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PARIS : Affaire Lyhanna – L’association A.M.O.U.R de la Justice dénonce une « faillite collective » et systémique
En réaction au pré-rapport sur la mort de Lyhanna, l’association A.M.O.U.R de la Justice fustige des défaillances allant bien au-delà des responsabilités individuelles et appelle à une refonte des politiques publiques de protection de l’enfance.
Le drame de la jeune Lyhanna continue de secouer les institutions. La publication du pré-rapport des inspections interministérielles, qui pointerait des responsabilités individuelles de magistrats et de gendarmes, a provoqué une vive réaction de l’association A.M.O.U.R de la Justice. Dans une tribune transmise ce lundi 22 juin 2026, ses co-présidents, Jérôme Pauzat et Laurent Sebag, estiment que ces conclusions, si elles sont nécessaires, ne doivent pas masquer une défaillance bien plus profonde, à la fois politique et systémique.
Le rapport préliminaire mettrait en cause une chaîne de dysfonctionnements dans le traitement de la plainte initiale de la famille de la jeune Rosa à l’encontre de Jérôme Barella, mis en examen dans la mort de Lyhanna. Sont cités le dessaisissement « perfectible » du parquet de Toulouse vers Auch, l’enregistrement tardif de la procédure, et l’absence de traitement prioritaire. Pour l’association, si les poursuites disciplinaires qui s’ensuivront sont légitimes, elles ne sauraient clore le chapitre des responsabilités.
« Il faut que le retentissement cataclysmique de cette affaire se poursuive par la politique de la table renversée. Nous le devons à tous les enfants de France et pas seulement à la jeune Lyhanna ».
Une responsabilité politique pointée du doigt
Pour l’association, la responsabilité individuelle des agents de terrain ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Elle dénonce avec force « la responsabilité politique des planificateurs de la « clochardisation » de la justice » et un « aveuglement obsessionnel face aux besoins de moyens criés par les protecteurs de l’enfant ».
La tribune critique des décennies d’absence de vision politique, symbolisée par l’inexistence d’un ministère de l’Enfant et la délégation de la protection de l’enfance aux départements, « sans transfert corrélatif des financements nécessaires ». Chaque collectivité y consacre ainsi des moyens variables, créant une inégalité de traitement sur le territoire. L’association souligne que la numérisation insuffisante des procédures pénales, relevée par l’Inspection Générale de la Justice (IGJ), n’est qu’un symptôme de ce sous-investissement chronique.
Des dysfonctionnements systémiques au-delà de la justice
L’analyse de l’association A.M.O.U.R de la Justice s’étend à toute la chaîne de protection. Sont visés « ceux qui ne signalent pas quand ils le devraient », les structures qui ne contrôlent pas suffisamment les antécédents des professionnels recrutés, ou encore le secret professionnel parfois utilisé pour taire des abus sexuels.
La question du recueil de la parole de l’enfant est jugée centrale. La tribune met en garde contre deux écueils : la vision de « l’enfant menteur d’Outreau » qui nie son statut de victime, et à l’inverse, la prophétie forcée du « Je te crois » qui lui fait porter tout le poids de la preuve.
« Cet enfant ne doit pas porter le fardeau de démontrer la culpabilité de celui qu’il accuse, sous peine de supporter seul à l’arrivée une nouvelle forme de victimisation », affirment les co-présidents.
Pour eux, la parole de l’enfant doit être le point de départ d’un parcours judiciaire rapide et solide, pesant sur l’adulte, avec la mise en œuvre automatique d’investigations sociales, médicales et psychologiques.
Vers des politiques publiques ambitieuses et spécialisées
Face à ce constat, l’association appelle à une révolution sociétale et à la construction de politiques publiques interministérielles (santé, éducation, police, justice) enfin à la hauteur des enjeux. Elle se montre critique envers la proposition de loi « intégrale » déposée le 2 décembre 2025, qui, en fusionnant la lutte contre les violences faites aux enfants et celles faites aux femmes, risquerait de diluer la spécificité de la protection de l’enfance.
« C’est aussi prendre le risque d’afficher que la protection des enfants est une affaire exclusivement féminine, alors qu’elle devrait être la préoccupation première de tous, et en premier lieu des hommes », prévient la tribune.
En conclusion, et alors que les conclusions définitives du rapport sont attendues pour le 5 septembre 2026, l’association A.M.O.U.R de la Justice (https://www.amourdelajustice.org/) exhorte les pouvoirs publics à ne pas céder à la précipitation législative. Elle appelle à une concertation approfondie pour que le drame de Lyhanna ne soit pas traité comme un simple « fait divers », mais comme l’électrochoc qui impose une refondation complète de la protection de l’enfance en France.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

