NICE : Julien PICOT : « Oublier Séraphin TORRIN et Ange GRA…
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NICE : Julien PICOT : « Oublier Séraphin TORRIN et Ange GRASSI serait les trahir »
À l’occasion du 82ème anniversaire de leur exécution, un hommage a été rendu à Nice aux résistants communistes Séraphin Torrin et Ange Grassi.
Ce mardi 7 juillet 2026, Nice a commémoré le 82ème anniversaire du martyre de Séraphin Torrin et Ange Grassi, deux résistants communistes pendus en pleine rue par l’occupant nazi le 7 juillet 1944. Dans une tribune, Julien Picot, secrétaire départemental du Parti Communiste Français des Alpes-Maritimes, a rappelé la nécessité de préserver leur mémoire, affirmant qu’elle demeure « d’une brûlante actualité » face aux résurgences des discours de haine.
Un sacrifice pour terroriser, devenu symbole
Il y a 82 ans, les corps de Séraphin Torrin et Ange Grassi ont été laissés suspendus durant plusieurs heures aux réverbères de l’actuelle avenue Jean Médecin. Leur supplice public, après des jours de torture et un simulacre de procès, visait à terroriser la population niçoise et à décourager toute action de la Résistance.
« Leur seul crime était d’avoir choisi la Résistance contre l’occupant nazi et ses complices, au nom de la liberté, de la justice et de la fraternité », rappelle Julien Picot.
Selon lui, cette démonstration de barbarie a produit l’effet inverse. « Les bourreaux voulaient faire un exemple. Ils en ont fait un symbole. Celui d’un engagement sans faille, du courage face à la barbarie et du sacrifice consenti pour une France libre, démocratique et solidaire ». Loin de briser le mouvement, leur exécution a renforcé la détermination des combattants, prélude à l’insurrection de l’arrière-pays et à la Libération des Alpes-Maritimes en août 1944.
L’engrenage de la répression
Le contexte de l’été 1944 était marqué par une multiplication des actions des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) dans le département. Après plusieurs attaques contre des soldats allemands, notamment à Gattières et à Nice, le commandement nazi a décidé d’organiser une répression féroce.
Le 3 juillet 1944, une unité de SS a investi le village de Gattières. Lors des perquisitions, deux pistolets ont été découverts au domicile de Séraphin Torrin, ouvrier niçois, et d’Ange Grassi, maçon d’origine italienne. Ce dernier, ancien combattant des Brigades internationales en Espagne, avait été déchu de sa nationalité française par le régime de Vichy.
Emprisonnés aux Nouvelles Prisons de Nice, les deux hommes ont subi d’atroces tortures pour livrer les noms de leurs camarades. Ils ne parleront jamais. Le 7 juillet 1944, vers 16 heures, ils ont été conduits sur l’avenue de la Victoire pour y être pendus face aux Galeries Lafayette, devant une foule bouleversée mais tenue à distance.
Le devoir de mémoire, un combat toujours actuel
Chaque année, le Comité du Souvenir de la Résistance niçoise et le Parti Communiste Français des Alpes-Maritimes se rassemblent pour honorer la mémoire de ces deux martyrs. La cérémonie de cette année a réuni militants de toutes générations, soulignant l’importance de la transmission de cet héritage.
Pour Julien Picot, ce devoir de mémoire est un acte de résistance en soi.
« À l’heure où les idées d’extrême droite, les discours de haine et les replis identitaires connaissent un regain inquiétant, leur exemple demeure d’une brûlante actualité », insiste-t-il.
« Se souvenir, c’est résister. Commémorer, c’est poursuivre le combat pour une République sociale, fraternelle et démocratique », poursuit le secrétaire départemental.
En conclusion de son hommage, il réaffirme l’engagement à faire vivre les valeurs pour lesquelles ces deux héros ont donné leur vie.
« Oublier Séraphin Torrin et Ange Grassi serait les trahir ».
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

