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PARIS : Camille GUERFI : « Pour une majorité de femmes, la…

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PARIS : Camille GUERFI : « Pour une majorité de femmes, la sodomie reste une pratique imposée »

Une étude IFOP pour LELO révèle que la sodomie reste pour beaucoup de femmes une pratique subie, marquée par la douleur et la contrainte.

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, une nouvelle étude IFOP commanditée par LELO met en lumière une réalité souvent passée sous silence : la sexualité anale, bien que de plus en plus pratiquée, demeure une expérience marquée par la douleur, la contrainte et un consentement problématique pour une large part des femmes. Les chiffres dévoilés sont sans équivoque et soulignent l’ampleur des violences et des pressions masculines qui entourent cette pratique.

Une initiation souvent subie et douloureuse

L’enquête révèle que parmi les 49% de Françaises ayant déjà expérimenté la pénétration anale, les conséquences physiques et psychologiques sont alarmantes. Au total, 67% d’entre elles déclarent avoir souffert de douleurs importantes. Sur le plan psychologique, 48% ont eu le sentiment d’être forcées ou de se trouver en position d’infériorité, et 45% se sont senties rabaissées ou non respectées. L’étude rapporte même que 30% ont rencontré des problèmes de santé consécutifs, tels que des saignements, des infections sexuellement transmissibles ou des troubles de l’incontinence.

L’analyse de la première expérience est particulièrement révélatrice de ce que les auteurs qualifient de « zone grise » du consentement. Seules 45% des femmes affirment avoir réellement souhaité leur première sodomie, un chiffre qui contraste fortement avec les 74% d’hommes dans la même situation. En parallèle, 30% des femmes ont accepté cette première fois sans un désir franc et, plus grave encore, 7% déclarent y avoir été purement et simplement forcées.

Une évolution générationnelle masquant une pression persistante

Si l’étude note une évolution positive chez les plus jeunes, le tableau reste préoccupant. Chez les femmes de moins de 30 ans, la proportion de celles qui désiraient leur première expérience anale grimpe à 60%. Cependant, ce progrès laisse encore 40% de premières fois non pleinement désirées dans cette tranche d’âge. La douleur reste également un marqueur fort, avec 54% des jeunes femmes rapportant des souffrances importantes.

L’enquête confirme que cette pratique est très souvent le résultat d’une pression masculine. Ainsi, 30% des femmes disent avoir accepté une pénétration anale pour faire plaisir à leur partenaire alors qu’elles n’en avaient pas l’envie. De même, 23% l’ont fait par peur de décevoir ou de perdre leur partenaire. Ces chiffres témoignent d’une dynamique de pouvoir inégale au sein du couple hétérosexuel, où le désir masculin semble primer sur le consentement et le bien-être féminin.

« La réalité vécue par des centaines de milliers de femmes »

Face à ces constats, l’analyse des experts est sans appel. « Ces chiffres montrent que pour une majorité de femmes, la sodomie reste une pratique douloureuse, souvent non désirée, et parfois imposée. La progression de cette pratique (+12 points depuis 2006) ne doit pas masquer la réalité vécue par des centaines de milliers de femmes », alerte Camille Guerfi, sexologue et porte-parole de LELO en France.

L’étude, réalisée par l’Ifop pour LELO, a été menée via un questionnaire en ligne du 25 au 27 août 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes âgées de 18 ans et plus. LELO (https://www.lelo.com) est une marque suédoise qui développe des produits dédiés au bien-être intime et à l’exploration du plaisir.