PARIS : Audiovisuel public – Le cinéma français alert…
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PARIS : Audiovisuel public – Le cinéma français alerte sur une « menace grave » après le rapport Alloncle
Suite au rapport Alloncle, des organisations du cinéma alertent sur la menace pesant sur l’audiovisuel public et la souveraineté culturelle.
La publication des conclusions du rapport de Charles Alloncle, ce mardi 5 mai 2026, a provoqué une onde de choc dans le paysage culturel français. Plusieurs organisations professionnelles majeures du cinéma et de l’audiovisuel, parmi lesquelles l’ARP (Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs), l’UPC (Union des Producteurs de Cinéma), la SRF (Société des Réalisateurs de Films) et le SPI (Syndicat des Producteurs Indépendants), ont conjointement tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué cinglant. Elles y dénoncent une « menace grave » qui pèserait désormais sur l’avenir du service public, et par extension, sur l’ensemble de l’écosystème cinématographique et culturel national.
Un pilier de la souveraineté culturelle menacé
Dans un contexte mondial marqué par l’hégémonie de plateformes de vidéo à la demande extra-européennes, les signataires rappellent le rôle « irremplaçable » de l’audiovisuel public. Selon eux, il constitue le principal rempart pour « garantir notre souveraineté culturelle », permettant à la France de « rester maîtresse de ses récits et de son imaginaire ». Affaiblir cette institution reviendrait à fragiliser une mission jugée essentielle au cœur de la démocratie. Les organisations estiment qu’une telle démarche enverrait un « signal de renoncement » à tous ceux qui, en France et à l’étranger, contestent la singularité et la force de l’exception culturelle française. Ce modèle, qui assure une diversité de l’offre sans équivalent, serait aujourd’hui directement mis en péril par les orientations suggérées.
Un écosystème économique et créatif en péril
Au-delà des enjeux culturels, l’impact d’une fragilisation du service public serait également économique. Les organisations professionnelles soulignent que s’attaquer à ce secteur, c’est nuire à une industrie florissante qui représente « des centaines de milliers d’emplois et plusieurs milliards d’euros ». Elles mettent en lumière la corrélation directe entre la vitalité de l’audiovisuel public et le succès du cinéma français, un pays où la fréquentation des salles demeure l’une des plus élevées au monde. Le service public est ainsi présenté comme « l’un des garants essentiels » de cette réussite, un modèle vertueux qui serait « reconnu et envié à l’international ». Pour appuyer leur propos, les signataires rappellent que l’audiovisuel public est par ailleurs plébiscité par 75 % des Français.
Un appel à la mobilisation à l’approche des arbitrages budgétaires
Cette prise de position intervient à un moment jugé critique, alors que s’ouvrent les arbitrages budgétaires du Gouvernement pour l’année 2027. Le secteur du cinéma, qui se dit « déjà lourdement affecté lors du dernier projet de loi de finances », craint de nouvelles coupes qui viendraient aggraver sa situation. Exprimant leur « pleine solidarité avec l’ensemble des acteurs du secteur » et les mobilisations récentes, l’ARP, l’UPC, la SRF et le SPI appellent à une prise de conscience collective face aux enjeux. « Il est impératif que nous mesurions collectivement ce qui est en jeu », insistent-ils dans leur déclaration.
Une responsabilité politique pointée du doigt
Le communiqué ne mâche pas ses mots quant aux responsabilités politiques. Les organisations ciblent nommément une partie de l’échiquier politique en affirmant que « l’extrême droite porte la responsabilité de s’attaquer à un bien commun essentiel ». Face à cette situation, elles estiment qu’il serait irresponsable de rester silencieux : « Et nous manquerions à la nôtre, si nous restions sans réagir ». L’appel se conclut par une demande d’« engagement clair en faveur du maintien et du renforcement de l’audiovisuel public », seule garantie, selon elles, de préserver un modèle culturel et démocratique unique.


