Passer au contenu principal

PARIS : Arbia SMITI : « L’accès flexible au salaire est un…

Partager :

PARIS : Arbia SMITI : « L’accès flexible au salaire est un levier stratégique pour les entreprises »

Face à la précarité croissante et un projet de loi, l’acompte sur salaire devient une solution de plus en plus plébiscitée en France.

Le versement du salaire à la demande, longtemps considéré comme une pratique marginale, s’impose aujourd’hui au cœur du débat public et économique. Porté par une proposition de loi socialiste visant à en faciliter l’accès, l’acompte sur salaire répond à une préoccupation majeure des Français : la gestion des fins de mois difficiles dans un contexte de forte tension sur le pouvoir d’achat. Une étude récente confirme une explosion de la demande, tandis que des acteurs spécialisés comme la fintech Rosaly, pionnière sur ce créneau depuis 2019, voient leurs solutions validées par cette nouvelle dynamique.

Un recours en pleine explosion

Les chiffres témoignent d’un changement de paradigme. Selon une enquête menée en novembre 2025, le recours à l’acompte sur salaire a massivement progressé. En 2025, 35 % des salariés y ont eu recours au moins une fois, contre seulement 28 % en 2024, marquant une hausse de 25 % du nombre d’employés concernés en une seule année.

Au-delà du nombre d’utilisateurs, c’est la fréquence des demandes qui explose. Alors qu’un salarié sollicitait en moyenne trois acomptes par mois en 2024, ce chiffre est passé à cinq en 2025, soit une augmentation spectaculaire de 66,7 %. Cette intensification des usages reflète une réalité économique tangible : pour de nombreux ménages, la paie mensuelle unique ne correspond plus au rythme effréné des dépenses courantes. Dans un pays où près d’un quart des Français se retrouvent à découvert bancaire dès le début du mois, lisser ses revenus devient une nécessité.

Une pratique légale mais encore confidentielle

Bien que l’acompte sur salaire soit un droit inscrit dans le Code du travail, son utilisation est longtemps restée limitée. Plusieurs freins expliquent cette sous-exploitation : des démarches administratives souvent perçues comme lourdes et complexes pour les services de paie, une certaine gêne des salariés à solliciter leur employeur pour des raisons financières, et un manque général d’information sur le sujet.

La proposition de loi actuellement en discussion vise précisément à lever ces obstacles en simplifiant et en normalisant le processus. L’objectif est de transformer un dispositif d’urgence en un outil de gestion budgétaire flexible et accessible à tous, sans friction ni pour l’employé ni pour l’employeur.

Une solution digitale pour démocratiser l’accès

Anticipant cette évolution, des entreprises se sont déjà positionnées pour digitaliser et automatiser ce service. C’est le cas de Rosaly (https://www.rosaly.com/), une fintech française à impact social qui propose une solution permettant aux salariés d’accéder à tout moment à la part de leur salaire déjà acquise via une application mobile. Pour l’entreprise, le dispositif est entièrement automatisé et n’a aucun impact sur sa trésorerie ou sur la charge de travail de ses équipes administratives, rendant le service fluide et simple à déployer.

« Pendant des années, l’acompte sur salaire a été perçu comme un sujet secondaire. Pourtant, sur le terrain, nous constatons quotidiennement à quel point il répond à un besoin réel. Cette évolution législative confirme une tendance de fond : les salariés attendent plus de flexibilité et de simplicité dans l’accès à leur rémunération. C’est également un levier stratégique pour les entreprises. Au-delà de l’enjeu social, l’accès flexible au salaire s’impose comme un outil RH différenciant. Dans un contexte de tensions sur le marché de l’emploi, il contribue à renforcer l’attractivité des entreprises, à fidéliser les collaborateurs et à améliorer leur bien-être financier », analyse Arbia Smiti, fondatrice de Rosaly.

Vers une transformation du modèle de rémunération

L’actualité législative marque ainsi une étape décisive. L’acompte sur salaire quitte la sphère du tabou pour s’inscrire comme une évolution structurelle de la relation au travail et à la rémunération. En offrant aux employés plus d’autonomie et de contrôle sur leurs finances, les entreprises ne répondent pas seulement à une urgence sociale, mais modernisent également leur politique RH pour mieux s’adapter aux nouvelles attentes des collaborateurs.