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PARIS : Benjamin ROYOUX : « Une forte confusion persiste sur la facturation électronique »
Un baromètre OpinionWay révèle le retard des entreprises face à la généralisation imminente de la facturation électronique.
À quelques mois de l’échéance majeure de la généralisation de la facturation électronique en France, une nouvelle étude met en lumière un retard préoccupant dans la préparation des entreprises. Le dernier baromètre mené par l’institut OpinionWay pour ECMA et le Conseil national de l’Ordre des experts-comptables dresse un constat sans appel : une part significative des sociétés françaises semble encore naviguer à vue, loin d’être prête pour cette transition pourtant capitale. Cette situation fait craindre un véritable engorgement dans les mois à venir si des mesures correctives ne sont pas rapidement engagées.
Un décalage alarmant entre perception et réalité
Le premier enseignement de ce baromètre est le fossé qui sépare la perception des entreprises de leur niveau de préparation réel. Alors que 62 % des dirigeants interrogés estiment avoir déjà amorcé leur transition vers la facturation électronique, le son de cloche est radicalement différent du côté de leurs conseillers. En effet, seuls 45 % des experts-comptables jugent que leurs clients sont effectivement prêts pour la réforme.
Ce décalage est corroboré par des chiffres concrets qui illustrent l’ampleur du défi. Ainsi, 38 % des entreprises déclarent ouvertement ne pas être prêtes. Plus inquiétant encore, seules 35 % ont déjà arrêté leur choix sur une plateforme de dématérialisation, qu’il s’agisse du portail public de facturation (PPF) ou d’une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP). Enfin, plus d’une entreprise sur deux n’a pas encore procédé à son inscription dans l’annuaire national, étape pourtant indispensable pour pouvoir recevoir des factures dématérialisées.
La confusion, principal frein à l’adoption
Pour Benjamin Royoux, Directeur d’ECMA, ces chiffres sont le symptôme d’une confusion persistante qui freine l’adoption de la réforme. « Nous constatons sur le terrain une forte confusion autour des obligations réelles, du choix des plateformes et des démarches prioritaires à engager avant les premières échéances », analyse-t-il. Cette méconnaissance se traduit par une inertie et une prise de décision souvent reportée.
L’un des indicateurs les plus frappants de ce manque d’information est la faible connaissance des acteurs du nouvel écosystème : 40 % des entreprises avouent ne connaître aucune des plateformes de dématérialisation partenaires (PDP) qui ont pourtant été officiellement immatriculées par l’administration fiscale pour les accompagner. Cette situation met en évidence les erreurs les plus fréquentes observées actuellement, notamment la sous-estimation de la complexité du projet et le manque d’anticipation dans le choix d’un prestataire adapté à ses propres besoins.
Le risque d’un embouteillage et le rôle clé des experts-comptables
Face à ce retard généralisé, Benjamin Royoux alerte sur le « risque d’embouteillage dans les prochains mois ». La concentration des démarches sur une période très courte pourrait saturer les plateformes et les services d’accompagnement, laissant de nombreuses entreprises dans une situation délicate au moment de l’entrée en vigueur de leurs obligations.
Dans ce contexte, le rôle des experts-comptables s’avère plus que jamais central. En tant que partenaires de confiance et interlocuteurs privilégiés des TPE et PME, ils sont en première ligne pour informer, conseiller et guider leurs clients à travers les méandres de la réforme. Leur mission est cruciale pour traduire les exigences réglementaires en un plan d’action concret, aider au choix de la bonne plateforme et s’assurer que la transition se fasse dans les meilleures conditions, transformant ainsi une contrainte légale en une opportunité de modernisation de la gestion d’entreprise.
via Press Agence.
