PARIS : Berite LABELLE : « Le parfum cesse d’être un costum…
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PARIS : Berite LABELLE : « Le parfum cesse d’être un costume imposé pour devenir un manifeste »
La fondatrice de Blone Haute Parfumerie plaide pour une libération des codes olfactifs.
Alors que les célébrations du 8 mars mettent en lumière les avancées sociales et politiques des femmes, un secteur plus inattendu opère également sa mue : celui de la haute parfumerie. Longtemps dominée par des nez masculins et des directions marketing dictant les canons de la séduction, l’industrie voit émerger une nouvelle vague de créatrices déterminées à briser les archétypes.
C’est le message porté par Berite Labelle, fondatrice de la maison Blone Haute Parfumerie (https://blonelamaison.com/fr/), qui signe une tribune appelant à réinventer l’identité olfactive féminine.
Pour cette Genevoise aux multiples facettes, également active dans le cinéma et le mannequinat, le parfum ne doit plus être un outil de validation sociale, mais une affirmation de soi.

Sortir des carcans historiques
Le constat posé est celui d’une industrie qui, pendant plus d’un siècle, a façonné une image stéréotypée de la femme. « Le parfum est un langage intime, invisible, mais d’une puissance redoutable. Pourtant, ce langage a été largement écrit par des hommes », analyse Berite Labelle.
Selon elle, les grandes maisons ont longtemps enfermé la féminité dans des cases réductrices : la douceur, le mystère ou la séduction fatale.
« Pendant des décennies, l’industrie de la parfumerie a construit des archétypes féminins. La femme-florale. La femme-rose. La femme-musc », détaille la créatrice.
Elle dénonce une conception où l’identité olfactive était pensée pour plaire à un regard extérieur avant d’exister pour le sujet lui-même. Cette approche, qui réduisait la femme à « une promesse de désir ou à un idéal romantique », semble désormais obsolète face aux aspirations contemporaines.
La femme de 2026 : plurielle et paradoxale
L’année 2026 marque, selon la tribune, un tournant décisif. Les consommatrices rejettent les étiquettes simplistes au profit de compositions plus complexes, reflétant la réalité de leurs parcours.
« La femme de 2026 n’est plus un cliché marketing. Elle est plurielle. Elle est paradoxale. Elle est puissante », affirme Berite Labelle.
Cette nouvelle liberté se traduit par des choix olfactifs audacieux, mêlant « cuir et fleur blanche », « ambre et sel », ou encore « douceur et feu ».
Il ne s’agit plus de correspondre à une injonction de féminité préfabriquée, mais de traduire une identité intérieure. Pour la dirigeante de Blone Haute Parfumerie, le véritable luxe aujourd’hui réside dans cette capacité à se définir soi-même, loin des costumes imposés.
L’entrepreneuriat comme vecteur d’émancipation
Cette révolution silencieuse passe par une prise de pouvoir des femmes au sein même de la filière. De plus en plus de femmes fondent leurs maisons, dirigent la création et composent des fragrances.
« Lorsque cette poésie est écrite par une femme, pour les femmes, elle devient aussi un acte d’émancipation », souligne Berite Labelle.
Son propre parcours illustre cette tendance. Influencée par ses expériences entre l’Europe et les États-Unis, ainsi que par sa sensibilité à la naturopathie, elle conçoit ses parfums comme des récits. Blone Haute Parfumerie se positionne ainsi sur le segment de la « niche », proposant des créations inspirées par le storytelling et les voyages, loin des standards industriels.
Un manifeste pour l’avenir
En ce mois de mars, l’appel est donc lancé pour célébrer les « territoires de liberté » qui se réinventent, y compris dans l’art et l’artisanat du parfum. Pour la créatrice, choisir son parfum devient un acte politique, une manière d’affirmer sa présence au monde sans demander la permission.
« Derrière chaque femme qui crée, qui entreprend, qui invente, il y a une idée simple mais radicale : l’avenir ne se parfume plus au stéréotype. Il se parfume à la liberté », conclut Berite Labelle.
Une vision qui invite à considérer le flacon non plus comme un accessoire de séduction, mais comme le prolongement d’une identité retrouvée.

