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NICE : ZINE : « La langue niçoise n’est pas un folklo…

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NICE : ZINE : « La langue niçoise n’est pas un folklore, elle vit et se diffuse en ligne »

L’artiste Zine démontre, chiffres à l’appui, la vitalité de la culture niçoise sur les plateformes numériques, loin des clichés institutionnels.

Loin des circuits traditionnels et des soutiens institutionnels qu’elle juge défaillants, la chanteuse et poétesse Zine incarne une nouvelle génération d’artistes qui ancrent la culture niçoise dans la modernité. À travers une stratégie numérique indépendante et une parole engagée, elle prouve que la langue d’òc niçoise dispose d’une audience réelle et croissante, bien au-delà de l’image patrimoniale dans laquelle certains voudraient l’enfermer. Une démarche artistique et militante qui culmine ce printemps avec la parution de ses textes dans un ouvrage collectif et des statistiques d’audience impressionnantes.

Une audience numérique qui déjoue les pronostics

Pour Zine, les chiffres parlent d’eux-mêmes et témoignent d’un intérêt concret pour une culture vivante. L’écosystème numérique qu’elle a bâti seule rassemble aujourd’hui une communauté de plus de 18 100 abonnés sur ses différentes plateformes (réseaux sociaux, YouTube, Spotify, newsletter). Sa chaîne YouTube est devenue une vitrine majeure de son travail, cumulant 421 000 vues et ayant touché 268 000 spectateurs uniques, pour un total de 9 350 heures de visionnage.

L’engagement de cette communauté est également significatif, avec 4 637 interactions mensuelles enregistrées, en hausse de 101 %. Son site internet attire quant à lui 1 503 visiteurs uniques par mois. « Ces données ne sont pas là pour faire joli. Elles montrent une réalité simple : la langue niçoise existe, elle intéresse, et elle peut se diffuser largement lorsqu’on lui donne les moyens d’être portée », insiste l’artiste. Ce succès, construit « sans structure lourde, sans stratégie institutionnelle, mais avec du travail, de la régularité et une ligne artistique claire », est pour elle la preuve que la culture niçoise peut prospérer grâce à des initiatives indépendantes et sincères.

Un combat politique contre la « muséification »

Au-delà de sa production artistique, Zine mène un combat pour la reconnaissance de la langue niçoise comme un outil d’expression contemporain. Sur son blog intitulé « POLITIQUE DE LA LANGUE », elle dénonce ce qu’elle nomme la « muséification institutionnelle » et le « déni de contemporanéité ». Elle y critique des politiques culturelles qui, selon elle, cantonnent la langue au folklore, et interpelle la Ville de Nice sur son manque de soutien aux créateurs locaux. Une pétition, « On est pas des santons », a d’ailleurs été lancée pour appuyer cette démarche, rassemblant près de 300 signatures.

Ses articles, qui cumulent plus de 1 425 lectures, questionnent la place des langues régionales dans le service public audiovisuel, analysent la manière dont le folklore peut devenir « une cage » et plaident pour une politique linguistique favorisant la création actuelle. « Parler Niçois, c’est résister ! Le niçois ne mourra pas si on l’utilise pour dire ce qui brûle », écrit-elle, appelant à intégrer la langue dans des formes modernes comme la musique électro, le cinéma ou le street art.

De la création à la transmission

Ce travail de fond se concrétise par de nouvelles réalisations artistiques. Trois de ses poésies en niçois viennent d’être publiées dans l’ouvrage collectif *Fraternité méditerranéenne*, paru aux éditions Troba Vox. Sa chanson *Pilha lo temps* est également disponible sur toutes les plateformes de streaming, accompagnée d’un clip vidéo (https://youtu.be/j8_J1Tbh5p0?is=w2ag6xrWpCir2fFd).

Soucieuse de la transmission, Zine ne se contente pas de créer ; elle enseigne. Elle propose un stage de chant le 13 juin prochain à Falicon, un village sur les hauteurs de Nice, ainsi qu’une formation en ligne complète, « le niçois en accéléré », destinée à ceux qui souhaitent s’initier à la langue et devenir à leur tour des « passeurs de culture ». Pour pérenniser son action indépendante, elle a mis en place un système de soutien via des abonnements VIP, permettant à sa communauté de contribuer directement à ses projets culturels, une alternative assumée au clientélisme et à l’attentisme des financements publics.