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NICE : Culture – Une donation exceptionnelle dévoile les coulisses de la création de Chagall
Le musée national Marc Chagall expose dès samedi une donation exceptionnelle de 141 œuvres dévoilant les recherches techniques et scéniques du maître.
C’est un événement majeur pour la scène culturelle niçoise et l’histoire de l’art du 20ème siècle. À partir de ce samedi 7 février, le musée national Marc Chagall lève le voile sur l’exposition « Chagall à l’œuvre », rendue possible grâce à la générosité des petites-filles de l’artiste, Bella et Meret Meyer. Cette donation d’envergure, entrée dans les collections nationales via le Centre Pompidou en 2022, offre une plongée inédite dans l’intimité de l’atelier du peintre.
Présenté en deux volets successifs, ce parcours riche de cent quarante et une œuvres témoigne de la curiosité insatiable de Marc Chagall pour la diversité des supports, de la scène à la céramique, en passant par le monumental.
Les coulisses du plafond de l’Opéra Garnier.
Pièce maîtresse de cette exposition, le premier ensemble consacré à la commande du plafond de l’Opéra de Paris permet de comprendre la genèse d’un projet titanesque. En 1960, André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, souhaite moderniser l’institution et sollicite Chagall pour un nouveau décor. L’artiste accepte, à condition de ne pas être rémunéré.
Le musée présente quarante et une esquisses et maquettes qui retracent ce processus créatif complexe. On y découvre comment Chagall a d’abord pensé sa composition en rythmes colorés avant d’y intégrer les figures des grands compositeurs qu’il vénérait, de Mozart à Ravel, en passant par Debussy. Ce plafond de plus de 220 m², inauguré en septembre 1964, fut un défi technique et artistique, venant se superposer à l’œuvre académique de Jules Eugène Lenepveu.
À travers ces études préparatoires, le public perçoit l’hommage vibrant rendu par le peintre à la capitale française. « Choses, nature, gens, éclairés de cette lumière-liberté baignaient, aurait-on dit, dans un bain coloré », disait Chagall en évoquant Paris.
Le mouvement et la scène.
L’exposition met également en lumière le rapport charnel que Chagall entretenait avec le spectacle vivant. Un deuxième volet du parcours rassemble soixante-quatre esquisses de rideaux de scène et de costumes réalisés pour le ballet *L’Oiseau de feu*.
Créé sur la partition d’Igor Stravinsky et repris par le Ballet Theater de New York en 1945, ce projet a permis à l’artiste d’expérimenter la monumentalité et le mouvement des corps. Les documents exposés révèlent une facette moins connue du maître : celle d’un scénographe visionnaire capable de transposer son univers onirique dans l’espace tridimensionnel de la scène.
L’exploration de la matière.
Au-delà de la peinture, « Chagall à l’œuvre » insiste sur l’incroyable polyvalence de l’artiste, particulièrement après son installation à Vence en 1949. Douze céramiques et sculptures témoignent de son travail de la terre et de la pierre, né de ses rencontres avec les artisans locaux comme les Ramié.
L’exposition fait aussi la part belle à ses recherches formelles des années 1960 et 1970 à travers vingt-quatre collages. Papiers et tissus découpés ne sont pas ici de simples brouillons, mais de véritables laboratoires d’idées où la couleur et la forme dialoguent librement.
Ce premier volet de l’exposition est visible jusqu’au 17 mai 2026, avant de laisser place à une seconde présentation à partir du 23 mai. Une occasion rare de redécouvrir l’œuvre de Chagall sous le prisme de la technique et de l’innovation.
Plus d’informations sur le site du musée (https://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/