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PARIS : Art contemporain – Le Frac Île-de-France explore la vie mouvante des œuvres avec « Le Syndrome de Bonnard »

Du 14 février au 19 juillet 2026, le Frac Île-de-France déploie au Plateau et aux Réserves une exposition d’envergure inspirée par l’obsession de Pierre Bonnard pour la retouche, interrogeant ainsi la mutation constante et l’impermanence des œuvres d’art.

On raconte que le peintre Pierre Bonnard (1867-1947) n’a cessé, tout au long de sa vie, de reprendre ses toiles, allant jusqu’à se faire arrêter par un gardien du Musée du Luxembourg alors qu’il tentait de retoucher subrepticement une feuille d’arbre sur l’un de ses tableaux exposés. C’est cette anecdote, révélatrice d’une création qui ne suit jamais une ligne droite, qui sert de fil conducteur à la nouvelle exposition du Frac Île-de-France (https://www.fraciledefrance.com/).

Intitulée « Le Syndrome de Bonnard », cette proposition artistique imaginée par le collectif curatorial Le Bureau/ réunit plus de trente artistes français et internationaux. Elle pose une question fondamentale : que devient une œuvre une fois qu’elle quitte l’atelier pour entrer dans une collection ? Loin d’être figée, elle continue de vivre, de se transformer et de se réinventer.

Une obsession créative devenue concept.

L’exposition dévoile la part mouvante des œuvres. Entre reprises, réactivations et recyclages, elles poursuivent leur propre trajectoire au-delà de leur acquisition institutionnelle. Ce « bonnardisme » contemporain ne se limite pas au rapport obsessionnel au travail ; il englobe les bifurcations d’une pratique, l’usure des matériaux, ou encore les nouvelles interprétations liées aux évolutions sociétales.

Les visiteurs pourront découvrir comment les tâtonnements de l’atelier sont réexaminés par l’artiste une fois l’œuvre inventoriée, ou comment certaines pièces changent de sens à la lumière du contexte politique et environnemental actuel.

Un parcours en deux actes : Paris et Romainville.

L’événement se déploie simultanément sur les deux sites du Frac, soulignant leurs fonctions respectives :

Au Plateau (Paris 19e), lieu historiquement dédié à la production, l’exposition met en lumière les trajectoires d’artistes et leur rapport au temps. On y retrouve des œuvres questionnant la biographie, les archives infinies et la réécriture de l’histoire de l’art, avec des artistes comme Jean-Luc Blanc, Ryan Gander ou encore Gaëlle Choisne.

Aux Réserves (Romainville), lieu de préservation de la collection, le propos examine la matérialité des œuvres. Ici, les questions de conservation, de restauration et d’obsolescence sont rendues visibles. Des artistes comme Michel Blazy, dont les œuvres organiques évoluent physiquement, ou Pierre Paulin côtoient des réflexions sur l’intelligence artificielle et les flux d’images.

Une constellation d’artistes et un rayonnement régional.

Au total, ce sont des dizaines d’œuvres de la collection, produites de 1977 à nos jours, qui dialoguent avec de nouvelles productions. Parmi les artistes exposés figurent notamment Nina Childress, Daniel Turner, Liz Magor, François Morellet ou encore Camille Blatrix.

L’exposition ne s’arrête pas aux murs du Frac. Un vaste programme « Hors les murs » est prévu dans toute l’Île-de-France. Des partenariats avec le Château de Rentilly, le centre d’art La Galerie à Noisy-le-Sec, ou encore l’espace Ojalá dans le 20e arrondissement de Paris, permettront aux œuvres de voyager et de se reconfigurer au contact de nouveaux lieux et publics.

Le vernissage se tiendra le samedi 14 février 2026, de 16h à 19h au Plateau et de 18h à 21h aux Réserves. L’exposition sera ensuite visible jusqu’au 19 juillet 2026.