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PARIS : Agriculteurs, une colère qui doit être entendue

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Floriane Dumont
27 Jan 2024

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PARIS : Agriculteurs, une colère qui doit être entendue

Franck Ménonville, Sénateur de la Meuse et agriculteur.

Les agriculteurs sont aujourd’hui désespérés. Ils sont confrontés à une baisse de leurs revenus, à l’explosion de leurs charges, à la chute des cours, à des négociations commerciales éprouvantes, à la multiplication des injonctions contradictoires des politiques publiques, à une inadéquation des normes avec les réalités du terrain et à l’agribashing. Leur grogne ne cesse de grandir et de se répandre à travers le pays.

La crise que traverse le monde agricole est profonde et ancienne. Elle revêt un caractère à la fois structurel et conjoncturel.

Au fil des années, les attentes écologiques et sociétales pesant sur les agriculteurs n’ont cessé de croître, tandis que leurs charges administratives et financières ont explosé.

Notre politique agricole européenne, notamment avec la stratégie « de la fourche à la fourchette », est une véritable politique de décroissance agricole qui pourrait menacer la souveraineté alimentaire de l’Europe.

Notre agriculture subit un déclassement continu, qui se manifeste par une augmentation inexorable des importations. Aujourd’hui, nous importons plus de deux fois plus de denrées alimentaires qu’en 2000 : un poulet sur deux consommé en France vient de l’étranger, 28 % des légumes, 71 % des fruits… À l’horizon 2027, nous pourrions perdre notre indépendance laitière.

Il est impératif d’inverser cette tendance. Les agriculteurs attendent des mesures fortes, concrètes et rapidement applicables, telles que la défiscalisation du Gazole Non Routier (GNR), l’octroi d’une année blanche pour les exploitants les plus en difficulté, des allégements de charges fiscales et sociales, ainsi que la suppression des surfaces improductives.

À plus long terme, il sera essentiel de s’assurer que les lois EGALIM soient strictement appliquées et que des contrôles appropriés soient mis en œuvre. Il sera également nécessaire d’harmoniser les réglementations françaises avec les standards européens et de créer un véritable choc de simplification.

Ces mesures devront être intégrées dans la prochaine loi d’orientation agricole. Elles permettront de redonner du sens au métier et de renforcer la compétitivité de notre agriculture. L’UDI et le groupe Union Centriste au Sénat se mobiliseront en ce sens.

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine