PARIS : Affaire Master Poulet – Une étude révèle le s…
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PARIS : Affaire Master Poulet – Une étude révèle le soutien des classes populaires au maire de Saint-Ouen
Une étude Ifop révèle un soutien majoritaire au maire de Saint-Ouen, notamment au sein des classes populaires que La France insoumise prétend défendre.
L’« affaire Master Poulet », ce bras de fer médiatisé entre le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, et une enseigne de restauration rapide, dépasse largement les frontières de la commune de Seine-Saint-Denis. Blocs de béton, bacs à fleurs et batailles judiciaires ont transformé un conflit d’urbanisme local en un débat national sur la régulation commerciale, la « malbouffe » et les fractures idéologiques de la gauche. Pour mesurer l’opinion publique au-delà des polémiques, l’Ifop a réalisé une étude pour Darwin Nutrition, plateforme spécialisée dans les programmes de nutrition (https://www.darwin-nutrition.fr/). Les résultats, publiés ce jour, bousculent nombre d’idées reçues, en particulier le récit porté par La France insoumise (LFI).
Un soutien majoritaire et populaire inattendu
Premier constat, l’affaire a trouvé un écho national remarquable : 52 % des Français en ont entendu parler, un chiffre qui grimpe à 68 % en Île-de-France. Parmi ceux qui connaissent le dossier, une majorité de 55 % approuve la lutte du maire contre l’installation de Master Poulet. Mais le chiffre le plus politique est ailleurs : ce soutien est particulièrement massif dans les catégories que LFI affirme représenter. L’étude montre en effet que 75 % des ouvriers et 61 % des habitants des banlieues populaires soutiennent la démarche de Karim Bouamrane. Ces données mettent à mal la thèse du « mépris de classe » avancée par certains élus insoumis. « Ces résultats devraient donner à réfléchir à ceux qui ont fait de l’affaire Master Poulet le symbole d’une gentrification imposée d’en haut aux classes laborieuses », analyse François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités de l’Ifop. « Or, les catégories populaires soutiennent largement le maire que la gauche radicale accuse de les mépriser ».
Le syndrome « pas dans ma rue »
Au-delà des clivages politiques, l’enquête met en lumière un facteur bien plus pragmatique : l’effet de proximité. Si 67 % des Français se déclarent opposés à l’ouverture d’un tel fast-food dans leur propre rue (à moins de 100 mètres), ce chiffre tombe à 47 % s’il s’agit d’un autre quartier de leur commune. Cet écart de vingt points révèle un phénomène classique de « NIMBY » (Not In My Back Yard), où l’opposition est moins idéologique que liée aux nuisances concrètes redoutées par les riverains (bruit, attroupements, livraisons). « Le gradient de rejet selon la distance rappelle que le débat sur l’urbanisme commercial ne se joue jamais tout à fait là où on l’instruit », poursuit François Kraus. « Les maires qui plaident contre la prolifération des fast-foods ne mobilisent pas une idéologie, mais un vécu de riverain qui transcende les appartenances partisanes ».
Une recomposition politique surprenante
L’affaire Master Poulet agit comme un révélateur des nouvelles lignes de fracture du paysage politique. Le clivage entre le Parti Socialiste et LFI est net : 61 % des sympathisants PS soutiennent le maire, contre seulement 45 % à LFI. Plus surprenant encore, le maire socialiste trouve ses plus fervents défenseurs à droite et au centre, avec 66 % de soutien chez les sympathisants de Renaissance et 63 % chez ceux des Républicains. Karim Bouamrane est donc davantage approuvé par l’électorat macroniste que par une partie de la gauche. Les écologistes, quant à eux, affichent une position ambivalente : s’ils sont les plus favorables à une régulation des fast-foods (57 %), ils ne sont que 42 % à soutenir personnellement le maire, se montrant sans doute sensibles aux arguments de LFI sur les dimensions culturelles et sociales de l’affaire.
Une fracture avant tout générationnelle
Plus encore que les étiquettes partisanes, c’est l’âge qui semble être le principal marqueur de division. L’étude révèle une opposition quasi totale entre les générations : 70 % des « Boomers » (plus de 60 ans) souhaitent limiter le développement des enseignes à bas prix, alors qu’ils ne sont que 31 % au sein de la « GenZ » (moins de 30 ans). De même, 68 % des aînés soutiennent le maire, contre 37 % des plus jeunes. « La fracture générationnelle est sans doute la dimension la plus sous-estimée de cette affaire », conclut François Kraus. « LFI défend Master Poulet comme elle défend TikTok : elle défend les codes culturels de son électorat de base, jeune, urbain, populaire. Le PS soutient Bouamrane comme il soutient les marchés traditionnels […] : il défend les codes culturels de son électorat vieillissant ». Loin d’être anecdotique, le feuilleton de Saint-Ouen aura ainsi permis de cartographier avec une précision inattendue les fractures sociologiques, politiques et générationnelles de la France contemporaine.
L’étude complète est disponible à l’adresse suivante : https://www.darwin-nutrition.fr/actualites/affaire-master-poulet/
L’enquête Ifop pour Darwin Nutrition a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 6 au 7 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.


