PARIS : Art contemporain – Ilan MANOUACH transforme l…
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PARIS : Art contemporain – Ilan MANOUACH transforme les mangas en sculptures monumentales
La galerie Huberty & Breyne expose les blocs monolithiques d’Ilan Manouach, point d’orgue d’une semaine culturelle riche de Los Angeles à Istanbul.
L’actualité artistique de cette seconde quinzaine de février 2026 est marquée par une effervescence créative mondiale, dont l’épicentre parisien se situe avenue Matignon. Dès le 20 février, la galerie Huberty & Breyne (https://hubertybreyne.com) dévoile une exposition singulière de l’artiste conceptuel Ilan Manouach, intitulée « Œuvres complètes ». Ce chercheur affilié à l’Université de Harvard propose une relecture radicale de la bande dessinée japonaise en transformant des séries cultes en objets sculpturaux impénétrables.
Le poids physique de la culture de masse.
Le concept d’Ilan Manouach repose sur la matérialisation de données. L’artiste compile l’intégralité de sagas emblématiques comme *DragonBall*, *Naruto* ou *Detective Conan* en un seul volume relié, créant des blocs compacts et impossibles à lire de manière traditionnelle. À titre d’exemple, l’œuvre consacrée à *Detective Conan* regroupe 18 344 pages pour un poids écrasant de 28,2 kilos. Ces monolithes, protégés par des étuis sur mesure, ne sont plus des supports de lecture mais des représentations physiques d’un corpus. Cette démarche artistique interroge notre rapport à l’accumulation et à l’archivage à l’ère du numérique. Là où les algorithmes ingèrent des millions d’images de manière invisible, Manouach rend cette masse tangible. « C’est la mort de l’édition sous forme sculpturale : tout à la fois, et donc rien du tout », explique la note d’intention de l’exposition. Kenneth Goldsmith, poète et critique, qualifie d’ailleurs Manouach de « Marcel Duchamp du 21ème siècle ». L’exposition, visible jusqu’au 21 mars 2026, joue également sur les codes du marché de l’art avec des éditions limitées classées en catégories « Or », « Argent » et « Bronze ».
L’héritage de Raymond Saunders à Los Angeles.
Outre-Atlantique, l’agenda culturel est tout aussi dense. La galerie David Zwirner (https://www.davidzwirner.com) de Los Angeles inaugure, le 24 février, une exposition majeure consacrée à Raymond Saunders (1934-2025). Intitulée « Raymond Saunders: Notes from LA », cette rétrospective, organisée par la curatrice Ebony L. Haynes, met en lumière le travail de cet artiste qui a passé la majeure partie de sa vie d’adulte à Oakland, en Californie. L’exposition souligne l’approche holistique de Saunders, pour qui l’enseignement et la création artistique étaient indissociables. Ses œuvres, souvent composées d’assemblages, reflètent une volonté de liberté créative totale, loin des systèmes didactiques traditionnels.
« Je ne voulais pas faire des artistes, je voulais contribuer au bien-être ; je voulais contribuer à la liberté », déclarait-il.
Il s’agit de la première exposition dédiée à son travail à Los Angeles depuis plus d’une décennie.
Un tour d’horizon des ouvertures mondiales.
Le calendrier « Show On Show » révèle également une multitude d’événements marquants aux quatre coins du globe pour cette fin février et le début du mois de mars 2026.
À Istanbul (Turquie), le musée Istanbul Modern lance dès cette semaine, le 19 février, l’exposition « Panorama: Dreams and Places », dédiée à la photographie et à l’image en mouvement.
À Londres, la Tate Modern s’apprête à accueillir une exposition très attendue de Tracey Emin à partir du 27 février, tandis que la Royal Academy of Arts présentera Rose Wylie dès le 28 février.
Aux États-Unis, le Hirshhorn Museum de Washington mettra à l’honneur Carlotta Corpron et son travail sur la lumière dès le 27 février.
Enfin, l’hémisphère sud n’est pas en reste avec l’ouverture prochaine de la Biennale d’Art Australien d’Adélaïde le 27 février. Plus tard dans la saison, l’Art Gallery of South Australia proposera une plongée dans l’art textile avec l’exposition « Two Islands, One Thread », explorant les échanges artistiques entre Bali et Lombok à travers les tissages du peuple Sasak. Cette convergence de dates témoigne d’une dynamique muséale intense, où l’art conceptuel parisien côtoie les rétrospectives américaines et les biennales du Pacifique, offrant au public un panorama complet de la création contemporaine et moderne.