NICE : Politique – Le Nice Front Populaire dépose sa…
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NICE : Politique – Le Nice Front Populaire dépose sa liste et présente son pacte de tranquillité publique
La liste Nice Front Populaire menée par Mireille Damiano est validée en préfecture et dévoile un plan de sécurité en rupture avec le maire sortant.
C’est une étape décisive dans la campagne des municipales à Nice. La liste « Nice Front Populaire », conduite par l’avocate et syndicaliste Mireille Damiano, a été officiellement déposée et validée par les services de l’État cette semaine. Composée de soixante et onze candidats issus de divers horizons — enseignants, ingénieurs, militants associatifs, soignants ou artistes — cette équipe entend incarner une gauche unie et combative.
Une liste ancrée dans la société civile
Parmi les colistiers figurent des personnalités aux parcours variés, tels qu’Olivier Salerno, enseignant en lycée professionnel, Anne-Laure Chaintron, professeure des écoles et militante pour le climat, ou encore l’ancien conseiller municipal Robert Injey. L’équipe met en avant la diversité de ses engagements, allant de la défense des droits humains à la lutte contre la précarité. La liste complète est consultable sur le site officiel du mouvement (https://nicefrontpopulaire.fr/liste/).
Rupture avec la politique du « tout sécuritaire »
Au-delà de la présentation de ses visages, le Nice Front Populaire a profité de cette officialisation pour détailler son programme en matière de sécurité, un sujet central de la politique niçoise. Le collectif dresse un bilan sévère des dix-huit années de mandat de Christian Estrosi, pointant l’inefficacité d’une stratégie qualifiée de « tout sécuritaire ».
Selon le communiqué, la multiplication des caméras de vidéosurveillance et l’armement de la police municipale n’ont pas endigué la délinquance. Le groupe souligne que Nice reste confrontée à des problématiques lourdes, citant notamment les féminicides récents et une hausse des violences. Le coût du futur hôtel des polices, estimé à plus de 239 millions d’euros, est également critiqué, le mouvement préférant réorienter ces budgets vers l’action sociale et la présence humaine dans les quartiers.
Priorité à la prévention et à la proximité
Pour Mireille Damiano et ses colistiers, la réponse aux incivilités et aux trafics passe par un changement de paradigme : « Ouvrir une école, c’est fermer une prison ». Le programme propose dix mesures phares pour rétablir la tranquillité publique, en commençant par l’instauration d’une véritable politique de prévention. Cela inclut le développement de la médiation de rue et la lutte contre les facteurs de bascule dans la délinquance, tels que l’échec scolaire et la précarité.
Le rôle de la police municipale serait entièrement repensé. Le Nice Front Populaire souhaite la recentrer sur des missions de proximité et de dialogue, laissant le volet répressif et d’investigation à la Police Nationale. Le programme prévoit également de mettre fin à la « privatisation de la sécurité », en supprimant notamment la brigade privée « Gaida » et le recours aux sociétés de gardiennage pour les événements publics.
Santé publique et débat sur le cannabis
Sur le volet de la lutte contre les trafics de drogue, la liste avance des propositions audacieuses. Considérant les addictions comme un enjeu de santé publique, elle propose la création de centres de soins (CSAPA) avec hébergement et l’expérimentation de salles de consommation à moindre risque. Plus largement, le mouvement se prononce pour la légalisation du cannabis et souhaite que Nice impulse une expérimentation locale en ce sens, inspirée par les démarches de villes comme Strasbourg, afin d’assécher l’économie souterraine tenue par les réseaux criminels.
Redonner la parole aux citoyens
Enfin, pour sortir des « querelles partisanes » entre la Ville et l’État, le Nice Front Populaire s’engage à apaiser les relations institutionnelles et à impliquer les habitants. L’une des mesures clés consiste à lancer une « convention citoyenne locale sur la tranquillité publique », sur le modèle de la convention sur le climat, pour permettre aux Niçois de redéfinir collectivement les priorités de sécurité de leur ville.