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PARIS : À la veille de la Saint-Valentin, l’usage des…

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PARIS : À la veille de la Saint-Valentin, l’usage des écrans est-il un « tue-l’amour » ? Pierre NANTAS thérapeute répond

Attablé en face de sa compagne, cet homme, tête inclinée, semble dévorer des yeux l’écran de son smartphone.

Il ne détourne son regard que pour apprécier le contenu de son assiette lorsque le serveur la dépose devant lui. Lassée, sa partenaire adopte la même attitude. Lorsqu’ils mangent, chaque convive (si on peut encore les désigner ainsi) jette des regards furtifs sur le petit objet qui s’est installé sur la table.

Les écrans font désormais partie du quotidien de nombreux couples. Ils ne s’invitent pas seulement lors des repas, que ce soit à la maison ou au restaurant, mais aussi jusque dans le lit, sous la forme de liseuses ou de tablettes. Alors, les écrans représentent-ils un danger pour la relation amoureuse ?

La réponse est oui : l’usage des écrans peut nuire au couple.

Une étude publiée dans le Journal of Social and Personal Relationships (Wong et al., 2018) a examiné l’impact de l’utilisation des smartphones sur la satisfaction relationnelle. Les chercheurs ont constaté que l’usage excessif des écrans pouvait générer des conflits entre partenaires et réduire leur bien-être conjugal.

Selon ces recherches :

  • 70 % des jeunes adultes (18-30 ans) estiment que les écrans nuisent à leurs relations. Ils passent en moyenne plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux ;
  • 50 % des adultes d’âge moyen (31-50 ans) signalent aussi un impact négatif sur leur couple, en raison de l’utilisation professionnelle des écrans qui empiète sur leur vie personnelle ;
  • 30 % des personnes de 51 ans et plus, bien que moins connectées, rencontrent également des difficultés liées aux nouvelles technologies.

Un constat partagé par l’AFORPEL et Pierre Nantas

L’AFORPEL (Association pour la Promotion et la Formation de l’Etat Limite) alerte sur les conséquences psychologiques d’une surexposition aux écrans dans le couple. Pierre Nantas, thérapeute spécialiste du trouble borderline et fondateur de l’AFORPEL, souligne que cette hyperconnexion réduit la qualité des interactions et altère progressivement le lien émotionnel.

Trois symptômes qui doivent alerter les couples

  • Éloignement émotionnel : Moins de discussions, une perte progressive de l’intimité ;
  • Appauvrissement de la communication : Les écrans prennent le pas sur les échanges réels ;
  • Perte d’attention pour l’autre : Les partenaires ne se regardent plus, ne se parlent plus.
    Trois facteurs favorisant cette déconnexion

En dehors du workaholisme, trois formes de cyberaddiction affectent directement le couple en stimulant excessivement le système de récompense du cerveau, ce qui peut altérer le désir et la libido.

  • 55 % des joueurs en couple passent plus de temps sur leurs écrans qu’avec leur partenaire (Psychological Science, 2019). Les jeux en ligne réduisent considérablement le temps de qualité à deux et créent une distance émotionnelle et physique ;
  • 64 % des utilisateurs des réseaux sociaux se comparent aux autres couples (Computers in Human Behavior, 2019), générant frustration et insatisfaction ;
  • 40 % des couples ayant recours à la cyberpornographie déclarent ressentir une baisse de connexion émotionnelle (Journal of Sex Research).

Faut-il « divorcer » de son smartphone ?

Quelques pistes proposées par Pierre Nantas et l’AFORPEL :

  • Limiter leur utilisation : Instaurer des moments sans écran ;
  • Privilégier les moments de partage : Remplacer les écrans par des activités communes ;
  • Tester une détox numérique : Mesurer l’impact d’une pause sur la relation.

Pierre Nantas rappelle : « L’écran ne doit pas remplacer la parole et le regard. Les écrans font partie du quotidien, mais ils ne doivent pas devenir une barrière à l’échange et à la complicité. »

A propos de Pierre Nantas

Pierre Nantas est psychothérapeute, spécialisé dans l’accompagnement des personnes borderline et de la souffrance au travail. Il est l’auteur de quatre ouvrages :
– La bienveillance, quand elle s’invite en psychothérapie
– Changer de vie, « yes you can » (co-écrit avec J.A.Pinçon)
– Le système borderline, histoires de familles. (co-écrit avec le Dr P.Menu)
– Faire face au trouble de la personnalité borderline (co-écrit Manon Beaudoin)