Passer au contenu principal

PARIS : Céline, fondatrice de Wilma : « J’apprends à…

Partager :

PARIS : Céline, fondatrice de Wilma : « J’apprends à faire la paix avec le désordre »

Dans une récente newsletter, Céline, fondatrice de la marque Wilma, livre une réflexion intime sur le chaos entrepreneurial, qu’elle décrit comme un puissant moteur de créativité.

Loin des clichés sur la vie parfaitement organisée des entrepreneurs à succès, Céline, la créatrice de la marque Wilma, a récemment partagé dans sa newsletter d’avril un témoignage personnel sur la réalité de son quotidien. Une plongée dans un « chaos organisé » où se mêlent charge mentale, doutes et fulgurances créatives, et qui, selon elle, constitue le véritable terreau de l’innovation.

Elle dépeint une scène familière à beaucoup : « Je vous écris cette newsletter avec 36 onglets ouverts. J’exagère à peine. Il y a : un budget prévisionnel, un rétroplanning shooting, un cadencement produit, des notes vocales que je me suis envoyées à moi-même, un brouillon de newsletter », confie-t-elle, avant d’énumérer les impératifs personnels qui s’y ajoutent, de la fiche d’inscription de sa fille à une amie à rappeler.

Le mythe de l’organisation parfaite

Céline déconstruit avec franchise l’image idéalisée de la cheffe d’entreprise au contrôle absolu, un modèle auquel elle a longtemps aspiré sans jamais s’y reconnaître. « J’ai longtemps cru que les femmes organisées avaient tout compris. Les femmes qui ont des boîtes mail vides, des bureaux rangés, des tableaux Notion impeccables, des semaines “batchées”, des lunch box déjà prêtes le dimanche », écrit-elle.

Sa propre méthode est aux antipodes de cette rigueur apparente : « Moi, j’ai des captures d’écran, des carnets, des notes iPhone, des idées griffonnées ». Ce constat, longtemps source de doute, est devenu une force qu’elle a appris à identifier et à cultiver.

Le « bon chaos », source de créativité

La fondatrice de Wilma distingue deux types de désordre. D’un côté, celui qui paralyse : « Il y a celui qui me submerge. Celui qui me fait croire que je ne vais jamais y arriver. Celui qui me fait perdre le fil, celui qui me fait tout remettre en question ».

Mais il y a surtout l’autre, celui qu’elle chérit comme un trésor. « Et puis il y a l’autre. Le bon chaos. Le chaos créatif », explique-t-elle. C’est ce tourbillon d’idées qui a donné naissance à son entreprise. « Celui des idées qui arrivent trop vite, celui des intuitions, celui des élans. […] Celui qui m’a fait démarrer une marque. Celui qui me fait croire qu’on peut réinventer le sport pour les femmes. Celui qui me fait écrire à un fournisseur à 22h parce que je viens d’avoir une idée “géniale” pour un nouveau produit ».

La charge mentale de l’entrepreneure

Le témoignage met également en lumière la pression particulière qui pèse sur les femmes qui cumulent les rôles de mère, de conjointe et de fondatrice. Elle décrit cette capacité à passer d’une réflexion stratégique de haut niveau à une question logistique triviale en un temps record : « Certaines journées, je passe de : “Est-ce qu’on ouvre l’international cette année ?” à : “Est-ce qu’on a bien validé la couleur du prochain Rachel ?” à : “Qui répond à ce SAV ?” à : “Qu’est-ce que je prépare à dîner ce soir ?” … en 12 minutes ».

Un grand écart permanent et épuisant. « Je crois qu’entreprendre, surtout quand on est une femme, une mère, une épouse, une fondatrice, c’est être capable de naviguer entre 100 rôles sans transition. Et de faire comme si c’était normal. Spoiler : ça ne l’est pas », affirme-t-elle.

Apprendre à lâcher-prise pour mieux structurer

Plus qu’une bataille contre le désordre, le véritable enjeu pour Céline est d’apprivoiser son propre besoin de contrôle. « Mon vrai sujet, je crois, ce n’est pas le chaos. C’est le contrôle. J’ai un besoin viscéral de tout maîtriser : les détails, les imprévus. Et plus je grandis, plus je comprends que c’est impossible », admet-elle.

Cette prise de conscience se traduit par un nouvel équilibre à trouver pour sa marque en pleine croissance : structurer l’entreprise sans éteindre la flamme créative des débuts. « Structurer sans perdre notre folie. Grandir sans se diluer. Devenir plus solides sans perdre notre instinct. Créer des process, sans tuer la spontanéité », détaille-t-elle.

Malgré les doutes et la fatigue, elle conclut sur une note de confiance et d’alignement. « Au milieu de tout ça, une vraie conviction : je suis exactement là où je dois être. […] Finalement, je crois que je suis en train d’apprendre à faire la paix avec le désordre ».