PARIS : 20 000 postes d’insertion menacés, les entreprises…
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PARIS : 20 000 postes d’insertion menacés, les entreprises d’insertion alertent sur leur modèle social
Dans un contexte de coupe budgétaire sans précédent sur l’insertion, les chiffres clés de la fédération des entreprises d’insertion montrent que c’est un bien mauvais calcul.
Efficaces, économes et déjà fragilisés, la baisse budgétaire de 20 000 ETP prévue par le Gouvernement risque d’en condamner certaines à la restructuration ou à la fermeture
Un modèle social et économique efficace
Les entreprises d’insertion (Ei) et entreprises de travaillent temporaire d’insertion (ETTi) accompagnent chaque année près de 100 000 personnes vers l’emploi durable. Ces dernières sont très éloignées du monde du travail à leur entrée en parcours : 80% d’entre elles ont un niveau infra bac (contre 31 % dans l’économie classique, graphique 2.4). Le travail d’accompagnement et de formation, réalisé pendant le parcours d’insertion (d’une durée moyenne de 8,4 mois, graphique 2.2),s’appuie sur un taux d’encadrement important : 10% en moyenne en ETTi, de 10 à 30% (notamment dans les secteurs du numérique et du paysage) en Ei (graphique 2.9). Ainsi, à l’issue de leur parcours, deux tiers des personnes sont sortis de la privation d’emploi (graphique 7.1).
Confronté à une situation économique difficile
La mission sociale et inclusive des entreprises d’insertion n’est pas sans conséquence sur leur performance économique. Le financement public de cette mission, qui repose sur un système d’aides aux postes au montant variable, ne couvre que très partiellement leur mission d’insertion : 22% du salaire des intérimaire en ETTi et 61,5% du salaire en entreprise d’insertion (graphique 4.2). Malgré cela, les entreprises d’insertion ont fortement investi sous le quinquennat précédent, soutenues par le Gouvernement : leur chiffre d’affaires moyen a ainsi augmenté de 52% en Ei et 54% en ETTi (graphique 1.3). De nombreuses entreprises se sont aussi créées : +55% entre 2020 et 2024 (graphique 5.2). Ce développement intensif, couplé à un contexte économique difficile, pèse fortement sur le modèle économique des entreprises d’insertion. Malgré la hausse de leur chiffre d’affaires, elles connaissent une baisse de leur taux de marge entre 2020 et 2024 (de 2,6 % à 0,9 % pour les EI et de 4,4 % à – 0,4 % pour les ETTi), illustration de la fragilisation de leur modèle économique dans un écosystème de plus en plus concurrentiel. Cette tension, couplée à un contexte économique incertain, crée une grande inquiétude chez les dirigeants : à la rentrée, 74% se disent inquiets pour l’avenir de leur entreprise1 .
1 Source : baromètre des entreprises d’insertion.
Et soumis à des baisses budgétaires sans précédent
Cette inquiétude n’a été que renforcée par la présentation du projet de loi de finances la semaine dernière. Faisant de l’insertion par l’activité économique une des politiques de l’emploi les plus touchées par les baisses budgétaires, 20 000 emplois sont menacés, soit près de 60 000 parcours d’insertion. Cette baisse s’inscrit dans un contexte de stop and go lancé par le Gouvernement à partir de 2024. Après avoir soutenu et poussé les entreprises d’insertion dans un développement historique, les budgets sont réduits de manière massive (-20%). Cette fracture ne sera pas sans conséquence pour les entreprises : 71% des dirigeants estiment que la conjoncture économique aura un impact négatif pour leurs entreprises. Pour éviter une casse sociale de grande ampleur, la fédération des entreprises d’insertion appelle donc à un retour au budget au niveau de 2024 et à la préservation des 20 000 emplois menacés.
Depuis 35 ans, la fédération des entreprises d’insertion rassemble des entrepreneurs engagés qui mettent l’inclusion des plus vulnérables au cœur de leur stratégie d’entreprise. Présente dans chaque territoire, au plus près des besoins des personnes et des entreprises, elle accélère leur développement et promeut leurs projets inclusifs qui conjuguent innovation, performance économique et impact social. Une raison d’être qui s’incarne dans le label Responsabilité Sociétale des Entreprises inclusives (RSEi) qu’elle a développé, pour toujours plus d’excellence au service des plus fragiles. Une fédération mobilisée, catalyseur de valeurs et d’énergies, pour bâtir une société durable et inclusive.