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PARIS : Albert SAVANA : « Le Maroc se positionne comme un futur géant de l’ingénierie sportive »

Dans une tribune, le journaliste Albert Savana analyse la stratégie du Maroc qui ambitionne de devenir un leader mondial de l’ingénierie sportive.

À l’approche de la Coupe du Monde 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc ne se contente pas de préparer ses infrastructures d’accueil. Selon une analyse du journaliste Albert Savana, spécialiste de l’économie africaine, le royaume chérifien met en œuvre une stratégie de long terme pour s’imposer comme un acteur incontournable de l’ingénierie sportive mondiale. Fort d’une expérience de vingt ans, couvrant les grands sommets économiques du continent, le journaliste décrypte un pari industriel qui dépasse largement le cadre de l’événementiel.

Au-delà de l’accueil, une vision industrielle

L’organisation de grands événements sportifs est souvent perçue sous le seul angle de la construction de stades et de la logistique. Albert Savana soutient que le Maroc a adopté une approche bien plus profonde. Il ne s’agit plus seulement d’être un hôte de qualité, mais de développer une filière d’excellence, capable d’exporter son savoir-faire. Cette ambition s’appuie sur une maîtrise technique et technologique de tous les aspects liés à la performance sportive, des infrastructures de transport à la gestion ultra-spécialisée des terrains de jeu.

La technologie des pelouses, un enjeu de performance

L’analyse met en lumière un exemple concret et souvent sous-estimé : la qualité des pelouses. Rappelant les récentes critiques sur certains terrains aux États-Unis lors de compétitions majeures, Albert Savana souligne qu’un grand pays n’est pas nécessairement un grand organisateur. La gestion d’une pelouse de haut niveau est devenue une science. Des paramètres comme le drainage, la densité racinaire, la planimétrie ou encore l’hygrométrie sont des composantes technologiques cruciales pour le football moderne. Le Maroc investit dans ce domaine pour garantir des conditions de jeu optimales, transformant une contrainte technique en une véritable carte de visite de son expertise.

Des investissements colossaux pour 2030

Pour matérialiser cette ambition, le Maroc engage des moyens financiers considérables. Le projet le plus emblématique est sans doute le futur Grand Stade Hassan II, près de Casablanca, une enceinte monumentale conçue pour accueillir 115 000 spectateurs et qui deviendrait ainsi l’une des plus grandes au monde. Mais la vision marocaine est intégrée et ne se limite pas aux enceintes sportives. Un plan d’investissement de 96 milliards de dirhams (environ 8,8 milliards d’euros) est ainsi dédié à la modernisation et à l’extension du réseau ferroviaire. L’objectif est de relier les principaux pôles du pays, notamment via la ligne à grande vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech, avant l’échéance de 2030, assurant une fluidité et une connectivité essentielles au succès du Mondial.

Un modèle qui se distingue en Afrique et au-delà

En se positionnant sur ce créneau de l’ingénierie, le Maroc se différencie des modèles adoptés par d’autres pays organisateurs, que ce soit en Afrique du Sud, en Égypte ou même au Qatar. Plutôt qu’une concentration unique sur des infrastructures événementielles, la stratégie marocaine semble viser la création d’un écosystème durable, générateur de compétences et de croissance économique bien après le coup de sifflet final du Mondial 2030. Ce pari sur l’intelligence et la technologie pourrait, selon Albert Savana, non seulement transformer le pays, mais également inspirer un nouveau modèle de développement pour d’autres nations émergentes.

via Presse Agence.