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PARIS : Archéologie – La Libye dévoile ses trésors menacés à l’Institut du monde arabe

L’Institut du monde arabe consacre une exposition à 50 ans de coopération archéologique franco-libyenne, révélant un patrimoine exceptionnel et menacé.

L’Institut du monde arabe (IMA) met en lumière un patrimoine d’une richesse inouïe mais souvent méconnu et aujourd’hui en péril. Du 13 mai au 20 octobre 2026, l’exposition « Libye, patrimoine révélé » célébrera près d’un demi-siècle de recherches menées par la Mission archéologique française en Libye (MAFL), en partenariat étroit avec les autorités du pays. À travers une sélection de photographies, de films et de documents scientifiques inédits, le parcours retrace l’histoire millénaire de ce territoire, de la préhistoire à la période médiévale, tout en soulignant les défis actuels liés à sa préservation.

Cette initiative, présentée au musée de l’IMA, vise à rendre hommage au travail colossal des équipes franco-libyennes qui, depuis la fin des années 1960, ont bravé des contextes géographiques et politiques souvent complexes pour faire parler les vestiges d’un passé exceptionnellement dense. Plus d’informations sont disponibles sur le site de l’institution (www.imarabe.org).

Un demi-siècle de coopération scientifique

Les travaux de la Mission archéologique française en Libye ont profondément renouvelé la compréhension de l’histoire du pays. En explorant l’ensemble du territoire, des confins sahariens aux côtes méditerranéennes, les chercheurs ont mis au jour les traces d’occupations humaines continues, révélant des échanges culturels et commerciaux anciens et des paysages entièrement façonnés par les sociétés qui s’y sont succédé. L’exposition documente avec précision ce travail de terrain, offrant un aperçu rare des défis logistiques et des découvertes majeures qui ont jalonné ces cinquante années de collaboration. C’est une véritable aventure scientifique et humaine qui est ainsi restituée au public.

Des sables du Sahara aux cités englouties

Le parcours de l’exposition invite à un voyage à travers les sites les plus emblématiques étudiés par la MAFL. Il débute dans le désert, avec les paysages spectaculaires du Sahara du Măsak, où des milliers de vestiges préhistoriques témoignent des premiers peuplements. Il se poursuit ensuite à l’époque romaine, avec l’exploration des fortifications du *limes*, comme le camp de Bu Njem, avant de rejoindre la côte et ses cités antiques prestigieuses.

Les noms de Leptis Magna ou d’Apollonia évoquent la grandeur passée de la région. L’exposition met en avant la diversité des recherches menées, des fouilles terrestres aux explorations sous-marines, notamment à Apollonia, dont une partie de la cité antique est aujourd’hui engloutie par les eaux. Cette diversité chronologique et géographique, allant des premiers foyers néolithiques aux sites islamiques médiévaux, témoigne de l’incroyable profondeur historique du patrimoine libyen.

Un patrimoine universel en péril

L’exposition ne se contente pas de regarder vers le passé. Une part importante est consacrée aux enjeux contemporains et aux menaces qui pèsent sur ce patrimoine. Depuis 2011, l’instabilité politique a favorisé une intensification alarmante du pillage des sites archéologiques et du trafic illicite d’œuvres d’art.

Face à cette situation critique, « Libye, patrimoine révélé » met en lumière les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités libyennes et des forces de l’ordre internationales. Ce combat pour la sauvegarde se traduit par un travail minutieux d’identification des œuvres volées et dispersées, de documentation des sites endommagés et d’appui aux procédures de restitution. L’exposition rappelle ainsi avec force que l’archéologie n’est pas seulement un outil de connaissance, mais aussi un instrument essentiel de coopération internationale et de protection d’un héritage appartenant à l’humanité toute entière.