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PARIS : Caroline Ménager : « L’éducation financière des ados, délaissée par l’école, repose sur la famille »
Une étude Pixpay révèle que l’éducation financière des ados, délaissée par l’école, repose sur la famille et accentue les inégalités sociales.
Alors que 87 % des adolescents français déclarent s’intéresser à l’argent, leur apprentissage des mécanismes financiers reste largement cantonné à la sphère privée, creusant ainsi les inégalités dès le plus jeune âge. C’est le constat majeur de la deuxième édition de l’étude « Education Financière », menée par le Teenage Lab de Pixpay. L’enquête met en lumière le rôle prépondérant de la famille dans un domaine où l’école est la grande absente, soulevant une question cruciale d’égalité des chances.
La famille et les réseaux sociaux, professeurs par défaut
Face à un système scolaire qui peine à s’emparer du sujet, les adolescents construisent leur culture financière par d’autres biais. L’étude révèle que 7 adolescents sur 10 n’ont jamais abordé l’éducation financière en classe. En conséquence, la famille demeure leur principale source d’information (56 %), suivie de près par les applications bancaires (44 %) et, de plus en plus, les réseaux sociaux (36 %). TikTok et YouTube deviennent ainsi des vecteurs d’apprentissage financier, parfois plus influents que l’institution scolaire elle-même.
Cette absence d’enseignement formel est une réalité nationale, bien que variable selon les territoires. Si 72,2 % des jeunes sont concernés en Île-de-France et 71,4 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce chiffre, bien que toujours majoritaire, descend à 61,3 % dans le Grand Est. Le constat demeure : l’apprentissage informel prédomine, avec des niveaux d’information très hétérogènes.
Un facteur d’inégalités sociales précoces
Lorsque la transmission des savoirs financiers repose quasi exclusivement sur le foyer, le bagage socio-économique des parents devient un facteur déterminant. L’étude met en évidence un écart de confiance significatif : 37 % des parents issus des catégories socioprofessionnelles supérieures se sentent « tout à fait suffisamment informés » pour former leurs enfants, contre seulement 28 % chez les parents des catégories populaires.
Ce sentiment d’être moins outillé pour accompagner les jeunes dans leur appréhension de l’argent a des conséquences directes. Les parents des catégories modestes sont deux fois plus nombreux à ne pas se sentir assez armés pour transmettre ces compétences. Cette situation crée une disparité précoce dans les ressources et les connaissances dont disposent les adolescents pour aborder leur vie financière future.
La carte de paiement, un outil pédagogique plébiscité
L’adolescence est une période charnière où les jeunes gagnent en autonomie et où leurs dépenses se complexifient. Si 23 % des 10-12 ans demandent régulièrement une rallonge après avoir épuisé leur argent de poche, cette proportion grimpe à 40 % chez les plus de 16 ans.
Dans ce contexte, les parents perçoivent de plus en plus les outils modernes comme des supports pédagogiques. Pour 52 % d’entre eux, la principale motivation pour équiper leur enfant d’une carte de paiement est de lui apprendre à gérer son argent. Les compétences jugées prioritaires sont la consommation responsable (69 %) et l’apprentissage de l’épargne (66 %). La carte bancaire n’est plus vue comme un simple moyen de dépenser, mais comme un instrument pratique pour un apprentissage concret et quotidien de la gestion budgétaire.
Un enjeu majeur d’égalité des chances
Pour les auteurs de l’étude, renforcer l’éducation financière à l’école est un levier essentiel pour corriger ces déséquilibres.
« Aujourd’hui, les adolescents s’intéressent à l’argent mais ils ne disposent pas tous des mêmes outils pour en comprendre les mécanismes. Lorsque ces apprentissages reposent uniquement sur la sphère familiale, les écarts de connaissances peuvent naturellement se creuser entre les milieux sociaux. L’enjeu est donc clair : donner à tous les ados les mêmes chances pour comprendre l’argent, prendre de bonnes décisions et préparer leur avenir », explique Caroline Ménager, cofondatrice de Pixpay.
Offrir une base commune de connaissances financières à tous les jeunes, indépendamment de leur origine sociale, apparaît ainsi comme une condition nécessaire pour garantir une meilleure égalité des chances.
À propos des études et de Pixpay
Les données de l’article sont issues de deux enquêtes menées en mars 2025 : l’une par le Teenage Lab By Pixpay auprès de 989 adolescents de 8 à 17 ans, et l’autre par Bilendi pour Pixpay auprès de 500 parents.
Le Teenage Lab de Pixpay (https://www.pixpay.fr/teenage-lab/) réalise régulièrement des études sur les tendances de la jeunesse.
Pixpay (https://www.pixpay.fr/) est une solution de carte de paiement pour adolescents qui ambitionne de devenir un leader de l’éducation financière. Depuis 2022, la fintech fait partie, avec GoHenry, d’un groupe qui compte aujourd’hui plus de 6 millions d’utilisateurs en Europe et aux États-Unis via son association avec Acorns.


