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PARIS : Asterès analyse le rebond des défaillances d’…

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PARIS : Asterès analyse le rebond des défaillances d’entreprises en 2023

Dans la présente note, Asterès analyse le rebond des défaillances d’entreprises en 2023.

La tendance des défaillances ces dernières années, comme l’évolution des créations d’entreprises, amènent à conclure que la situation présente n’est pas alarmante.

Le rebond des défaillances d’entreprises en 2023 était attendu et ne reflète pas, à ce stade, une situation de crise économique notable. Le nombre de défaillances a certes dépassé en 2023 le niveau de 2019 mais, au vu de la baisse des défaillances depuis la crise sanitaire, ce rebond semble d’une ampleur assez modérée. La hausse des défaillances semble encore plus contenue si on la compare à l’augmentation simultanée du nombre de créations d’entreprises. Du fait de l’émergence de nouvelles entreprises, le nombre d’emplois a continué à croître en 2023 malgré le rebond des défaillances.

Défaillances en 2023 : Le creux de la crise sanitaire n’a pas été résorbé

Le rebond des défaillances d’entreprises en 2023 est à minimiser au vu du nombre réduit de défaillances entre 2020 et 2022. La crise sanitaire a engendré (contre toute attente), une chute du nombre de défaillances du fait de l’importance des mesures de soutien (chômage partiel, prêt à taux zéro par exemple). En 2023, le nombre de défaillances a rebondi pour dépasser le niveau atteint en 2019. Cette évolution était cependant attendue car il est logique (et même, d’une certaine façon, souhaitable) que toutes les entreprises « zombies » créées par  les aides pendant la crise sanitaire connaissent une défaillance lorsque les aides sont levées.

Si, entre 2020 et 2023, le niveau moyen de défaillances avait été identique à celui de 2019, alors il y aurait 25% entreprises défaillantes en plus sur la période. Il aurait fallu qu’il y ait
45 000 défaillances de plus en 2023 (soit près du double du nombre de défaillances l’an dernier) pour que la somme totale des défaillances depuis 2020 soit équivalente à la somme des défaillances qui résulterait d’un scénario fictif dans lequel nombre annuel de défaillances se serait maintenu depuis 2020 au niveau de 2019. Cette tendance est globalement identique lorsqu’on pondère les défaillances par la taille des entreprises (estimée d’après leurs encours de crédit1) concernées.

Prise en compte des créations d’entreprises : le rebond des défaillances semble plus faible

En prenant en compte l’augmentation du nombre de créations d’entreprises depuis 2019, le rythme des défaillances semble encore plus faible. En 2019, 865 000 entreprises avaient été créées, contre plus de 1 million en 20232 . Entre 2019 et 2023, le nombre annuel de défaillances a progressé de 8 %, contre une progression de 23 % des créations d’entreprises.
Certes, les défaillances ne sont pas liées uniquement au nombre de créations pour une année donnée (une entreprise défaillante peut avoir été créée de nombreuses années auparavant). Cependant, il est assez cohérent que le nombre de défaillances augmente parallèlement au nombre des créations d’entreprises. Rapportées aux créations, les défaillances en 2023 sont inférieures à leur niveau de 2019.

Le dynamisme des créations d’entreprises peut expliquer que le nombre d’emplois ne diminue pas malgré le rebond des défaillances. En 2023, le nombre total d’emplois (salariés et non-salariés) devrait progresser de 170 000 en France3 . Le rythme des créations nettes d’emplois a ralenti tout au long de l’année, mais il devrait rester positif au quatrième trimestre selon l’Insee (donnée non encore disponible). La hausse des défaillances en 2023, et les destructions d’emplois qui y en ont résulté, a été compensée à l’échelle du pays par des créations ou le développement d’autres entreprises.

Sylvain BERSINGER, chef économiste chez Asterès.

1 Banque de France

2 Insee, en considérant le nombre de créations au T4 2023 comme identique au T3

3 Note de conjoncture Insee, 14 décembre 2023