PARIS : Architecture – Régis BOTTA sculpte la lumière…
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PARIS : Architecture – Régis BOTTA sculpte la lumière des nouveaux lieux de vie de la capitale
L’architecte Régis Botta dévoile ses projets 2026 à Paris, signant quatre restaurants et deux hôtels où la lumière structure l’espace et l’expérience.
Depuis la création de son agence en 2011, Régis Botta s’est imposé comme une figure singulière de l’architecture intérieure parisienne. Formé à l’École d’Architecture de Paris-Belleville, il revendique le statut d’architecte-ensemblier, s’inscrivant dans la lignée de créateurs comme Pierre Paulin ou Jean-Michel Frank. Pour lui, chaque projet doit être pensé comme une œuvre totale, où les volumes, le mobilier et les détails techniques forment un langage unique.
En ce début d’année 2026, l’architecte accélère son développement dans le secteur de l’hospitality avec une série de projets d’envergure qui redessinent la carte des sorties parisiennes. Sa marque de fabrique reste inchangée : une maîtrise absolue de la lumière, qu’il considère comme un matériau de construction à part entière. « Je pense la lumière comme une matière que l’on peut sculpter », explique Régis Botta. Cette approche sculpturale se retrouve au cœur de ses nouvelles réalisations, conçues non pas comme de simples aménagements, mais comme des scénographies habitables. « Je n’aime pas l’idée de décoration. Je préfère penser des Décors », précise-t-il.
Le cinéma comme source d’inspiration
Cette vision scénographique s’incarne parfaitement dans le restaurant *Mr Chow*, ouvert en décembre dernier dans le 14ème arrondissement. Située rue Delambre, cette adresse du Panda Panda Group plonge les convives dans un univers « rétrofuturiste » inspiré du cinéma de Wong Kar-Wai. L’architecte y a déployé une esthétique sixties fantasmée, mêlant sols en damier, acajou et rideaux écarlates. L’éclairage, volontairement bas et contrasté, joue le clair-obscur pour évoquer la sensualité du film *In the Mood for Love*.
Dans un registre différent mais tout aussi cinématographique, le mois de mars 2026 verra l’ouverture de *Blend* sur l’avenue Raymond Poincaré (16ème). Pour cette capsule californienne, Régis Botta a puisé son inspiration chez Quentin Tarantino. Le décor fera la part belle aux matières sobres comme le chêne naturel et l’enduit à la chaux, contrastés par des touches d’inox industriel et des palmiers en bas-relief, clin d’œil à l’esthétique solaire du film *Kill Bill*. Ici, la lumière sera traitée par une constellation de spots aléatoires pour dynamiser les volumes.
Théâtralité et voyages immobiles
L’actualité immédiate de l’agence concerne également le cœur historique de Paris. En ce mois de février, le restaurant *Thalie* ouvre ses portes place du Jardin du Palais-Royal. En collaboration avec la Maison Mavrommatis, Régis Botta a imaginé une réinterprétation moderne du théâtre antique grec. Le projet s’articule autour d’un jeu de miroirs au plafond qui projette le motif du damier, créant des perspectives inattendues. Le mobilier sur mesure, avec ses banquettes en gradins et ses chaises en métal bronze, renforce cette théâtralité, tandis que l’éclairage évolutif accompagne la journée, passant de teintes rosées au déjeuner à des nuances orangées en soirée.
En mai 2026, c’est rue des Mathurins (8ème) que l’architecte signera *L’Eskal*. Ce restaurant franco-japonais explorera la thématique du mouvement. La pièce maîtresse sera un spectaculaire plafonnier composé de lames de miroir bronze, conçu pour décomposer les déplacements et les reflets. L’ambiance y sera minérale et apaisée, inspirée des forêts japonaises, avec des moquettes aux motifs de lichens et des enduits vert-de-gris.
L’hôtellerie, nouveau terrain de jeu
L’année 2026 marque surtout un tournant stratégique pour Régis Botta Architectures avec l’entrée dans l’univers hôtelier. L’agence travaille actuellement sur deux établissements 4 étoiles parisiens. Le premier, situé dans le 7ème arrondissement, est attendu pour l’été 2026. Il proposera 24 chambres et un spa, misant sur des matériaux naturels et une esthétique épurée.
Le second projet, prévu pour 2027 dans le 16ème arrondissement, offrira 40 chambres dans un style inspiré des années 70, revisité avec cette touche rétrofuturiste chère à l’architecte. Ces nouveaux chantiers confirment la capacité de l’agence à transposer sa rigueur et sa poésie lumineuse à l’échelle de l’hôtellerie, poursuivant cette quête de « l’évidence » que Régis Botta place au centre de son travail.