NICE : Laurent HOTTIAUX : « Il n’y a pas de liberté sans sû…
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NICE : Laurent HOTTIAUX : « Il n’y a pas de liberté sans sûreté »
Pour le préfet des Alpes-Maritimes, « 2026 sera une année durant laquelle nous aurons, encore, la lourde tâche d’assurer la sécurité de nos concitoyens dans notre beau département des Alpes-Maritimes ».
Cérémonie des vœux aux forces de sécurité intérieure.
L’intervention de Laurent HOTTIAUX, préfet des Alpes-Maritimes, à la cérémonie des vœux :
« Il n’y a pas de liberté sans sûreté. Et ce sont deux des droits imprescriptibles de l’Homme édictés à l’article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Ils sont le sens de notre rassemblement ici. Ils sont le sens de notre engagement depuis près de 2 siècles et demi, autour de l’État.
Protéger nos concitoyens, en risquant parfois votre vie pour garantir leur sécurité, relève de bien plus qu’un métier. Parmi ceux d’entre vous que j’ai rencontrés cette année sur le terrain, tous m’ont dit avoir leur vocation chevillée au corps. Pour le Préfet que je suis, c’est une source de fierté. À travers vous, c’est une partie de notre démocratie qui vit. Que vous soyez policiers nationaux ou municipaux, gendarmes, sapeurs-pompiers, douaniers, agents pénitentiaires, militaires de l’opération Sentinelle, agents de sécurité privée, bénévoles de la sécurité civile, vous tous avez contribué à ce que 2025 affiche un bilan opérationnel remarquable, dans un contexte que je sais difficile, marqué par une hyperviolence contre laquelle vous luttez chaque jour.
C’est pourquoi je vous exprime mon infinie gratitude, ainsi qu’à vos familles et à vos proches. Je le fais au nom du Gouvernement, que je représente, mais aussi au nom de centaines de milliers de maralpins, cette majorité silencieuse qui veut l’ordre et ne se résigne pas à la violence et au délitement du lien social. Il n’y a pas de fatalité dans la lutte contre l’insécurité Et je fais mienne la devise des Princes d’Orange : « Je maintiendrai ». Je maintiendrai l’ordre dans tout le département. Je maintiendrai l’ordre dans les grandes villes, à Nice, à Cannes, à Grasse, à Antibes, à Menton, à Nice bien sûr, où les policiers sont à l’œuvre, et la gendarmerie dans de nombreuses autres villes. Je maintiendrai l’ordre dans le haut et moyen Pays, qui voient la gendarmerie fournir un effort d’adaptation permanent. Je maintiendrai l’ordre à la frontière, avec les policiers de la police aux frontières, les douaniers, les gendarmes et les militaires de Sentinelle. Mesdames et Messieurs, Parmi les moments marquants de 2025 figure naturellement l’organisation de la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan en juin dernier à Nice. Ensemble, nous avons accueilli et accompagné près de 60 chefs d’État et de Gouvernement.. Nous avons eu le très grand honneur de recevoir le Chef de l’État ici-même au Palais.
Sarde, avec les impératifs de sécurité qui en découlent. Vous avez fait honneur à la France ! Le Président de la République avait eu l’occasion de vous féliciter en personne et je veux vous redire que ce succès, il est dû à votre engagement sans faille. L’évènementiel, qui est la marque de fabrique des Alpes-Maritimes et qui concourt à son attractivité, n’a pas faibli et avec lui une forte charge en matière d’ordre public. Festival de Cannes, carnaval de Nice, fêtes du citron et du mimosa, festivals et festins estivaux, marchés de Noël, rallyes, tournois, matches de football… sont autant d’évènements que vous rendez possibles. Ils exigent à chaque fois une préparation méticuleuse et un investissement de chaque instant.
Cette activité évènementielle, si elle vous a beaucoup accaparés, ne vous a pas empêchés de lutter contre la délinquance de voie publique. Vous avez également consacré vos efforts à lutter toujours plus fort contre l’hydre que représente le narcotrafic. C’est LA priorité et un des principaux défis que nous avons à relever. Là encore, les chiffres sont éloquents : Vous avez saisi 603 kg de résine de cannabis, 204 kg d’herbe de cannabis et 163 kg de cocaïne. Mais aussi 90 armes à feu et 22 armes de guerre. Vous avez également permis l’incarcération de 344 personnes. C’est une augmentation spectaculaire de 74 % par rapport à l’an dernier.
Dans le même temps, vous avez dressé 6426 amendes forfaitaires délictuelles, afin de toucher les consommateurs au portefeuille. C’est une augmentation de 40 % par rapport à 2024. Je saisis cette occasion pour saluer les représentants de l’autorité judiciaire et leur action déterminée. Et je me réjouis de l’adoption en juin dernier de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, qui renforce à la fois les pouvoirs des enquêteurs aussi bien que ceux dont disposent les Préfets au titre de la police administrative. Je les mets en œuvre avec force et détermination, qu’il s’agisse des interdictions de paraître sur les points de deal, de l’expulsion des trafiquants des logements qu’ils occupent ou bien encore des fermetures des commerces liés au blanchiment.
Mais les réseaux criminels de narcotrafic ne cessent de se transformer. Des résultats sans précédent sont obtenus, mais comme l’a rappelé le Premier Ministre, c’est une guerre de mouvements, qui prend du temps. Car les méthodes des narcotrafiquants s’apparentent de plus en plus à celles des terroristes. On l’a vu le 3 octobre dernier lors de la fusillade des Moulins qui a fait 2 morts et 5 blessés à Nice. Ce combat contre le narcotrafic est aussi à mener pour viser les consommateurs. On dénombre aujourd’hui en France 1 million de consommateurs quotidiens de cannabis et autant de consommateurs occasionnels de cocaïne.
Il y a des enjeux sanitaires, avec des consommateurs en grande difficulté et des politiques à la fois préventives et curatives. Et il y a naturellement un volet répressif et le Gouvernement prévoit de durcir les sanctions de ceux qui consomment. Le ministre de l’Intérieur Laurent NUÑEZ a déclaré récemment sa volonté de faire passer le montant de l’amende forfaitaire délictuelle à 500 euros, tout en améliorant le recouvrement. Un mot pour saluer aussi l’action de l’administration pénitentiaire, qui prend aussi sa part dans la lutte contre le narcotrafic et le Garde des Sceaux Gérald DARMANIN était d’ailleurs venu lui-même en novembre à Grasse pour évoquer les projets d’extension et à Nice pour une opération de fouilles XXL.
Vous le voyez Mesdames et Messieurs, face à des réseaux qui évoluent et adaptent leurs modes d’action en permanence, nous devons, nous aussi, nous adapter pour les combattre et nous ne lâcherons rien. Notre combat pour la sécurité du quotidien, ce combat qui permet à nos concitoyens de vivre paisiblement, n’a pas faibli, on l’a vu encore récemment avec la saisie d’importantes quantités de mortiers – 100 kg le 29 décembre dernier. Le fléau du protoxyde d’azote, qui touche particulièrement les plus jeunes, constitue un risque à la fois pour la santé et pour l’ordre publics. Le Ministre de l’Intérieur Laurent NUÑEZ a annoncé que le Gouvernement travaillait à un renforcement considérable de l’arsenal législatif visant à interdire le port, le transport et la consommation de manière généralisée du protoxyde d’azote qui, je le rappelle, est utilisé comme drogue même s’il ne figure pas sur la liste des stupéfiants. Pour ma part, sans attendre, j’ai comme vous la savez interdit par arrêté l’utilisation de ce produit dans l’espace public dans tout le département. La lutte contre l’insécurité routière demeure une constante de notre action et me donne l’occasion de saluer la mémoire d’Eric COMYN. 2025 a vu un renforcement considérable de la législation. La loi du 9 juillet dernier a ainsi créé le délit d’homicide routier, constitué en cas d’accident mortel causé par un automobiliste à la suite d’une conduite délibérément à risque comme l’état d’ivresse, la prise de drogues ou la conduite sans permis. Dans la même logique, un délit de blessures routières a également été créé.
Localement, vous avez mené de nombreux contrôles routiers qui ont abouti à une augmentation des arrêtés de suspension des permis de conduire – près de 4000 pour 2025, principalement et sans surprise pour conduite sous stupéfiants ou sous alcool et excès de vitesse. C’est une multiplication par 4 depuis 2017. À cette indispensable action répressive s’est conjuguée une politique de prévention très active puisque l’an dernier, 382 actions ont été animées par l’ensemble des partenaires de la sécurité routière. La lutte contre l’immigration illégale, qui mobilise policiers, douaniers, gendarmes et militaires de Sentinelle, n’a pas non plus connu de répit, dans un contexte qui, cette année encore, nous est plutôt favorable, puisque le flux des interpellés à la frontière se situe au même étiage que l’an dernier et donc à un niveau très inférieur à ce qu’il était il y a 2 ans.
C’est un bon résultat d’ensemble et je vous assure que pour ma part, vous pouvez compter sur ma détermination à expulser du territoire tous les étrangers en situation irrégulière qui troublent l’ordre public. J’en profite pour mentionner qu’il est essentiel que soit déployé très rapidement le pacte sur la migration et l’asile, en particulier parce que le dispositif de « non-entrée sur le territoire européen » permettra de retenir les personnes le temps que les procédures soient mises en œuvre. D’ici la mi-juin normalement, un premier filtrage des personnes qui tentent d’entrer de manière irrégulière sur le territoire européen sera mis en place aux frontières extérieures de l’Union. Ce filtrage sera réalisé par les États membres dans des centres situés à proximité des frontières extérieures de l’Union ainsi que dans les aéroports. Les personnes dont la demande d’asile est rejetée, au terme d’une procédure à la frontière ou normale, devront être renvoyées dans leur pays d’origine ou un pays de transit. Nous avons d’ailleurs mis en place à l’aéroport de Nice le système d’entrée/sortie, dispositif européen de contrôle aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Sur le front de la sécurité civile, 2025 nous a relativement épargnés, grâce notamment à la parfaite préparation de la saison estivale des feux de forêt et à la montée en puissance des dispositifs de surveillance préventive, de coordination air/sol et détection rapide, soit la mise en œuvre de la doctrine nationale du « frapper vite et fort » Je salue spécialement nos sapeurs-pompiers qui ont répondu à l’appel à la solidarité nationale et qui sont partis prêter main forte à leurs collègues dans l’Aude, dans le massif des Corbières, qui a vu 16 000 hectares partir en fumée, des évacuations massives et qui a fait un mort. Nous serons attentifs aux suites du Beauvau de la sécurité civile, dont la synthèse doit faire l’objet d’un futur projet de loi de modernisation de la Sécurité civile. La lutte contre l’entrisme islamiste va quant à elle continuer et s’intensifier. Il existe aujourd’hui un islamisme dont nos services observent la matrice idéologique : la prééminence de la loi coranique sur la loi républicaine ; l’infériorisation de la femme ; et l’antisémitisme qui se découvre sous le masque de l’antisionisme. Nous passons de la lutte contre le séparatisme à la lutte contre l’entrisme islamiste.
De notre côté, nous le combattons sur le terrain tous les jours. Grâce au travail du groupe d’évaluation départemental, nous continuerons ainsi les contrôles systématiques des écoles hors contrat, des associations et des clubs de sport. Je n’oublie pas le haut du spectre et voudrais rendre hommage à nos services qui, même si cela ne fait pas la une de la presse, déjouent des attentats. J’y associe naturellement les militaires de l’opération Sentinelle qui, dans la rue, et par leur seule présence, rassurent les maralpins comme les touristes. La vigilance sera encore de mise en 2026, parce que la menace n’a jamais été aussi élevée. Elle est davantage polymorphe, avec des personnes qui se sont radicalisées de façon différente, qui ont des volontés de passer à l’acte différentes, avec davantage d’autonomisation des individus, c’est-à-dire moins de contact direct avec les organisations terroristes, et un très fort rajeunissement des personnes mises en cause. Enfin, 2026 verra par ailleurs l’aboutissement d’un chantier de longue haleine et emblématique de la coopération entre les polices nationale et municipale dans les AlpesMaritimes : la livraison de l’hôtel des polices de Nice, dont je salue le nouveau directeur de projet Johan PORCHER. Chantier prioritaire pour le ministère de l’Intérieur, cet hôtel des polices aura vu la mobilisation de moyens sans précédent au profit de la sécurité des niçois : 243 millions d’euros dont 173,5 millions payés par l’État. À titre d’exemple, cette somme représente la construction de 4 à 5 commissariats en France !
Nous suivrons également avec attention le parcours du projet de loi relatif à l’extension des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales. J’ose dire que nous sommes, grâce au volontarisme des élus locaux, grâce à vous Mesdames et Messieurs les Maires, un département à l’avant-garde et je me félicite de tout ce qui peut concourir au renforcement des capacités des policiers municipaux. Je souhaite dire un mot de la coopération transfrontalière qui est je crois à son meilleur niveau. C’est vrai avec les autorités italiennes, notamment les Préfets de Cuneo et d’Imperia avec lesquels les échanges sont constants ; et notre centre de coopération policière et douanière constitue d’ailleurs une illustration de la qualité exceptionnelle de cette entente.
C’est vrai aussi naturellement avec les autorités monégasques, avec lesquels les relations sont quotidiennes. Ce fut le cas durant l’UNOC, c’est aussi le cas lors des matches de football ou bien encore, comme dans quelques jours, lors du rallye de Monte Carlo et je pourrais multiplier les exemples. 2026, enfin, sera une année de recueillement puisque nous commémorerons les dix ans de l’attentat du 14 juillet 2016. Nous nous souviendrons de celles et ceux emportés par la barbarie islamiste, de la force et de la cohésion qui furent alors les nôtres pour surmonter l’effroi et qui ne nous ont pas quitté depuis ».