NICE : État et avenir de la Méditerranée (UNOC)
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NICE : État et avenir de la Méditerranée (UNOC)
Le Plan Bleu présente son rapport prospectif sur l’avenir de la Méditerranée.
Le Plan Bleu, organisme mandaté par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, présentera son troisième rapport prospectif sur l’avenir de la Méditerranée. Plus d’une centaine de chercheurs de vingt pays ont collaboré pour développer six scénarios, allant du pire au meilleur, sur les évolutions possibles d’ici à 2050.
Le Plan Bleu, créé en 1977 dans le cadre du Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM) du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a pour mission de produire des études destinées aux décideurs et à la société civile des pays méditerranéens. Le rapport MED 2050, troisième exercice de prospective après ceux de 1989 et 2005, vise à anticiper les évolutions des écosystèmes méditerranéens et à déterminer les conditions de leur résilience à long terme.

Des scénarios contrastés pour un avenir incertain.
Le rapport MED 2050 présente six scénarios contrastés sur l’avenir de la Méditerranée d’ici à 2050. Ces scénarios intègrent les ruptures possibles, les visions des acteurs sur le futur de la Méditerranée, et des scénarios contrastés sur les évolutions possibles. Plus d’une centaine d’experts de vingt pays ont collaboré à cette étude, malgré un contexte marqué par le COVID-19.
Des tendances lourdes et des incertitudes majeures.
La Méditerranée est la région du monde qui se réchauffe le plus rapidement après l’Arctique. Elle est également l’une des régions les plus polluées par les plastiques et la plus surexploitée en termes de pêche. Les tendances démographiques, climatiques et économiques auront des conséquences majeures sur la région d’ici à 2050. Le rapport identifie également des risques de crises ou de ruptures, notamment en raison de la dégradation des écosystèmes marins et de la pression sur les ressources.

Des visions et des enjeux pour une Méditerranée durable.
Le rapport MED 2050 a consulté des jeunes méditerranéens et des personnalités très diverses sur leurs visions du futur de la région. Les sociétés méditerranéennes sont face à une multiplicité de crises, avec des propos convergents sur la dégradation de l’environnement, le risque de marginalisation économique, les tensions sociales et politiques, et l’augmentation des inégalités. Cependant, certains voient dans ces crises des opportunités pour l’avenir.
Six scénarios pour l’avenir de la Méditerranée.
Le rapport propose six scénarios contrastés pour l’avenir de la Méditerranée d’ici à 2050. Ces scénarios décrivent autant de trajectoires possibles vers 2050, en mettant en évidence des blocages ou des marges de manœuvre pour l’action à court, moyen et long terme. Les scénarios vont de l’inertie et la marginalisation de la Méditerranée à un partenariat euro-méditerranéen pour une transition bleue-verte, en passant par un autre modèle de développement durable spécifiquement méditerranéen.
Des conclusions et des suites.
De cette prospective sur la Méditerranée à 2050 se dégagent plusieurs conclusions. Sauf bifurcations majeures, la Méditerranée sera d’ici à 2050 dans une situation bien plus alarmante qu’aujourd’hui. L’attentisme et la politique des petits pas ne sont pas des solutions stables et tenables à long terme. Il faudra des solutions de rupture face aux ruptures déjà annoncées. La région méditerranéenne pourra de moins en moins compter uniquement sur ses propres forces pour surmonter les défis qui sont devant elle.

Quelques tendances chiffrées à l’horizon 2050.
• Climat : La Méditerranée est la deuxième région du monde qui se réchauffe le plus rapidement après l’Arctique. En 2020, +1,5°C par rapport à la période préindustrielle. Selon les scénarios du MedECC : +2,2°C (entre +2°C/+2,5°C).
• Population : La population régionale va continuer à croître de 20 à 30 % pour atteindre entre 630 et 690 millions d’habitants en 2050 contre 520 millions aujourd’hui.
• Transition urbaine : Taux d’urbanisation moyen pour la Méditerranée : 72 % en 2020, 82 % en 2050.
• Pêche et aquaculture : Taux de surpêche : 73 % en 2020 et 58 % en 2021. Pêche : 1,08 million de tonnes en 1994, 0,66 million de tonnes en 2021. Aquaculture : 3,2 millions de tonnes en 2021, entre 4 et 5 millions de tonnes en 2050.
• Pollution plastique : La Méditerranée est la zone marine la plus polluée par les plastiques dans le monde : 8 fois plus que la moyenne mondiale. 260 000 tonnes en 2015. Les déversements de plastique dans la mer devraient être multipliés par 1,5 à 2.
• Risque de pénurie d’eau : 180 millions de personnes dans le Sud et l’Est sont confrontées à une pénurie d’eau (moins de 1000 m3/an.hab). 80 millions de personnes en situation de pénurie extrême (moins de 500 m3/an.hab). 75 % des ressources sont dans le Nord. En 2050, la quasi-totalité de la population autour du bassin souffrira de pénuries d’eau dues aux sécheresses.
• Énergie primaire : Demande en énergie : 1 022 Mtep en 2018, 1 404 Mtep en 2050 (+37 %). Énergie fossile : 777 Mtep en 2018, 1026 Mtep en 2050. Énergie renouvelable : 120 Mtep en 2018, 268 Mtep en 2050. Énergie nucléaire : 124 Mtep en 2018, 110 Mtep en 2050.
Source photo et texte : Plan Bleu
La prospective sur l’avenir de la Méditerranée nous invite à repenser notre rapport à l’environnement et à la durabilité. Il est essentiel de promouvoir des solutions innovantes et solidaires pour préserver les écosystèmes et assurer un avenir viable pour les générations actuelles et futures.

