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PARIS : Charles DEPLANQUE : « Les fournisseurs TEM ignorent…

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PARIS : Charles DEPLANQUE : « Les fournisseurs TEM ignorent la complexité du mid-market européen »

Dans une tribune, Saaswedo alerte sur l’inadéquation structurelle des offres de gestion des dépenses télécoms (TEM) pour les PME européennes.

Alors que la demande pour la gestion des dépenses technologiques (Technology Expense Management – TEM) atteint des sommets, de nombreux fournisseurs peinent à répondre aux besoins spécifiques du marché européen des entreprises de taille intermédiaire (mid-market). Dans une analyse publiée ce jeudi, Charles Deplanque, directeur marketing de Saaswedo, société spécialisée dans ce secteur, dénonce un décalage structurel entre l’offre et la demande, soulignant que les solutions actuelles, souvent pensées pour les grands comptes américains, ne sont pas adaptées aux réalités du Vieux Continent.

Un marché en croissance, une inadéquation persistante

L’explosion des dépenses télécoms, la complexification des environnements informatiques et la pression budgétaire créent un besoin croissant pour les solutions TEM. Pourtant, sur le terrain, le constat est sans appel pour Charles Deplanque. « Beaucoup de fournisseurs TEM ne répondent pas réellement aux besoins du mid-market européen. Et ce décalage n’est pas conjoncturel. Il est structurel », affirme-t-il.

Historiquement, la majorité des plateformes ont été conçues pour les géants du classement Fortune 500, impliquant des projets longs, des intégrations lourdes et des équipes internes dédiées. Ce modèle est incompatible avec les attentes des entreprises européennes, qui recherchent une mise en œuvre rapide, une valeur ajoutée mesurable à court terme et une simplicité d’exploitation. Faute d’offres adaptées, nombre d’entre elles continuent de gérer leurs dépenses via des tableurs, « non pas par manque de maturité, mais par manque d’adéquation de l’offre », précise l’expert.

La spécificité irréductible du mid-market européen

Confondre les marchés américain et européen est une erreur fondamentale. Une entreprise américaine de taille moyenne opère souvent sur un marché domestique unique, avec une fiscalité et un nombre d’opérateurs limités. En Europe, une structure de 1 000 salariés peut être présente dans cinq pays différents, avec cinq régimes fiscaux, cinq opérateurs et autant de logiques contractuelles. « La complexité n’est pas volumétrique. Elle est structurelle », insiste Charles Deplanque.

L’élément le plus sous-estimé reste la gestion de la TVA, cruciale en Europe pour l’allocation des coûts et la récupération fiscale. Un TEM qui n’intègre pas nativement cette complexité engendre inévitablement des erreurs comptables et des pertes financières. À cela s’ajoutent les exigences strictes en matière de souveraineté des données (RGPD) et de résidence européenne, qui doivent être intégrées dès la conception de la solution.

Plateforme et services : la nécessité d’un modèle hybride

Le marché du TEM a longtemps été divisé entre les éditeurs de logiciels purs et les sociétés de services. Cette dichotomie ne correspond plus aux attentes. Les entreprises européennes recherchent aujourd’hui un modèle hybride qui combine une plateforme intégrée et une capacité d’exécution opérationnelle pour des tâches comme le traitement des factures, le support à la mobilité, la logistique de renouvellement des équipements ou encore la gestion de fin de vie des actifs (ITAD). « Un outil sans exécution crée de la dépendance interne. Un service sans plateforme crée de l’opacité », résume Charles Deplanque. L’efficacité naît de la convergence entre la technologie et le service.

Vers une convergence des technologies

Un TEM moderne ne peut plus être une solution isolée. Sa pertinence se mesure désormais à sa capacité à s’articuler avec d’autres briques essentielles de la gestion informatique : les services de mobilité managés (MMS), la gestion des terminaux et de la sécurité (UEM/MDM) et la gestion du cycle de vie des actifs (ITAD). Traiter ces domaines en silos multiplie les interfaces fragiles et réduit la visibilité globale. La valeur ajoutée se trouve dans l’intégration de ces fonctions au sein d’une approche unifiée.

L’Europe, un test de maturité pour le marché

En conclusion, Charles Deplanque estime que le marché européen, avec ses contraintes réglementaires, fiscales et multi-opérateurs, agit comme un véritable « filtre de maturité » pour les fournisseurs TEM. Une solution qui ne peut adresser cette complexité ne sera jamais véritablement exploitable à grande échelle sur le continent. Le marché entre dans une phase de sélection naturelle où les entreprises devront évaluer bien plus que les seules fonctionnalités. « La question n’est plus de comparer des fonctionnalités mais d’estimer si le fournisseur de TEM est capable de piloter sa complexité réelle, aujourd’hui et demain », conclut-il.