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PARIS : André GUIOL : « La construction intercommunale a échappé aux maires ruraux ! »

Le sénateur du Var André Guiol alerte sur la faible représentation des communes rurales au sein des intercommunalités, un système jugé « ruralicide ».

C’est un cri d’alarme pour la démocratie locale qui a résonné au Sénat. Lors des questions d’actualité au Gouvernement, le sénateur André Guiol (RDSE – Rassemblement Démocratique et Social Européen) a interpellé l’exécutif sur la marginalisation croissante des communes rurales au sein des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI).

S’appuyant sur les nombreuses remontées du terrain et sur les conclusions du rapport « Pour une intercommunalité de la confiance, au service des territoires », initié par son groupe parlementaire, l’élu a martelé une réalité amère : « la construction intercommunale aura échappé aux Maires Ruraux ! ».

Un déséquilibre démocratique persistant

Au cœur du problème se trouve une architecture institutionnelle qui favorise systématiquement les communes les plus peuplées, laissant les villages et petites bourgades avec une voix quasi inaudible. Le sénateur a souligné que de nombreux maires de communes rurales ne parviennent même pas à siéger au sein du Bureau de leur EPCI, l’organe où se prennent pourtant les décisions stratégiques.

Selon lui, la création des « Conférences des Maires », initialement pensée pour corriger ce déséquilibre, n’est qu’un palliatif insuffisant. Dépourvues de réel pouvoir décisionnel, ces instances ne permettent pas de rééquilibrer le rapport de force. L’Association des Maires Ruraux de France (AMRF), dont André Guiol relaie les préoccupations, dénonce une représentation « écrasante » des pôles urbains qui conduit à un système qualifié de « ruralicide ». Cette situation est perçue comme un paradoxe, alors même que les espaces faiblement peuplés et les services écosystémiques qu’ils rendent à la nation constituent une richesse collective inestimable.

Des politiques publiques essentielles en jeu

Le groupe RDSE, par la voix du sénateur, a rappelé que cette sous-représentation n’est pas qu’une question de principe, mais qu’elle a des conséquences directes sur le déploiement de politiques publiques vitales pour ces territoires. Plusieurs enjeux majeurs, déjà soulevés par le groupe à travers des rapports et des propositions de loi, illustrent l’urgence d’une réforme.

Parmi les dossiers critiques figurent la lutte contre les « zones blanches de l’égalité » entre les femmes et les hommes en milieu rural, le combat contre la désertification bancaire qui prive les habitants de services financiers de proximité, ou encore la préservation de l’accès aux pharmacies, dernier rempart sanitaire dans de nombreuses communes. Plus largement, les travaux sur l’hyper-ruralité ont mis en lumière la nécessité de restaurer une véritable égalité républicaine, souvent mise à mal par l’éloignement et le manque de services publics.

Pour les défenseurs de la ruralité, veiller à la juste place des petites communes au sein des institutions intercommunales n’est pas une simple revendication catégorielle, mais une condition sine qua non pour garantir la cohésion et l’équilibre de l’ensemble du territoire national.

via Presse Agence.