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NICE : Langue niçoise – Une association dépoussière le « nissart » à l’ère numérique

L’association Fin amor e Gai saber modernise l’apprentissage du niçois avec des cours en ligne, un podcast et des emojis pour le rendre désirable.

Loin des clichés d’un folklore suranné, la langue niçoise, ou « nissart », connaît un véritable renouveau grâce à des initiatives qui la projettent résolument dans le 21ème siècle. À Nice, l’association Fin amor e Gai saber, portée par une artiste engagée, s’est donné pour mission de redonner au parler local une image forte, moderne et décomplexée. L’objectif est clair : faire du niçois une langue vivante, utilisée au quotidien et perçue non comme un vestige du passé, mais comme un atout culturel contemporain.

Une image « glamour » et décomplexée

Pour dépoussiérer la pratique du niçois, l’association a choisi un angle audacieux, celui du « glamour ». La fondatrice de l’initiative, active depuis plus de vingt ans dans la promotion de la culture locale, assume ce positionnement. « J’ai fait un choix clair : lui donner une image glamour. Oui, glamour. Moderne, élégante, incarnée », explique-t-elle. Cette vision vise à combattre l’autocensure et à encourager une pratique fière de la langue. « Montrer que parler niçois, ce n’est pas être tourné vers le passé, mais au contraire affirmer une identité vivante, cultivée, consciente d’elle-même », poursuit-elle. Pour elle, parler sa langue est un acte fort qui permet de se relier à son territoire et de ne pas se diluer dans la globalisation. Elle ajoute avec une pointe d’humour : « Celui qui parle niçois, il a trop la classe ! ». L’ambition est de faire du niçois une langue de création exigeante, capable de porter des messages profonds et actuels.

Une méthode d’apprentissage structurée et accessible

Au cœur de ce projet se trouve la formation « Le niçois en accéléré », une méthode conçue pour accompagner les personnes désireuses d’apprendre ou de perfectionner leur pratique. L’association propose une approche structurée pour rendre la langue accessible au plus grand nombre. Les inscriptions pour la session du mois d’avril sont actuellement ouvertes, et un premier cours d’essai est offert gratuitement pour permettre aux curieux de découvrir la méthode. Pour ceux qui souhaitent passer de la théorie à la pratique, des séances de conversation sont également organisées. Ces sessions de 45 minutes, proposées à l’unité (20 €) ou par forfait de dix (150 €), offrent un cadre bienveillant pour oser se lancer, vaincre ses hésitations et progresser rapidement.

Du podcast aux emojis : le niçois s’invite au quotidien

Pour ancrer durablement le niçois dans les usages modernes, l’association déploie des outils numériques innovants. Un podcast, intitulé « Parla la lenga », vient d’être lancé. Porté par les élèves de la formation, il vise à faire entendre la langue telle qu’elle se vit aujourd’hui. Le premier épisode propose un témoignage touchant où une jeune femme interroge son père, originaire d’Entrevaux, sur ses souvenirs d’enfance liés à la langue, entre fierté et parfois honte à l’école. L’épisode est disponible en ligne sur le site de l’association (www.zine.fr/parlalalenga). Parallèlement, pour investir les conversations numériques, un pack d’une vingtaine d’emojis en graphie niçoise classique est mis gratuitement à disposition. Il suffit d’en faire la demande par mail pour recevoir le pack complet et commencer à intégrer le « nissart » dans les échanges sur les réseaux sociaux.

Un écho concret au cœur de la cité

La démarche de l’association trouve déjà un écho visible dans la vie niçoise. En guise d’exemple, la fondatrice cite le cas de René Cappan, un paysan qui a récemment installé une pancarte en niçois sur son stand au célèbre Marché de la Libération, à Nice. Ce geste simple mais symbolique témoigne d’une réappropriation de la langue dans l’espace public et commercial. C’est la preuve, selon l’association, que le niçois a toute sa place partout, bien au-delà des cercles d’initiés. « Parler sa langue, ce n’est pas un détail. C’est un acte », martèle la responsable du projet, qui encourage chacun à passer à l’action.    « La langue niçoise n’est pas une option. C’est une richesse. Et elle mérite qu’on la porte avec fierté… et avec style. »