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PARIS : Benoît HAMON : « La cohésion sociale est fragilisée…

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PARIS : Benoît HAMON : « La cohésion sociale est fragilisée »

ESS France révèle une destruction nette d’emplois dans l’économie sociale et solidaire au second semestre 2025, une première depuis 2020.

Un signal d’alarme retentit dans le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS). Selon la dernière note de conjoncture publiée par ESS France, en partenariat avec la Caisse d’Épargne, l’emploi dans ce secteur, qui représente 13,4 % des emplois salariés du privé en France, a connu un retournement de tendance majeur au second semestre 2025. Après des années de résilience, l’ESS a détruit des emplois, marquant la fin d’un cycle de croissance et suscitant de vives inquiétudes quant à l’avenir de services essentiels sur les territoires.

Un recul historique depuis la pandémie

Les chiffres sont sans équivoque. La tendance au ralentissement observée en début d’année 2025 s’est transformée en une baisse nette des effectifs, avec un recul de 0,15 % au troisième trimestre, suivi d’une chute plus marquée de 0,46 % au quatrième trimestre. Sur l’ensemble de l’année, le solde net s’établit à une perte de 10 447 emplois. C’est la première fois depuis la crise sanitaire de 2020 que l’ESS enregistre une telle contraction.

Ce phénomène contraste fortement avec la dynamique du secteur privé lucratif, qui a affiché une croissance de 0,53 % sur la même période, portant désormais seul la dynamique de l’emploi en France. Cette inversion des rôles met en lumière la fragilité croissante d’un modèle économique pourtant réputé pour sa stabilité.

Associations et mutuelles, premières victimes

Le recul de l’emploi dans l’ESS n’est pas uniforme. Il est principalement porté par deux de ses grandes familles. Les associations accusent les pertes les plus lourdes en volume, avec 12 305 postes supprimés en un an, soit une baisse de 0,68 % au dernier trimestre. Les mutuelles sont, quant à elles, les plus durement touchées en proportion, avec une chute de 1,95 % de leurs effectifs au quatrième trimestre, ce qui correspond à 2 465 emplois en moins.

À l’inverse, les fondations et les coopératives continuent de créer des emplois, mais leur élan s’essouffle. Les fondations affichent une croissance de 2,52 %, un rythme bien inférieur à celui du début d’année. De même, la progression des coopératives ralentit pour s’établir à +0,36 %.

Benoît Hamon alerte sur un « risque majeur »

Face à ce constat, le président d’ESS France, Benoît Hamon, tire la sonnette d’alarme et met en garde contre les conséquences sociales de cette érosion.

« Cette note de conjoncture confirme, hélas, les signaux d’alerte que nous relayons depuis plusieurs mois : le retournement de tendance amorcé en début d’année est désormais acté. Derrière le recul de l’emploi dans la culture, l’action sociale ou l’aide à domicile, se profile un risque majeur de disparition de services essentiels. Si le monde lucratif grignote des parts de marché dans l’enseignement, ailleurs, c’est bien la présence territoriale et la qualité de l’accompagnement qui vacillent. Au-delà des statistiques, c’est la cohésion sociale qui est fragilisée », a-t-il déclaré dans son éditorial.

Des fractures sectorielles et géographiques

L’analyse sectorielle révèle de fortes disparités. Tandis que la santé (+1,3 %) et l’hébergement social et médico-social (+0,5 %) continuent de recruter, d’autres secteurs s’enfoncent dans la crise. C’est le cas des arts et spectacles (-3,1 %), de l’enseignement et de la formation continue (-1,6 %), des sports et loisirs (-1,1 %) et de l’aide à domicile (-0,6 %), où les structures de l’ESS perdent du terrain face aux entreprises privées lucratives.

La carte de France de l’emploi ESS est également fracturée. L’ensemble des régions métropolitaines perdent des emplois, de -0,0 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur à -1,1 % en Bourgogne-Franche-Comté. La situation est particulièrement polarisée en Outre-mer : la Guyane (+3,0 %) et la Martinique (+0,8 %) affichent une belle dynamique, tandis que la Guadeloupe (-1,3 %) et La Réunion (-1,1 %) subissent les plus fortes baisses.

ESS France est la chambre française de l’économie sociale et solidaire. Présidée par Benoît Hamon, elle assure la représentation et la promotion du secteur auprès des pouvoirs publics.

L’étude complète est disponible sur son site (https://www.ess-france.org).

Cette analyse est produite en partenariat avec la Caisse d’Épargne (https://www.caisse-epargne.fr/associations-ess/), réseau de banques coopératives engagé auprès des acteurs de l’ESS.

via Press Agence.