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PARIS : Adrien MERVEILLE : « À l’ère de l’IA, il est impossible de savoir ce qui est vrai et ce qui est faux »

À l’approche des échéances électorales de 2026 et 2027, un expert en cybersécurité alerte sur l’ampleur des menaces d’ingérence visant à saper la confiance démocratique.

À l’approche des élections municipales de 2026 et de la présidentielle de 2027, la France se trouve confrontée à une menace d’ingérence étrangère d’une ampleur inédite. Deepfakes, cyberattaques ciblées et réseaux de sites de fausses informations se multiplient, avec un objectif clair : non plus seulement influencer le choix d’un candidat, mais éroder la confiance des citoyens dans le processus démocratique et la notion même de vérité. Adrien Merveille, expert en cybersécurité chez Check Point, tire la sonnette d’alarme sur ce phénomène qui gangrène le débat public.

Une menace existentielle pour la démocratie.

Loin des traditionnelles campagnes de propagande, les nouvelles opérations d’ingérence visent à créer un climat de confusion généralisée et à polariser la société. L’enjeu est de rendre les citoyens incapables de distinguer le vrai du faux, sapant ainsi les fondements du pacte démocratique.

« La plus grande menace réside dans l’érosion de la confiance en la vérité elle-même. À l’ère de l’IA, il est impossible de savoir avec 100 % de certitude ce qui est vrai et ce qui est faux », analyse Adrien Merveille.

Cette incertitude permanente constitue, selon lui, une menace existentielle pour les démocraties occidentales.

Des stratégies de manipulation sophistiquées.

Pour atteindre leur but, les acteurs malveillants déploient des techniques de plus en plus élaborées. Des centaines de sites web, imitant à la perfection l’apparence de médias locaux légitimes, ont ainsi été identifiés. Leur stratégie est redoutable : diffuser 95 % d’informations véridiques pour gagner la confiance du lectorat, avant d’y injecter 5 % de désinformation ciblée.

« Pour un lecteur ordinaire, cela ressemble à la vérité », explique l’expert.

Particulièrement actives depuis l’année dernière, ces plateformes ciblent spécifiquement les collectivités locales, diffusant des contenus sur mesure liés à la politique intérieure et extérieure de la France. Parallèlement, les cyberattaques plus traditionnelles se poursuivent. Le groupe pro-russe NoName057, dont les liens avec le Kremlin ont été récemment confirmés par le gouvernement américain, mène régulièrement des attaques par déni de service (DDoS) contre des institutions françaises stratégiques, comme La Poste, dans le but de perturber les services publics et d’alimenter un sentiment de méfiance envers l’État.

L’intelligence artificielle, arme de désinformation massive.

L’avènement de l’intelligence artificielle générative a considérablement facilité et démocratisé la création de contenus frauduleux. Les deepfakes vocaux, qui permettent d’imiter la voix de n’importe qui, sont aujourd’hui considérés comme les outils les plus efficaces pour manipuler l’opinion en période électorale. Les deepfakes vidéo, bien que plus complexes, gagnent également en réalisme et en impact. Cette technologie crée un environnement où chaque image, chaque son, devient suspect, paralysant le débat public.

Perspectives pour l’élection présidentielle de 2027.

Selon l’analyse de Check Point, la situation est vouée à s’aggraver d’ici l’élection présidentielle de 2027. Les techniques de manipulation continueront d’évoluer, rendues toujours plus accessibles et convaincantes par les progrès de l’IA générative. Les experts anticipent que les deepfakes deviendront bientôt indétectables à l’œil nu, instaurant un climat de doute permanent. Dans ce contexte, la vérification systématique et rigoureuse des sources d’information deviendra une nécessité absolue pour chaque citoyen souhaitant s’informer de manière fiable.