Passer au contenu principal

NICE : Zine, la « trobairitz » niçoise, entre hommages poig…

Partager :

NICE : Zine, la « trobairitz » niçoise, entre hommages poignants et concerts d’été

L’artiste Zine, figure de la culture occitane, annonce trois concerts dans le Haut-Pays dans le cadre des Estivales et partage son parcours engagé.

L’été 2026 dans les Alpes-Maritimes résonnera des mélodies et des mots de Zine. La chanteuse, sélectionnée pour participer aux Soirées Estivales du Département, proposera trois récitals dans des cadres authentiques du Haut-Pays niçois. Le public est invité à la découvrir le 17 juillet à Bairols, le 14 août à La Roque-en-Provence et le 16 août à Marie. Ces concerts gratuits sont une occasion de découvrir une artiste dont l’œuvre, riche de plus de vingt-cinq ans de carrière, est un vibrant hommage à la « Lenga nòstra », la langue et la culture niçoises.

Une « trobairitz » moderne au service de la culture locale

Avec plus de 150 chansons à son répertoire, Zine se définit comme une « trobairitz » moderne, une femme troubadour qui cherche et trouve les mots pour chanter son territoire. Son album « CANTAR LA VIDA CANTAR L’ESPER » cumule à lui seul plus de 200 000 écoutes, porté par des titres emblématiques comme « Au marché de la Libé » ou « Ten-te fièra ! », un hymne à la dignité né au lendemain de la tempête Alex. Son travail se distingue par une démarche singulière : l’adaptation en niçois de grands standards internationaux.

De Queen à Tiken Jah Fakoly : la parodie comme acte culturel

Pour Zine, la parodie est un outil puissant pour ancrer la langue niçoise dans le présent et lui donner une portée universelle. Ainsi, « Bohemian Rhapsody » de Queen devient « Lament de la Bomiana », un hommage poignant aux femmes niçoises, travailleuses et courageuses. La chanson « Plus rien ne m’étonne » de l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly est transposée pour critiquer avec humour la perte d’identité du Comté de Nice. En mêlant des instruments traditionnels comme la vielle à roue à des sonorités modernes, Zine prouve que la culture locale peut dialoguer avec le monde entier, affirmant que « d’une langue locale on s’ouvre sur l’universel ».

Une voix pour les épreuves et la résilience

Au-delà de la musique, l’engagement de Zine est profondément humain. Son nouvel album en préparation, « Petits farcis niçois », est annoncé comme une œuvre intimiste et « cathartique », rassemblant 24 chansons écrites sur plus de vingt ans qui explorent les épreuves, les espoirs et les désillusions d’une vie. Cette capacité à mettre en musique les émotions collectives et personnelles a trouvé une résonance particulière ce vendredi 26 juin.

L’hommage poignant à un sapeur-pompier

À la demande des sapeurs-pompiers de Nice, Zine a chanté l’hymne niçois en hommage à Jérémie Boulon, disparu tragiquement. Un moment d’une intense émotion pour l’artiste, qui avait déjà chanté pour les victimes de l’attentat du 14 juillet 2016.

« Il est toujours extrêmement difficile de prendre la parole lorsque la musique accompagne une disparition aussi injuste. Trouver la force d’être là, de chanter, de porter quelques mots d’espoir quand les cœurs sont si lourds n’est jamais anodin », confie-t-elle.

L’artiste partage une anecdote touchante survenue après la cérémonie.

« À la fin de la cérémonie, une dame est venue me remercier. Sur le coup, je lui ai répondu presque instinctivement et même un peu en colère : « Ne me remerciez pas, il ne faut pas me dire merci ». Pour moi, c’était simplement normal d’être là. Puis, lorsque nous nous sommes retrouvés au château pour le verre de l’amitié, j’ai compris qu’il s’agissait de la maman de Jérémie. Alors je suis immédiatement retournée la voir. Je lui ai dit que, venant d’elle, son merci, je l’acceptais de tout cœur. Nous avons souri, nous avons ri ensemble et nous avons pris le temps d’échanger quelques mots. C’est un moment que je garderai longtemps en mémoire. »

Un témoignage qui illustre la place singulière de Zine dans le paysage culturel et humain des Alpes-Maritimes : une artiste dont la voix sait autant célébrer la joie des marchés que consoler les peines les plus profondes.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).