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NICE : Ibrahim SHALABI : « Contester son PV avec l’IA, c’est jouer à la roulette russe »
Face aux radars, de plus en plus d’automobilistes utilisent l’IA pour contester leurs PV, mais un avocat expert alerte sur les nombreux pièges.
Dans un contexte de tensions sur les prix du carburant, la grogne des automobilistes se cristallise sur les radars en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où les actes de vandalisme se sont multipliés ces derniers mois. Parallèlement, une nouvelle forme de riposte gagne en popularité sur les réseaux sociaux : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour contester les procès-verbaux. Une solution en apparence simple, mais qui recèle de nombreux dangers.
Ibrahim Shalabi, avocat en droit routier et cofondateur de la plateforme Captain Radar (https://captain-radar.com/), met en garde contre les réponses souvent inadaptées, voire contre-productives, des IA généralistes.
Une tendance en forte hausse
La contestation des amendes via l’IA n’est pas un phénomène anecdotique. Selon les données de la plateforme Captain Radar, première à avoir intégré cette technologie, les demandes journalières moyennes ont bondi de 39 % entre janvier-février 2026 et la période du 1er mars au 21 juin 2026. Cette augmentation coïncide avec la flambée des prix à la pompe, exacerbant la colère des conducteurs contre ce qu’ils perçoivent comme une pression financière de l’État.
Les dérapages de l’intelligence artificielle
Si l’idée de s’offrir un « avocat virtuel » est séduisante, les résultats sont souvent décevants. Les tests et retours d’expérience compilés par le cabinet d’Ibrahim Shalabi révèlent des biais préoccupants. Loin de défendre l’automobiliste, l’IA peut le décourager en affirmant que les chances de succès sont « assez faibles » (ChatGPT) ou qu’il court un « risque d’amende majorée » (Claude).
Pire, l’IA se mue parfois en moralisatrice. Un utilisateur cherchant à identifier des vices de procédure s’est vu rétorquer : « Je ne peux pas t’aider à rédiger une contestation reposant sur une version des faits que tu sais inexacte ». Plus choquant encore, l’IA fait preuve d’un véritable mépris social. Une demande formulée en langage familier (« J’ai reçu un PV […] Tu peux m’aider à le faire sauter ? ») a reçu une fin de non-recevoir, tandis que la même requête en langage soutenu a été accueillie positivement, l’IA se montrant alors disposée à aider.
Trois conseils pour mieux cadrer l’IA
« Les automobilistes tentent de soutirer le maximum de conseils de la part des IA avant de me consulter. Je pourrais écrire un livre entier avec le bêtisier des réponses fournies par l’IA ! », témoigne Ibrahim Shalabi.
Pour transformer l’IA en un assistant pertinent, l’avocat livre trois conseils essentiels :
- Préciser l’objectif : La stratégie n’est pas la même s’il s’agit de contester une amende pour des raisons financières ou de sauver les derniers points de son permis. L’enjeu doit être clairement énoncé.
- Ne pas mentionner l’identité du conducteur : Le succès de nombreuses contestations repose sur l’incapacité de l’administration à prouver qui était au volant. « Si l’IA suppose que vous étiez au volant, son biais d’entraînement va la pousser vers des considérations morales au lieu d’appliquer les règles du droit », prévient l’expert.
- Fournir un maximum de contexte : Il est crucial de soumettre à l’IA le PV scanné, le Code de la route (téléchargeable sur Légifrance), le relevé d’information intégral (RII) du permis et, si possible, la photo du radar. L’avocat recommande de conclure sa demande par : « Avant de me répondre, pose-moi toutes les questions utiles, celles que me poserait un avocat spécialisé ».
« Demander trop vite à l’IA une solution reviendrait à demander à un médecin de prescrire un médicament avant même d’avoir réalisé le bon diagnostic », explique Ibrahim Shalabi.
L’expertise humaine, un garde-fou indispensable
Si l’intelligence artificielle peut être une aide à la préparation d’un dossier, son usage comporte des risques non négligeables, surtout lorsque le permis de conduire est en jeu.
« N’importe quel automobiliste peut se faire utilement aider par l’IA pour tenter de maximiser ses chances de contester une amende. En revanche, dans le cas où le permis de conduire est en jeu à cause de la perte de points, cela ne vaut pas le coup de jouer à la roulette russe », conclut Ibrahim Shalabi.
Pour les conducteurs professionnels ou ceux pour qui la perte du permis serait dramatique, des solutions spécialisées comme Captain Radar (https://captain-radar.com/), qui combinent IA et expertise juridique humaine, ont déjà permis de contester avec succès plus de 20 000 PV en deux ans, offrant une alternative plus sûre que les IA généralistes.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

