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PARIS : Ane AANESLAND (ThrustMe) : « Le choix du Japon valide notre technologie et notre capacité à produire »

ThrustMe, champion français du New Space, annonce des accords stratégiques pour équiper 40 satellites d’observation japonais.

C’est une annonce majeure pour le secteur spatial français, réalisée à l’occasion du déplacement officiel d’Emmanuel Macron à Tokyo. La scale-up ThrustMe, spécialisée dans les systèmes de propulsion pour satellites et basée à Verrières-le-Buisson en Essonne, a officialisé la signature de plusieurs accords commerciaux avec des opérateurs japonais. Au total, l’entreprise équipera 40 satellites d’observation, pour un montant global dépassant les dix millions d’euros. Cette percée sur le marché nippon, une des grandes puissances spatiales mondiales, marque une étape décisive pour cette pépite de la deep tech française.

Une technologie de rupture : la propulsion à l’iode

Issue de la recherche scientifique menée au CNRS et à l’École Polytechnique, ThrustMe s’est imposée comme un pionnier en développant une technologie de propulsion électrique à l’iode. Cette innovation constitue une véritable rupture dans l’industrie spatiale, traditionnellement dépendante de gaz rares et coûteux comme le xénon ou le krypton. En utilisant l’iode, une ressource abondante et déjà produite à l’échelle industrielle, ThrustMe simplifie drastiquement la chaîne d’approvisionnement, réduit les coûts et facilite l’intégration des propulseurs aux satellites.

Ces systèmes de propulsion sont essentiels à la vie et à l’efficacité des constellations de satellites, un secteur en très forte croissance. Ils permettent d’assurer des manœuvres critiques telles que le maintien en orbite pour compenser la traînée atmosphérique, les corrections de trajectoire pour éviter les collisions, ou encore la désorbitation contrôlée en fin de vie pour lutter contre la prolifération des débris spatiaux. Le fait que le Japon soit l’un des plus importants exportateurs mondiaux d’iode a sans doute favorisé l’adoption de cette technologie par son industrie spatiale.

La reconnaissance d’une grande puissance spatiale

L’adoption de la technologie française par des acteurs japonais, réputés pour leur haut niveau d’exigence, est perçue comme une consécration par la direction de ThrustMe. La confiance accordée à un sous-système aussi stratégique que la propulsion témoigne de la maturité et de la fiabilité de la solution proposée.

« Que des opérateurs japonais se tournent vers ThrustMe pour un sous-système aussi stratégique que la propulsion, c’est une reconnaissance qui compte beaucoup. Le Japon est une grande puissance spatiale, avec un haut niveau d’exigence technologique. Leur choix valide à la fois la pertinence de notre technologie – utilisant l’iode comme propergol pour les constellations – et notre capacité à produire et livrer à l’échelle industrielle, partout dans le monde », a souligné Ane Aanesland, co-fondatrice et CEO de ThrustMe.

Une trajectoire de croissance fulgurante

Fondée en 2017 par deux experts de la propulsion spatiale, ThrustMe a été la première entreprise au monde à démontrer l’efficacité de la propulsion à l’iode directement en orbite. Depuis, son développement s’est accéléré pour répondre à une demande mondiale croissante, portée par la multiplication des constellations de satellites et la diversification de leurs usages (observation de la Terre, télécommunications, etc.).

L’entreprise a su structurer sa capacité de production pour passer à l’échelle industrielle. À ce jour, 60 satellites équipés de ses systèmes sont déjà opérationnels dans l’espace. Avec ces nouveaux contrats, ThrustMe consolide son carnet de commandes et prévoit que plus de 350 satellites seront dotés de sa technologie d’ici la fin de l’année 2027, confirmant son statut d’acteur incontournable du New Space européen.