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PARIS : Attractivité – La France, leader européen des…

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PARIS : Attractivité – La France, leader européen des investissements étrangers, face à un net ralentissement

Pour la 7e année, la France reste n°1 des investissements étrangers en Europe mais subit un recul de 17% des projets en 2025, selon le baromètre EY.

La France conserve sa couronne de championne d’Europe de l’attractivité pour la septième année consécutive. C’est le principal enseignement du Baromètre EY de l’Attractivité de la France 2026, publié ce jeudi 21 mai. Avec 852 projets d’investissements directs étrangers (IDE) recensés en 2025, l’Hexagone devance toujours le Royaume-Uni (730 projets) et l’Allemagne (548). Toutefois, ce leadership s’inscrit dans un contexte mondial et européen morose, marqué par une forte instabilité, qui fragilise cette première place et appelle à des décisions stratégiques pour l’avenir.

Un leadership confirmé mais fragilisé

Si la France maintient son rang, le volume des investissements est en net recul. La chute de 17 % du nombre de projets sur un an est plus marquée que celle observée chez ses principaux concurrents britanniques (-14 %) et allemands (-10 %), et bien au-delà de la moyenne européenne (-7 %). Cette tendance baissière est directement liée au climat international, qui pousse les investisseurs à la prudence, avec des décisions « plus sélectives, plus lentes et plus exigeantes », note l’étude.

Cependant, la France fait preuve d’une résilience remarquable en matière de création d’emplois. Les projets d’IDE ont généré 27 921 postes en 2025, soit une baisse contenue de 4 % par rapport à 2024. Cette performance contraste fortement avec la moyenne européenne, où l’emploi lié aux IDE s’effondre de 25 %. Cette solidité s’explique notamment par la concentration des créations d’emplois dans de grands projets, particulièrement dans le secteur de la logistique, où 5 % des projets représentent la moitié des emplois créés.

Les secteurs d’avenir comme relais de croissance

Le baromètre révèle une mutation du paysage des investissements. Alors que la réindustrialisation marque le pas, avec une baisse de 15 % des implantations ou extensions d’usines (354 projets), des secteurs d’avenir prennent le relais. La France s’affirme comme un pôle majeur en Europe pour l’intelligence artificielle, avec 53 projets recensés, dont plus d’un tiers (36 %) concerne des centres de données. Le secteur de l’énergie bas-carbone affiche également une excellente dynamique avec 22 nouveaux projets. La défense, les logiciels et la logistique complètent ce tableau des nouvelles locomotives de l’attractivité française.

« Nous entrons dans une phase où la prudence s’est installée — la France n’échappe pas à cette nouvelle normalité : elle reste la première destination en Europe et enregistre de belles victoires dans l’IA, la logistique ou l’énergie, mais doit faire face à un marché plus contraint dans l’industrie, qui a besoin de visibilité », décrypte Marc Lhermitte, associé EY.

Une dynamique territoriale robuste

L’attractivité de la France ne se limite pas à sa capitale. Quatre régions françaises se hissent parmi les quinze territoires les plus attractifs d’Europe. L’Île-de-France demeure en tête avec 233 projets, suivie par la région Auvergne-Rhône-Alpes (137), le Grand-Est (88) et les Hauts-de-France (80). Cette répartition géographique témoigne d’un maillage territorial solide, capable de capter des investissements variés et de les répartir sur l’ensemble du pays.

Confiance des investisseurs : entre atouts structurels et handicaps persistants

Interrogés en mars 2026, les dirigeants internationaux reconnaissent les forces structurelles de la France : la taille de son marché, sa capacité d’innovation, la qualité de ses infrastructures et son accès à une énergie décarbonée. Pour 38 % d’entre eux, la France reste d’ailleurs « le pays le plus attractif d’Europe », devant l’Allemagne et le Royaume-Uni (31 % chacun).

Néanmoins, cette confiance est ébranlée par des faiblesses persistantes. La compétitivité-coût, la complexité administrative et le manque de stabilité réglementaire et fiscale sont cités comme les principaux handicaps concurrentiels. À court terme, la prudence domine : seuls 57 % des dirigeants envisagent d’investir en France d’ici un an. Face à ce constat, le message des experts est clair. « La France reste une grande destination d’investissement et maintient sa place de leader en Europe, mais cette position doit être défendue et réinventée en permanence », souligne Jean‑Roch Varon, Président d’EY France.

Pour conserver son rang, la France est à l’heure des choix. Garantir la stabilité de son environnement réglementaire, social et fiscal apparaît comme la condition sine qua non pour rassurer les investisseurs et transformer les défis actuels en opportunités durables.

Le Baromètre EY de l’Attractivité de la France s’appuie sur le recensement des projets d’investissements internationaux annoncés en 2025 et sur une enquête menée auprès de 200 dirigeants internationaux. EY (ey.com/fr) est un cabinet mondial spécialisé dans les services d’audit, de conseil, de fiscalité et de transactions.