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PARIS : Asterès analyse l’effet de la « shrinkflation » sur l’inflation
La « shrinkflation » accroît l’inflation alimentaire de 0,3 point et l’inflation totale de 0,1 point d’après les estimations d’Asterès.
La « shrinkflation » (ou réduflation), c’est-à-dire la baisse de quantité d’un produit à prix constant conduit à une hausse du prix unitaire qui est prise en compte par l’Insee dans le calcul de l’inflation. D’après les estimations d’Asterès, la shrinkflation conduit à une très faible hausse de l’inflation totale.
La « shrinkflation » : Un phénomène pris en compte dans les chiffres de l’inflation
La « shrinkflation », parfois appelée « inflation cachée » est prise en compte par l’Insee dans le calcul de l’inflation. Le calcul de l’inflation par l’Insee s’effectue à qualité constante (par exemple la hausse de qualité d’un nouveau téléphone, à prix inchangé, sera considéré comme une diminution du prix dans le calcul de l’inflation). La baisse de quantité d’un produit à prix inchangé est donc comptée comme une hausse de prix par l’Insee. La « shrinkflation » est donc bien prise en compte dans le calcul de l’inflation, et ne saurait être qualifiée d’inflation « masquée » comme elle est parfois désignée.
Impact de la « shrinkflation » dans l’alimentation : + 0,3 point d’inflation
Sans l’effet de la « shrinkflation », l’inflation alimentaire en septembre 2023 aurait été de 9,3 % au lieu de 9,6 % d’après les estimations d’Asterès. Estimer l’impact total de la « shrinkflation » implique de recourir à des estimations et des hypothèses, faute de données précises sur ce phénomène très commenté mais peu documenté. Asterès estime, en multipliant la part des produits alimentaires concernés par la « shrinkflation » par la hausse de prix due à ce phénomène, que l’inflation alimentaire est accrue de 0,3 point par les baisses de quantités des produits à prix inchangé. – Asterès estime que 2 % des produits alimentaires sont concernés par la « shrinkflation ». Ce chiffre est basé sur une estimation de l’analyste financier John Plassard.
Asterès estime à 14 % la hausse du prix unitaire des produits alimentaires concernés par la « shrinkflation ». Asterès a compilé une trentaine d’exemples dans la presse de produits concernés par la « shrinkflation » 4 . À prix inchangé, la quantité moyenne de ces produits a diminué de 12,3 %, soit une hausse de prix unitaire de 14 %. Asterès a fait l’hypothèse que cette hausse de prix unitaire liée à la « shrinkflation » a eue lieu en moyenne sur un an, de manière à pouvoir être comparée à l’inflation en glissement annuel.
Impact total de la « shrinkflation »: + 0,1 point d’inflation
Sans l’effet de la « shrinkflation », l’inflation totale en septembre aurait été de 4,8 % au lieu de 4,9 % d’après les estimations d’Asterès. Hors produits alimentaires, Asterès a considéré que la « shrinkflation » pouvait concerner des produits d’hygiène ou d’alimentation pour animaux de compagnie, soit des produits représentant environ 1,5 % de l’Indice des Prix à la Consommation. L’hypothèse de 2 % des produits concernés par la « shrinkflation » a été étendue aux secteurs de l’hygiène et de l’alimentation pour animaux de compagnie. A partir des sources mentionnées dans le 2), Asterès estime que la « shrinkflation » sur les produits non-alimentaires entraîne également une hausse de prix unitaire d’environ 14 %. Ainsi, la « shrinkflation » contribue à l’inflation totale à hauteur de 0,1 point. Cette part est logiquement plus faible que dans le cas de la seule inflation alimentaire, car une grande partie des consommations comprises dans l’Indice des Prix à la Consommation n’est pas concernée par la « shrinkflation » (services notamment).

