NICE : Julien PICOT (PCF) : « Une instrumentalisation cynique des convictions »
Julien Picot, secrétaire du PCF 06, dénonce la posture de Christian Estrosi, l’accusant d’instrumentaliser la lutte antifasciste.
L’annonce par Christian Estrosi de son intention d’organiser une manifestation antifasciste à Nice a déclenché une réaction virulente de la part du Parti Communiste Français des Alpes-Maritimes. Dans un communiqué daté du 18 mars 2026, Julien Picot, secrétaire départemental du parti, fustige une manœuvre qu’il qualifie d’« instrumentalisation cynique des convictions et des croyances » et accuse le maire de Nice d’un opportunisme électoral flagrant.
Une conversion jugée opportuniste
Le PCF 06 s’étonne de voir Christian Estrosi se draper soudainement en « chef de file de l’antifascisme », rappelant des prises de position passées du maire qui semblent en contradiction avec cette nouvelle posture. Julien Picot cite des déclarations dans lesquelles l’édile voyait des « cinquièmes colonnes » et des « réseaux infiltrés dans nos caves et nos garages » ou dénonçait « la présence d’une population étrangère » qui « dégrade » et « coûte » cher. Pour le secrétaire communiste, cette volte-face est une tentative de réécriture de son image politique.
Le communiqué souligne également une démarche jugée paradoxale à l’approche de l’Aïd, période durant laquelle le maire tenterait, « par pur opportunisme électoral », de séduire les habitants des quartiers populaires et les croyants. « Il feint les excuses comme si tout pouvait s’effacer d’un revers de main », tacle Julien Picot, qui voit dans cette séquence une preuve de cynisme politique.
Des alliés politiques dans le viseur
La critique s’étend au-delà de la seule personne du maire. Le PCF met en cause une stratégie plus large qui, selon lui, bafoue les principes de la République laïque. Éric Ciotti est également visé, accusé de s’enfermer dans une « fuite en avant dangereuse » en promouvant une « France “judéo-chrétienne” fantasmée » qui attise les peurs et fracture la société.
Les « actes, eux, ne mentent pas », insiste le communiqué, qui cible ensuite des membres de l’équipe municipale. Le cas de l’adjoint Graig Monetti est rappelé : lors des dernières élections législatives, son maintien face à Éric Ciotti, malgré un score inférieur à celui du candidat du Nouveau Front populaire au premier tour, est présenté comme un refus de faire barrage républicain. Gaël Nofri, un autre adjoint de Christian Estrosi et ancien conseiller de Marine Le Pen, est également critiqué pour ses propos sur la « submersion migratoire ». Pour le PCF, ces pratiques sont « indignes » et relèvent d’un « mépris absolu » envers une partie des citoyens.
Priorité aux besoins sociaux sur les « postures »
Face à ce qu’il nomme des « opérations de communication », le Parti Communiste Français entend rappeler les attentes concrètes des Niçois, en particulier ceux des quartiers populaires. « Ils attendent des logements dignes, des transports efficaces, la sécurité du quotidien, des crèches, des écoles, des centres de santé, du pouvoir d’achat et des services publics à la hauteur de leurs besoins », énumère le communiqué.
Refusant catégoriquement cette « stratégie de division », Julien Picot conclut en réaffirmant l’attachement de son parti à une « République fondée sur le vivre-ensemble, sur l’égalité réelle et sur la justice sociale ». Il oppose aux manœuvres politiciennes une vision laïque qui ne trie pas les citoyens selon leur origine ou leur religion. « Chaque citoyen a les mêmes droits, les mêmes devoirs. Là est notre boussole. Nous ne céderons ni aux calculs opportunistes, ni aux peurs attisées », affirme-t-il, promettant de rester fidèle aux valeurs fondamentales de la République.
via Press Agence.