Skip to main content

PARIS : Au-delà des 32 milliards, quel système pour la sa…

Print Friendly, PDF & Email
Floriane Dumont
20 Jan 2024

Partager :

PARIS : Au-delà des 32 milliards, quel système pour la santé publique en France ?

Martine Guibert, Conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes et ancienne directrice adjointe du CHU de Clermont-Ferrand.

Deux signaux forts marquent l’entrée en matière de ce gouvernement pour la santé. Tout d’abord, l’annonce du Premier ministre, Gabriel Attal, est un signe positif avant même son discours de politique générale. Qualifier l’hôpital public de « trésor national » est une reconnaissance éclatante de la vérité pour tous les hospitaliers.

La nomination de Madame Vautrin comme ministre de la Santé ET des Solidarités présage, et c’est hautement souhaitable, d’une meilleure cohérence et complémentarité entre les politiques publiques sanitaires, médico-sociales et sociales.

L’annonce de 32 milliards d’euros supplémentaires pour le système de santé indique la volonté de poursuivre et d’amplifier les investissements nécessaires à la modernisation de l’hôpital public. Un véritable plan Marshall à l’échelle nationale est aujourd’hui indispensable, et cela ne fait aucun doute. Reste à savoir si la somme de 32 milliards sera suffisante et si ce montant s’ajoute au volet 2 du Ségur de la santé, précédemment annoncé.

Le Premier ministre a également évoqué les fondamentaux de l’hôpital public, son mode de financement et la coordination avec la médecine de ville. Ces deux chantiers sont une constante depuis des décennies et pâtissent d’une complexité excessive, qui n’est pas à la mesure des enjeux d’agilité et de réponse immédiate que requiert le parcours du patient, où qu’il soit. La réforme du financement ne doit pas mener à l’appauvrissement de l’hôpital public avec des critères insoutenables pour les professionnels de santé.

L’hôpital public de demain doit être, plus que jamais, un hôpital territorial et un aménageur de son système de santé de proximité. Le plan Marshall doit résolument s’accompagner d’un changement de paradigme, où l’exercice de la médecine de ville serait encore plus intégré dans un parcours de soins coordonnés.

Si une réforme du système de santé doit avoir lieu, elle doit s’articuler autour et pour le patient, et non selon les intérêts propres à chaque professionnel. Il en va de la pérennité de l’hôpital public sur l’ensemble du territoire national, clé de voûte de notre système de santé.

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine