NICE : Pr Olivier Guérin : « Face aux canicules, notre syst…
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NICE : Pr Olivier Guérin : « Face aux canicules, notre système de santé doit s’adapter de toute urgence »
Alors que l’OMS alerte sur 200 000 décès liés à la chaleur en Europe, un expert niçois souligne l’urgence d’adapter le système de santé au vieillissement.
Alors qu’un nouvel épisode de fortes chaleurs s’installe sur une grande partie de la France ce week-end du 13 juin, un chiffre alarmant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient jeter une lumière crue sur les conséquences sanitaires du réchauffement climatique. Entre 2020 et 2023, plus de 200 000 décès directement liés à la chaleur ont été enregistrés sur le continent européen, un bilan qui rappelle la vulnérabilité croissante des populations, en particulier des plus âgés.
Face à ce constat, le professeur Olivier Guérin, gériatre au CHU de Nice et membre du Comité Scientifique et Stratégique de MedInTechs, tire la sonnette d’alarme. Pour lui, ces vagues de chaleur précoces et répétées ne sont pas seulement des phénomènes météorologiques, mais un véritable défi structurel qui interroge la capacité de notre système de santé à protéger ses citoyens les plus fragiles.
Une vulnérabilité accrue des aînés
Les personnes âgées constituent l’immense majorité des victimes des canicules. Le Pr Guérin souligne la nécessité de comprendre en profondeur les mécanismes de cette vulnérabilité. Les facteurs sont multiples : une moindre perception de la soif, des capacités de thermorégulation affaiblies, des pathologies chroniques préexistantes (cardiaques, rénales, respiratoires) qui décompensent sous l’effet de la chaleur, ou encore l’isolement social qui empêche de recevoir de l’aide à temps.
Identifier les signes d’alerte est donc crucial pour l’entourage et les soignants. Une fatigue anormale, des maux de tête, des vertiges, des nausées ou une modification du comportement (confusion, agitation) doivent immédiatement alerter. Ces symptômes, souvent sous-estimés, peuvent être les prémices d’un coup de chaleur ou d’une déshydratation sévère, dont les conséquences peuvent être fatales.
Prévention et suivi à domicile : des hospitalisations évitables
Pour le spécialiste niçois, une part significative des hospitalisations estivales pourrait être évitée grâce à une stratégie de prévention renforcée et un meilleur suivi des personnes âgées à leur domicile. Cela passe par des gestes simples mais essentiels : s’assurer d’une hydratation régulière, maintenir le logement au frais, adapter l’alimentation et éviter les sorties aux heures les plus chaudes.
Mais la prévention doit aussi être plus organisée. Le renforcement des liens entre les médecins traitants, les services d’aide à domicile, les infirmiers libéraux et les familles est une priorité. Des appels de convivialité, des visites régulières ou le recours à des solutions de télésurveillance peuvent permettre de repérer précocement les situations à risque et d’intervenir avant que l’état de santé ne se dégrade au point de nécessiter une hospitalisation en urgence, souvent traumatisante et déstabilisante pour une personne âgée.
Repenser les parcours de santé face au défi climatique
Au-delà de la réponse d’urgence, le Pr Olivier Guérin appelle à une réflexion de fond sur l’adaptation des parcours de santé. Le vieillissement de la population, combiné à la multiplication des épisodes climatiques extrêmes, impose de sortir d’une logique purement curative pour intégrer le risque climatique dans la prise en charge au long cours des seniors.
Cet enjeu majeur est au cœur de son engagement au sein du congrès scientifique MedInTechs Society, où il pilote la thématique « Bien vieillir ». Il s’agit de développer des approches innovantes et des solutions concrètes pour construire un système de santé plus résilient, capable d’anticiper les crises et de protéger durablement les plus fragiles face à une réalité climatique qui s’impose désormais à tous.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

