PARIS : Asterès analyse la stabilité de la balance des paie…
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PARIS : Asterès analyse la stabilité de la balance des paiements française en octobre
Asterès analyse la stabilité de la balance des paiements française en octobre et présente l’intérêt et la lecture de ce document essentiel de la comptabilité nationale.
Stabilité du solde courant français en octobre
Le déficit commercial (échanges de biens) s’est très légèrement réduit en octobre et l’excédent sur les services s’est également légèrement contracté, conduisant à une stabilité du solde des transactions courantes. Ce dernier, qui constitue une partie essentielle de la balance des paiements, aide à savoir si le pays connait un besoin ou une capacité de financement externe.
Le déficit commercial a connu une très faible baisse en octobre du fait d’une diminution du déficit énergétique.
L’excédent sur les échanges de services a enregistré une baisse d’ampleur globalement similaire.
Le déficit commercial s’est très légèrement réduit à -6,8 milliards d’euros en octobre contre -7,3 milliards d’euros en septembre d’après la Banque de France. Les chiffres des Douanes indiquent également une très légère baisse du déficit commercial. Dans le même temps, l’excédent sur les services s’est contracté de près de 0,6 milliard d’euros et l’excédent sur les revenus primaires et secondaires est resté globalement stable, ce qui explique une quasi-stabilité du solde des transactions courantes (-2,9 milliards d’euros en octobre contre -2,8 milliards d’euros en septembre).
Pour estimer le besoin de financement externe de la France (sommes nécessaires pour payer le supplément de sorties de devises par rapport aux entrées) il convient d’ajouter le solde du compte de capital (vente de brevets ou de droits d’auteur) au solde des transactions courantes. Comme le compte de capital était excédentaire de 0,4 milliard d’euros en octobre (comme en septembre) le besoin de financement externe de la France en octobre s’élevait à -2,5 milliards d’euros (-2,9 + 0,4).
Deux sources concernant le commerce extérieur : les Douanes et la Banque de France
Il existe deux sources concernant le commerce extérieur français. Celle des Douanes ne correspond qu’aux échanges de biens, comptabilisés lorsqu’ils passent la frontière. Celle de la Banque de France comprend à la fois les biens et les services et considère le consommateur final plutôt que le franchissement des frontières. Par exemple, un touriste étranger en France qui achète un bien chinois est une importation française pour les Douanes (franchissement de la frontière) mais pas pour la Banque de France (ce n’est pas un résident français qui achète le bien).
– Les données des Douanes, très détaillées, sont utiles pour observer les variations des échanges pour chaque pays ou par type de produits.
– Les données de la Banque de France sont en revanche plus pertinentes pour obtenir une vision globale du solde extérieur de la France. Elles renseignent également sur l’ensemble de la balance des paiements et donc sur le besoin ou la capacité de financement externe du pays.
La balance des paiements retrace les échanges économiques entre un pays et le reste du monde. Elle est, par construction, toujours à l’équilibre. Pour en comprendre la logique, il peut être utile de comparer un pays à un individu.
La balance des paiements agrège les flux économiques sur une période donnée (généralement mois, trimestre ou année) entre un pays et l’ensemble du reste du monde considéré comme un tout uniforme. Elle est, par construction, toujours à l’équilibre, c’est-à-dire que la somme de l’ensemble des postes (compte des transactions courantes, compte de capital, compte financier, réserves et erreurs et omissions) est forcément égale à zéro. Plusieurs manières de présenter ce document existent, ce qui peut en complexifier la lecture (plus de détail dans la note de bas de page 1).
La compréhension de la logique de la balance des paiements n’est pas intuitive. On peut la comparer aux finances personnelles d’un individu pour en saisir la cohérence (en considérant pour simplifier que le compte de capital et les erreurs et omissions sont nuls). Imaginons une personne qui a perçu un revenu de 1 000 € et qui a dépensé 900 €, elle a donc produit et vendu plus aux autres personnes qu’elle n’a acheté la production d’autres individus. Cela équivaudrait, pour un pays, à un excédent du compte des transactions courantes de 100 €. Cet excédent de 100 € ne disparait pas, il va être utilisé. Soit cette personne épargne ces 100 € (ce qui équivaut pour un pays à une hausse des La présentation adoptée de la balance des paiements diffère légèrement de celle de la Banque de France de manière à la rendre plus facilement compréhensible. Plus de détails sur les différentes présentations de la balance des paiements dans le rapport du FMI « BPM6 » (sixième édition du manuel de la balance des paiements), encadré 2.1, p.29
https://www.imf.org/external/pubs/ft/bop/2007/pdf/bpm6.pdf
À l’inverse, si une personne dépense 1 000 € alors qu’elle n’a gagné que 900 €, elle doit trouver une manière de financer les 100 € de différence, soit en puisant dans son épargne (réserves de change), soit en empruntant de l’argent, soit en vendant une partie de son patrimoine (des opérations qui apparaissent dans le compte financier).
? Si un pays ne peut plus financer son déficit courant, il est en situation de crise de la balance des paiements et se voit contraint de réduire brutalement ses importations. Imaginons une personne qui voudrait dépenser 100 € de plus qu’elle ne perçoit de revenus. Si elle n’a plus d’épargne, plus d’actifs à vendre et que personne ne la considère digne de confiance et refuse de lui prêter de l’argent, elle se voit contrainte de réduire sa consommation. Pour un pays, cette situation (réduction brutale des importations faute de pouvoir les financer) s’accompagne d’une profonde récession à cause d’une baisse de la consommation et de l’investissement. C’est la situation qu’ont par exemple connu le Mexique en 1994, l’Asie du Sud est en 1997 ou l’Argentine en 2000-2001. Ce type de crise de la balance des paiements s’accompagne généralement d’une crise de change (effondrement de la valeur de la monnaie).



