PARIS : Alex GOUDE : « La déconstruction, c’est aussi…
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PARIS : Alex GOUDE : « La déconstruction, c’est aussi notre boulot à nous, les hommes »
Au Grand Point Virgule, la comédie musicale « Tout Va Mâle » utilise l’humour pour déconstruire les comportements masculins toxiques et libérer la parole.
C’est un phénomène qui ne désemplit pas depuis son lancement. La comédie musicale « Tout Va Mâle », imaginée par Alex Goude et Jean-Jacques Thibaud, s’est hissée à la première place des critiques dans la catégorie comédie en France. Sur les planches du Théâtre du Grand Point Virgule, le spectacle fait le pari audacieux de mêler divertissement grand public et réflexion sociétale profonde sur la condition masculine au 21ème siècle.
Au-delà des rires, la pièce pose une question fondamentale : et si l’égalité passait aussi par une redéfinition de l’intimité ? Le spectacle aborde sans tabou les thématiques du consentement, de l’écoute et du respect des limites, transformant la scène en un espace de remise en question salutaire.
Rire pour mieux changer les mentalités.
Dans un paysage culturel où les débats sur le féminisme peuvent parfois se crisper, Alex Goude a choisi l’arme de l’autodérision. Loin de se poser en donneur de leçons, il se présente comme un « allié » en chemin vers une masculinité apaisée. « On ne peut pas demander aux femmes de tout porter. La déconstruction, c’est aussi notre boulot à nous, les hommes. Mais si on peut le faire en musique et en faisant rire, c’est quand même plus efficace qu’un PowerPoint sur les masculinités toxiques », explique Alex Goude.
Pour l’animateur et metteur en scène, l’humour est le vecteur idéal pour faire passer des messages complexes. « Ce spectacle, c’est une main tendue. Pas un tribunal. On rit ensemble de ce qu’on a été, pour construire ensemble ce qu’on peut devenir », précise-t-il. Il ajoute une analyse psychologique de sa démarche : « Le rire désarme. Quand un mec rit de lui-même, il baisse la garde. Et c’est là que la prise de conscience peut commencer ».
Les dix commandements du patriarcat.
Le moment fort du spectacle, devenu viral sur les réseaux sociaux, reste le tableau des « Lady’s Commandements ». Cette réinterprétation parodique du titre « Basique » d’Orelsan énonce, avec un humour cinglant, les dix comportements que les hommes doivent impérativement bannir. Porté par les comédiens Laura Masci, Édouard Collin, Philippe D’Avilla et Pierre Vigié, ce manifeste grave dans le marbre les nouveaux interdits.
Parmi ces « péchés capitaux », le public découvre ou redécouvre le « Mansplaining » (expliquer à une femme ce qu’elle sait déjà), le « Manterrupting » (couper la parole systématiquement) ou encore le « Manspreading » (s’étaler dans les transports).
Mais le texte va plus loin en abordant la sphère intime avec le dixième commandement : le « Manforcing ». Défini comme le fait de « forcer, imposer, ne pas entendre le non », ce point rappelle que la déconstruction doit aussi s’opérer sous la couette. Écouter le partenaire et respecter ses désirs sans jamais imposer les siens devient une norme non négociable. « Vu que les hommes ont un peu de mal à saisir le nouveau monde, cet hymne leur permettra d’enregistrer avec humour les dix choses à ne plus faire. C’est pas compliqué. C’est basique », ironise Alex Goude.
La séquence est visible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=6cBIqmoohGE
De la possession à l’admiration.
Le spectacle propose également une relecture des classiques pour illustrer ce changement de paradigme. Le titre « Elles », version revisitée du célèbre « Belles » de la comédie musicale Notre-Dame de Paris, marque une rupture symbolique. Interprétée par le trio masculin de la troupe, la chanson transforme le désir de possession original en une déclaration d’admiration et de respect.
« Dans « Belles », les hommes chantent leur désir de posséder. Dans « Elles », ils chantent leur émerveillement. C’est toute la différence entre l’ancien monde et celui qu’on construit », analyse le metteur en scène. Cette séquence émotionnelle (https://youtu.be/9K4HyT00WGc) vise à montrer qu’une masculinité débarrassée de ses réflexes de domination permet des relations plus saines et épanouissantes.
Un succès public et critique.
Les retours du public confirment la pertinence de l’approche. Avec plus de 500 avis élogieux et des salles combles chaque week-end, « Tout Va Mâle » semble avoir trouvé la formule juste pour faire dialoguer les genres. Les spectateurs rapportent souvent que la pièce agit comme un déclencheur de discussions au sein des couples, prolongeant l’expérience bien après le baisser de rideau.
Le spectacle est à l’affiche du Théâtre du Grand Point Virgule (Paris 15ème) du mercredi au dimanche. Les réservations et informations sont disponibles sur le site officiel du théâtre : www.legrandpointvirgule.com.


