NICE : Mémoire locale – La República de Nissa réclame…
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NICE : Mémoire locale – La República de Nissa réclame une véritable reconnaissance pour Catarina Segurana
Face aux promesses électorales, le mouvement occitan exige des actes concrets pour valoriser la figure de Catarina Segurana et la langue niçoise.
La figure emblématique de Catarina Segurana redevient un enjeu de premier plan dans le débat public local. Alors que le candidat Éric Ciotti a proposé, le dimanche 8 mars 2026, d’ériger une nouvelle statue en l’honneur de l’héroïne niçoise sur la place Garibaldi, l’organisation territoriale et culturelle República de Nissa monte au créneau. À travers un communiqué officiel, ce mouvement, qui revendique représenter cent sept communes et 526 295 habitants sous l’égide de la República Federala Occitana, rappelle aux acteurs politiques que la préservation de l’identité locale nécessite bien davantage que des annonces ponctuelles en période électorale.
La bataille mémorielle s’invite dans le débat
Pour les défenseurs de l’héritage niçois, les déclarations politiques récentes résonnent avec un goût persistant de déjà-vu. Le mouvement souligne avec acuité l’historique des engagements pris par le passé, ciblant particulièrement l’actuel premier édile. Selon leurs observations, Christian Estrosi avait déjà assuré en 2019 que l’arrêt de tramway « Garibaldi Le Château » serait rebaptisé sous l’appellation « Segurana Garibaldi ». Une promesse mémorielle qui s’est ajoutée à une autre annonce formulée en 2023 : celle de la création d’un nouveau monument dédié à Catarina Segurana, qui devait être implanté sur la colline du Château.
Face à cette proposition d’installer une nouvelle effigie sur la place Garibaldi, la República de Nissa oppose une tout autre vision de l’aménagement urbain. L’organisation estime qu’il serait plus pertinent de dédier une grande place entière de la ville à l’héroïne locale, plutôt que de superposer sa mémoire à celle de Giuseppe Garibaldi. Une démarche qu’ils ont d’ailleurs initiée de manière militante sur le terrain : le 28 septembre 2025, les membres du collectif ont procédé au renommage symbolique de la place de l’Île de Beauté en « Plaça Catarina Segurana ».
Un patrimoine existant laissé à l’abandon
Avant de projeter la création de nouvelles œuvres, les défenseurs de la culture occitane s’inquiètent de la sauvegarde de l’existant. Ils rappellent avoir célébré, le 25 novembre 2023, le centenaire du monument historique dédié à Catarina Segurana. Cet édifice commémoratif, érigé en 1923, avait vu le jour grâce à l’initiative de Menica Rondelly, figure de la culture locale et célèbre auteur de l’hymne « Nissa la Bella ».
Toutefois, l’état de conservation de ce pan de l’histoire locale alarme fortement l’association. Le 23 novembre 2024, une lettre a été adressée à la mairie de Nice pour alerter les autorités sur la dégradation préoccupante de la structure. Le monument actuel présente en effet des fissures importantes et plusieurs morceaux s’en sont détachés. La priorité absolue, selon le collectif niçois, réside donc dans la restauration d’urgence de cet héritage.
Une refonte toponymique ambitieuse
Au-delà de la figure centrale de Segurana, c’est une révision profonde de la toponymie urbaine qui est réclamée pour refléter l’histoire spécifique du territoire. La República de Nissa met sur la table une liste précise de modifications visant à rééquilibrer certaines appellations. Parmi les propositions phares, on retrouve la suggestion de transformer la place Masséna Nord en « Place des Barbets », et la place Masséna Sud en « Place Carlo Aubèrt », du nom du souverain du royaume de Sardaigne et roi de Nice entre 1831 et 1849.
Le projet inclut également la transformation du quai Napoléon en « Quai Pepin Garibaldi ». Plus radical encore, le mouvement propose le retrait des célèbres personnages sculptés par l’artiste Jaume Plensa, pour les remplacer par des symboles héraldiques locaux : quatre Aigles Rouges et trois Chauves-souris Noires.
Sauvegarder et transmettre la langue Nissart
La toponymie n’est que la face visible d’un combat plus vaste pour le retour de la culture originelle dans le quotidien des habitants. Le mouvement demande que la Ville de Nice s’engage de manière concrète pour que le dialecte Nissart soit à la fois visible et audible dans tous les espaces publics. Cela passerait par une intégration systématique dans les supports sonores de la municipalité, depuis les annonces dans le tramway jusqu’à la communication institutionnelle, en passant par les célébrations de mariages.
L’enjeu de la transmission aux nouvelles générations constitue l’ultime pilier de ces revendications. Le collectif sollicite un soutien à l’enseignement du Nissart au sein de toutes les écoles primaires de la ville, qu’elles soient publiques ou privées. En point d’orgue, la mairie est invitée à attribuer un local au projet de l’école primaire associative « Calandreta », fonctionnant sur le principe de l’immersion en Nissart. Le mouvement détaille l’ensemble de ses positions sur son site internet (www.nissapantai.com) et sa page Facebook (https://www.facebook.com/cristou.daurorenissa).


