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NICE : Maxime FOURNES : « Les candidats aux municipales doivent se positionner clairement face à l’IA »
Pause IA exhorte les candidats aux municipales de Nice à signer une charte pour s’engager contre les dérives de l’intelligence artificielle.
L’enjeu local d’une problématique mondiale
À l’approche du premier tour des élections municipales, l’association Pause IA lance un appel pressant aux candidats de la ville de Nice. L’objectif est de les inciter à signer une charte d’engagement face aux risques majeurs liés à l’intelligence artificielle (IA). Pour cette organisation de bénévoles, la réponse à ce défi technologique ne doit pas se limiter aux instances nationales ou internationales ; les élus locaux ont également un pouvoir d’action significatif pour informer la population et faire pression sur les pouvoirs publics.
« Les candidats aux municipales doivent se positionner clairement. Les collectivités peuvent jouer un rôle concret pour informer et porter la demande d’une pause du développement des modèles les plus avancés d’IA », déclare Maxime Fournes, cofondateur de Pause IA. Cet appel trouve déjà un écho favorable sur le territoire national. Des candidats de plusieurs grandes métropoles se sont d’ores et déjà engagés dans cette démarche, notamment à Nice, mais également à Metz, Lille, Brest, Nantes ou encore Clermont-Ferrand.
Quatre engagements concrets pour les élus
En apposant leur signature sur ce document, les futurs élus municipaux s’engagent à mettre en œuvre une série d’actions précises une fois leur mandat entamé. L’association propose quatre axes d’intervention à l’échelle communale ou métropolitaine. Le premier consiste à organiser une table ronde publique consacrée exclusivement aux risques existentiels engendrés par l’IA, afin de sensibiliser les administrés.
Le deuxième point vise une action politique institutionnelle : l’adoption d’un vœu municipal officiel appelant le gouvernement français à réclamer la mise en pause du développement des modèles les plus avancés. Par ailleurs, les signataires s’engagent à faire le lien avec la représentation nationale en interpellant directement les parlementaires de leur territoire par l’envoi d’un courrier argumenté. Enfin, le dernier axe de la charte prévoit l’implication des habitants à travers la mise en place d’une commission ou d’un panel citoyen spécifiquement dédié à l’évaluation des risques locaux de l’intelligence artificielle.
Des menaces existentielles et sociétales
Si l’association insiste pour porter ce sujet au cœur du débat démocratique local, c’est en raison de la vélocité des avancées technologiques. Selon Pause IA, l’intelligence artificielle dépasse d’ores et déjà les capacités humaines dans des domaines de plus en plus nombreux. Cette course effrénée exacerbe des périls d’une ampleur inédite.
Parmi les scénarios redoutés et mis en avant par le collectif, figurent notamment la facilitation du développement de pandémies artificielles et l’émergence de lourdes menaces pour la sécurité nationale et internationale. Sur le plan sociétal et démocratique, l’association alerte sur les capacités de manipulation des individus, avec une vulnérabilité particulière concernant les enfants. À cela s’ajoutent les craintes d’une désinformation orchestrée à grande échelle, le spectre d’un chômage de masse provoqué par l’automatisation, ainsi que des risques de violations systématiques des droits humains.
Une mobilisation qui s’intensifie à tous les niveaux
Cette offensive auprès des candidats aux élections municipales s’inscrit dans une stratégie globale de l’association, qui multiplie les interventions institutionnelles depuis plusieurs mois. Fin 2025, Pause IA avait notamment organisé un colloque au Sénat réunissant experts et élus pour appeler à une régulation proactive fondée sur le principe de précaution. L’organisation a également interpellé la Cour des comptes, dénonçant le manque de prise en compte des risques sécuritaires dans la stratégie nationale.
Plus récemment, le 27 février 2026, l’association portait son plaidoyer devant le Parlement européen. Ses représentants y ont alerté les eurodéputés sur les risques catastrophiques de la course à la super intelligence, exhortant l’Union européenne à utiliser ses leviers économiques pour peser sur la gouvernance mondiale.
L’objectif ultime : un moratoire international
Représentation française du mouvement international Pause AI Global, l’association revendique aujourd’hui un objectif clair : imposer un moratoire strict sur l’entraînement des systèmes d’intelligence artificielle générale (IAG). Le collectif estime que ce développement technologique doit être impérativement suspendu jusqu’à ce que toutes les conditions garantissant une sécurité absolue et un contrôle démocratique transparent soient réunies. Plus d’informations sur les actions du mouvement et la charte proposée aux candidats sont disponibles sur le site officiel de l’association (https://pauseia.fr/).