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PARIS : Agriculture – Fabacéé chiffre le poids de la…

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PARIS : Agriculture – Fabacéé chiffre le poids de la facture énergétique des fermes

Au Salon de l’agriculture, Fabacéé révèle que l’énergie coûte 38 000 euros par an aux fermes, pesant pour 20 % de leur chiffre d’affaires.

C’est une photographie inédite de la consommation énergétique du monde agricole français qui est présentée ce mardi, en plein cœur du Salon de l’agriculture 2026. Le programme Fabacéé (https://www.fabacee.fr/), dispositif dédié aux économies d’énergie dans ce secteur, dévoile son premier baromètre basé sur l’analyse de 1 000 exploitations. Le constat est sans appel : l’énergie représente un poste de dépense majeur, mais aussi un levier de compétitivité encore sous-exploité.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En moyenne, une ferme française consomme 331 420 kWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 70 foyers. Sur le plan financier, cette dépendance énergétique se traduit par une facture moyenne de 38 000 euros, captant ainsi 20 % du chiffre d’affaires des exploitations.

De fortes disparités selon les filières

Derrière cette moyenne nationale, le baromètre met en lumière des réalités très contrastées selon les types de production. Les exploitations de grandes cultures apparaissent comme les plus énergivores, avec une consommation annuelle de 779 482 kWh et une facture grimpant à 65 130 euros.

À l’inverse, la viticulture affiche une consommation plus modérée de 92 518 kWh pour un coût de 20 715 euros. Entre les deux, les élevages bovins laitiers consomment en moyenne 349 948 kWh par an, représentant une charge de 38 500 euros. Ces données confirment que la transition énergétique ne peut être uniforme et doit s’adapter aux spécificités de chaque filière.

Le GNR et les engrais : le poids des intrants

L’étude permet de cibler précisément les postes les plus gourmands. Sans surprise, le Gaz Non Routier (GNR), indispensable à la mécanisation, et les engrais concentrent l’essentiel des dépenses. À eux deux, ils représentent entre 50 % et 75 % de la consommation énergétique totale des fermes auditées.

Dans le détail, pour les grandes cultures, les engrais constituent la moitié de la consommation énergétique, loin devant le GNR (23 %). Pour les éleveurs laitiers, la répartition est plus fragmentée : le GNR (34 %) devance l’alimentation animale (29 %) et les engrais (17 %). En viticulture, le carburant reste le poste principal (37 %), talonné par les engrais (33 %) et les produits phytosanitaires.

Un gisement d’économies de plus de 10 %

Face à ce constat, le programme Fabacéé, porté notamment par l’entreprise de l’économie sociale et solidaire FEVE et l’association Solagro, identifie des solutions concrètes. L’analyse des données montre qu’il est possible de réduire la consommation globale de plus de 10 %, y compris dans des fermes déjà engagées dans des démarches d’optimisation.

Les leviers sont identifiés : l’éco-conduite et la réduction du travail du sol permettent d’agir sur le poste carburant, offrant un potentiel d’économie estimé entre 45 % et 75 % du total réalisable selon les filières. De même, une meilleure gestion de l’azote et l’introduction de légumineuses peuvent réduire drastiquement la dépendance aux engrais minéraux. Pour les éleveurs, la modernisation des équipements, tels que les pré-refroidisseurs de lait ou les récupérateurs de chaleur, constitue une piste sérieuse avec 15 % de gains potentiels.

Une dynamique collective nécessaire

Ces économies ne sont pas théoriques. Les plans d’action engagés par les 1 000 premières fermes du panel visent une économie cumulée de 0,32 TWh sur dix ans. « Les résultats de ce baromètre sont le fruit du travail de terrain mené par les 140 animateurs du collectif aux côtés des agriculteurs engagés dans notre programme. Ils démontrent que chaque exploitation dispose d’un potentiel pour diminuer sa consommation d’énergie. Dans un contexte agricole sous tension, où le modèle économique de certaines filières est fragilisé, le constat que nous dressons aujourd’hui doit être un moteur de confiance et d’action », indique Romain Behaghel, responsable du programme Fabacéé.

Ce dispositif, premier programme de Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) dédié à l’agriculture et encadré par le ministère chargé de l’énergie, ambitionne d’atteindre 1,29 TWh d’économies d’ici fin 2027. Une démarche qui prouve que la sobriété énergétique est devenue un impératif autant économique qu’écologique pour la « Ferme France ».