PARIS : Allocations familiales – Un rapport du HCFEA…
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PARIS : Allocations familiales – Un rapport du HCFEA donne raison à Familles de France
Une note du Haut Conseil de la famille valide les alertes de l’association Familles de France sur l’impact du report de la majoration pour âge.
PARIS – La publication ce mardi 7 avril 2026 d’une note du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) vient confirmer les craintes et les dénonciations portées depuis des mois par l’association Familles de France. Le rapport analyse les conséquences du report de 14 à 18 ans de la majoration pour âge des allocations familiales, une mesure entrée en vigueur le 1er mars dernier et que l’association qualifie d’« injuste, mal ciblée et socialement dangereuse ».
« Nous avons alerté. Nous avons argumenté. Nous n’avons pas été écoutés. Les familles en paient aujourd’hui le prix », déclare l’association dans un communiqué, soulignant avoir été la première à s’insurger contre ce projet dès les discussions du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025.
Un long processus de contestation ignoré
Le parcours de cette réforme a été jalonné d’avis défavorables, systématiquement ignorés par l’exécutif. Dès l’automne 2025, lors de l’examen du PLFSS 2026, le Conseil de la famille du HCFEA avait déjà émis un avis négatif, pointant une réduction du champ d’action de la branche Famille sans aucune compensation pour les foyers les plus touchés.
En janvier 2026, le conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a également voté contre le projet de décret par 21 voix contre. Malgré cette opposition, le décret n° 2026-138 a été publié au Journal officiel le 28 février 2026, actant le report de l’âge de la majoration.
Les arguments de Familles de France validés par les experts
La note du HCFEA conforte point par point l’analyse de l’association. Elle confirme d’abord que le coût d’un adolescent est bien plus élevé que ne le prétendait le gouvernement. S’appuyant sur l’échelle de l’OCDE, Familles de France rappelle que les dépenses pour un enfant augmentent de 66 % à partir de 14 ans, avec les frais liés à l’entrée au lycée (alimentation, transports, équipements numériques).
Le rapport souligne également que les familles les plus modestes et nombreuses sont les principales victimes de cette réforme. Selon l’association, la perte de revenus cumulée pour les ménages précaires dépasserait 3 600 euros par enfant sur quatre ans. Les chiffres du HCFEA sont tout aussi alarmants : à terme, 1,2 million de familles seront affectées en 2029, avec une perte annuelle pouvant atteindre 906 euros pour une famille avec deux adolescents et 2 719 euros pour une famille en ayant trois. Cette mesure fera basculer de nouvelles familles dans la pauvreté et aggravera la situation de celles qui y sont déjà.
Une mesure budgétairement « cynique »
Familles de France dénonce par ailleurs une mesure prise sans nécessité budgétaire, la branche Famille de la Sécurité sociale étant excédentaire depuis plusieurs années. L’association fustige le « cynisme de l’opération » : l’économie générée par la suppression de la majoration est estimée à 1,28 milliard d’euros, soit plus du double du coût du nouveau congé de naissance (estimé à 600 millions d’euros), que cette réforme était censée financer. « On a donc prélevé deux fois plus que nécessaire sur le dos des familles modestes avec adolescents, pour financer une mesure présentée comme un cadeau aux jeunes parents », accuse l’organisation.
Des exigences renouvelées avec force
Forte de la validation apportée par le HCFEA, Familles de France maintient et renforce ses exigences. L’association demande la suppression ou la suspension immédiate de la mesure pour les familles n’en subissant pas encore les pleins effets. Elle réclame également la fin de l’utilisation des excédents de la branche Famille pour combler les déficits d’autres branches de la Sécurité sociale. Enfin, elle appelle à une concertation réelle avec les associations familiales en amont des décisions.
« Cette note du HCFEA est une validation. Elle n’est pas une conclusion », prévient l’association, déterminée à poursuivre son combat. « Nous avons été les premiers à alerter. Nous serons les derniers à renoncer ».

