntensibe et Donald Wasswa. Leurs toiles côtoieront celles de figures établies ou émergentes comme Mamadou Cissé (Sénégal / France), Tiffanie Delune (France) et Paul Ndema (Ouganda). Le projet, conçu par Christophe Person et enrichi des textes de la critique d’art Julie Chaizemartin, vise à offrir des clés de lecture pour appréhender la richesse et la complexité de l’abstraction dans l’art africain contemporain.
Dépasser les clichés sur l’art africain
L’exposition met en lumière la singularité des pratiques des artistes africains. Loin de se limiter à un simple jeu de formes et de couleurs, leurs œuvres, bien que perçues comme abstraites, sont profondément ancrées dans des réalités narratives et symboliques. Elles renvoient à des contextes culturels, sociaux ou politiques spécifiques, invitant le spectateur à dépasser une lecture purement formelle. C’est cette vision d’un art ouvert et universel que défend le galeriste.
« Les artistes ont la capacité de traiter des sujets avec une force conceptuelle et des esthétiques qui restent encore à nommer. Bien que je sois sensible aux pratiques introspectives, je suis davantage intéressé par des œuvres à la portée universelle. La création africaine ne doit pas être appréhendée comme refermée sur elle-même. Au contraire, elle est ouverte aux dialogues avec des œuvres d’artistes de différentes géographies et différentes temporalités. De ce fait, les œuvres présentées aux prises avec des situations et des réalités géographiques spécifiques, ont vocation à avoir une portée universelle », explique Christophe Person.
L’exposition inaugurale s’annonce donc comme un événement majeur, proposant un regard renouvelé sur la scène contemporaine africaine et affirmant la place de Paris comme carrefour des dialogues artistiques mondiaux.