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NICE : Politique – Nice Front Populaire dévoile son plan d’action pour une « ville féministe »

Le collectif Nice Front Populaire a présenté mercredi ses propositions phares, incluant une Cité des Femmes et une refonte de l’urbanisme.

C’est une rupture politique et sociétale que souhaite engager la liste Nice Front Populaire. Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi 18 février 2026, le collectif a détaillé son programme pour transformer la capitale azuréenne en une « ville féministe ». Partant du constat que les femmes sont les premières bénéficiaires des services publics tout en étant souvent invisibilisées dans l’espace urbain, le mouvement propose une refonte globale des politiques municipales, allant de la gouvernance à l’aménagement du territoire.

Une gouvernance repensée et un budget « genré ».

Pour Nice Front Populaire, l’égalité ne se résume pas à une simple parité numérique. Le programme pointe du doigt une répartition souvent stéréotypée des délégations, où les hommes héritent des finances ou de l’urbanisme, tandis que les femmes se voient confier le social ou l’éducation. Le collectif s’engage donc à une répartition non genrée des responsabilités et à l’instauration d’une parité stricte dans toutes les commissions thématiques. Un poste d’adjoint dédié aux droits des femmes et à la lutte contre les violences serait créé, doté d’un budget sanctuarisé.

Le levier financier est également au cœur du projet avec la mise en place d’un « budget genré ». Cette méthode, déjà expérimentée à Lyon ou Grenoble, consiste à analyser les dépenses publiques pour vérifier si elles profitent équitablement à tous. « En France, 75 % des budgets municipaux consacrés aux loisirs bénéficient dans les faits aux hommes », souligne le document de présentation. L’objectif est de corriger ces déséquilibres et de conditionner les subventions versées aux associations à des critères d’égalité stricts.

La Cité des Femmes : un projet phare.

Mesure emblématique du programme, la création d’une « Cité des Femmes » vise à offrir un lieu ressource unique, ouvert 7 jours sur 7. Inspirée de structures existantes à Nantes ou Bordeaux, cette cité ne serait pas uniquement un refuge pour les victimes, mais un espace de convergence situé en plein cœur de ville, potentiellement sur un site comparable à la Gare du Sud.

Ce lieu regrouperait un accueil pour les victimes de violences, un accompagnement juridique et social, ainsi qu’un centre de santé sexuelle proposant IVG et contraception. Il intégrerait également un observatoire des violences et un espace culturel et associatif. L’ambition est de faciliter le parcours des femmes en centralisant les services, évitant ainsi la multiplication des démarches administratives dispersées.

Reconquérir l’espace public.

Le collectif dresse le constat d’une ville majoritairement conçue par et pour les hommes. Pour y remédier, plusieurs mesures d’urbanisme sont avancées. La sécurité dans les transports figure en bonne place, avec l’instauration de l’arrêt à la demande en soirée pour les bus et une formation systématique des agents aux violences sexistes et sexuelles.

Sur le plan symbolique, Nice Front Populaire souhaite féminiser massivement la toponymie, avec un objectif de 100 espaces publics renommés d’ici la fin du mandat. Le sort de la statue de Masséna est également évoqué : jugeant problématique la mise en scène d’une femme dénudée à ses pieds, le collectif propose de « remiser la statue à l’intérieur de son palais » et de lancer une consultation citoyenne pour choisir de nouvelles figures féminines à honorer.

Éducation et solidarité.

L’approche féministe s’étend aux cours d’école, souvent dominées par les terrains de football qui relèguent les filles en périphérie. Le programme prévoit des aménagements « non genrés » favorisant la mixité et la coopération, tout en végétalisant ces espaces.

Enfin, le volet social met l’accent sur les femmes sans domicile stable. Alors qu’elles représenteraient 40 % de la population sans-abri, seules 23 % des places d’hébergement d’urgence leur sont destinées à Nice. Le programme promet une augmentation des capacités d’accueil et des structures adaptées, notamment pour celles accompagnées d’enfants, afin de lutter contre cette précarité invisible.