NICE : Christian Estrosi, réélu président de la Métropole
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NICE : Christian Estrosi, réélu président de la Métropole
A l’occasion de la mise en place du nouveau conseil métropolitain, Christian Estrosi a été réélu aujourd’hui Président de la Métropole Nice Côte d’Azur avec 93 voix sur les 114 suffrages exprimés, soit 81,6% des voix.
Christian Estrosi, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur :

« Les résultats du vote de ce matin sont clairs. La clarification que je souhaitais, lorsque je vous ai présenté ma démission le 10 juillet, a bien eu lieu. Nous avons aujourd’hui 91 clairs, et 21 clairs. En votant aussi largement pour ma candidature, vous avez clairement exprimé votre volonté. Ni lepéniste ni mélenchoniste dans cet exécutif : c’est pour nous tous une ligne rouge absolue. Mais c’est la seule. Je ne ferme la porte à personne, tant que le refus de la compromission avec les extrêmes est clairement affirmé. Le chaos national de ces dernières semaines a eu au moins ce mérite. Il nous a conduit à nous rassembler autour de nos valeurs et à retrouver l’esprit des fondateurs. Douze ans après sa première naissance, ce 19 juillet 2024 marque ainsi une seconde naissance pour notre Métropole ».
Conseil métropolitain du 19 juillet 2024
Propos de Monsieur le Président
Mes chers collègues,
Je veux commencer par citer les noms des 7 victimes du tragique incendie d’hier.
Ils s’appelaient :
Ahamada Abdou KASSIM
Sihi Abdou KASSIM
Salma MOHAMED
Affridy MAANROUF
Sandjema ALI
Habid Omar AHAMADA
Oumaya AHAMADA KASSIM
Ils étaient enfants, adolescents, adultes et sont morts hier dans un incendie terrible qui a profondément choqué les habitants de notre Métropole.
Notre Métropole honore leur mémoire et salue les trois survivants de cette famille décimée.
Afouwady MAANROUF
Zzyroudone MAANROUF
Zzykidine MAANROUF, qui est toujours gravement blessé. Nous espérons qu’il se rétablira.
*
Je veux désormais remercier notre doyen de séance, Monsieur le maire de Clans, Roger MARIA.
Vous qui avez tant donné à ce village depuis 16 ans et qui continuez aujourd’hui à œuvrer pour son avenir.
Je crois que vous symbolisez parfaitement l’esprit même de cette Métropole. Un esprit de complémentarité, de dévouement et de solidarité, en toutes circonstances.
Avec vous comme doyen de cette assemblée, l’histoire fait bien les choses.
Non seulement parce que Clans est une silhouette que nous connaissons tous très bien, mais aussi parce que sur votre monument aux morts, on peut lire cette inscription : « Maudits soient les
responsables de la guerre et honneur à ceux qui ont travaillé pour la paix ».
Une phrase à méditer particulièrement aujourd’hui.
Je veux aussi saluer la mémoire d’Angelin BUERCH, qui a été trois fois le doyen de notre séance et qui nous a quittés en 2021.
Son dévouement pour notre Métropole nous guide tout particulièrement aujourd’hui.
*
Je me tourne désormais vers vous, Mesdames et Messieurs les conseillers métropolitains, mes chers collègues.
Je veux remercier toutes celles et tous ceux qui m’ont accordé leur confiance.
Elle m’honore et elle m’oblige.
Je veux aussi dire à ceux qui ont fait un autre choix que je veillerai à ce que chacun puisse, comme par le passé, occuper la place qui lui revient de droit pour œuvrer aux travaux de nos différentes
commissions et institutions.
Je n’oublie pas que chacun dans cet hémicycle a été désigné conseiller métropolitain par le vote démocratique, avec l’ensemble des prérogatives que prévoit le Code général des collectivités
territoriales.
Mesdames et Messieurs les conseillers métropolitains, mes chers collègues,
Les résultats du vote de ce matin sont clairs.
La clarification que je souhaitais, lorsque je vous ai présenté ma démission le 10 juillet, a bien eu lieu.
En votant aussi largement pour ma candidature, vous avez clairement exprimé votre volonté.
Ni lepéniste ni mélenchoniste dans cet exécutif : c’est pour nous tous une ligne rouge absolue.
Mais c’est la seule. Je ne ferme la porte à personne, tant que le refus de la compromission avec les extrêmes est clairement affirmé.
Le chaos national de ces dernières semaines a eu au moins ce mérite.
Il nous a conduit à nous rassembler autour de nos valeurs et à retrouver l’esprit des fondateurs.
Douze ans après sa première naissance, ce 19 juillet 2024 marque ainsi une seconde naissance pour notre Métropole.
*
Il y a 12 ans, cette Métropole est née d’une évidence.
***
Celle de notre communauté de destin.
Entre nos communes et nos populations existent des liens puissants.
Ceux de l’eau, si importants depuis le haut de nos montagnes jusqu’au bord de la Méditerranée, puisque nous appartenons à un seul et même bassin versant.
Des liens personnels aussi. Des liens anciens. Séculaires, qu’on lit dans les noms de nos rues, de nos places. Dans l’histoire de nos familles.
Le littoral, les collines et les montagnes vivent depuis longtemps en symbiose. Notre siècle ne fait pas exception.
Déjà liés par le destin, il nous restait à construire un projet commun.
C’est ce que nous avons fait en 2012, lorsque 46 communes aux identités pourtant bien affirmées se sont alliées et ont choisi de se soutenir mutuellement.
Choisi de mutualiser des équipements et des infrastructures lourdes, comme l’eau, l’assainissement, les déchets ou encore les transports.
Choisi aussi de penser ensemble une politique d’attractivité et d’emploi adaptée, parce que dans la compétition européenne et mondiale entre les plus grandes métropoles, l’union fait toujours
la force.
Exister à plusieurs plutôt que s’affaiblir. Plutôt que le déclin.
***
Nous avons inventé aussi, ensemble et librement, un modèle de Métropole.
Pour l’heure, sans doute le plus abouti parmi toutes les autres formes d’intercommunalité.
Un modèle de services publics qui a depuis rayonné largement en France.
Avec les succès que nous connaissons et je mets au défi quiconque de prendre à défaut notre Métropole sur ces domaines de compétences.
En matière économique, de transports, voiries, d’eau, de déchets, elle a fait ce qu’elle devait faire et elle l’a bien fait.
C’est ce qu’attendent nos concitoyens : de l’eau au robinet, des déchets collectés et traités, que les routes qu’ils empruntent soient en bon état et des emplois.
Le tout pour des coûts parmi les plus faibles pour nos administrés, si l’on compare aux intercommunalités de même strate.
***
Douze ans durant, nous avons aussi fait vivre un certain état d’esprit. Celui de la solidarité et de l’équité.
L’équité, pas l’égalité.
Avoir des tournées régulières pour ramasser les ordures ménagères n’a pas le même coût à Nice-Centre et à Clans, cher Roger. C’est une évidence.
Même chose pour les transports : là où un usager coûte en moyenne 30 centimes à la collectivité lorsqu’il voyage à Nice, il coûte 23€ lorsqu’il se déplace sur le littoral et plus de 60€ dans notre
haut pays.
Alors, que voulons-nous faire ?
Nous contenter d’une approche comptable et arrêter le ramassage d’ordure ou les transports en commun qui coûtent trop cher ?
Ou choisir la solidarité, l’entraide, l’équité.
Vous connaissez ma réponse.
Et je suis en profond désaccord quand je lis qu’il faudrait instaurer un mécanisme pour que les communes bénéficient de l’intervention de la Métropole au prorata de leur contribution.
C’est l’exact contraire de ce que nous défendons depuis 12 ans.
C’est la sécession des villes les plus peuplées et les mieux dotées du littoral. L’abandon du moyen et du haut pays.
J’invite chacun à faire le calcul.
Vous verrez, vous allez vite voir qu’avec un tel système, c’est la disparition programmée des services publics de nos villages.
Je ne serai pas ce Président là.
Je ne l’ai jamais été. Je ne le serai jamais.
Je m’adresse aux plus anciens d’entre vous.
Vous vous souvenez de ce que disait Patrick ALLEMAND, le chef socialiste de l’époque ?
Vous vous souvenez de ce qu’il disait : il y a un avant et un après Mescla ».
Il ne voulait pas entendre les maires des communes du haut pays qui demandaient, au nom de leurs administrés, à rejoindre notre Métropole.
Son message était clair : « laissez-les se débrouiller dans leurs vallées ».
J’ai toujours refusé cette manière de penser. Et je n’étais pas le seul : nous avons été nombreux parmi les maires du littoral à choisir la solidarité.
Vous savez, il se trouve que je suis Maire de Nice.
Mais j’aurais pu tout aussi bien me présenter pour devenir Maire de Saint-Martin-Vésubie ou de Saint-Etienne-de-Tinée.
Vous connaissez mes liens avec le haut-pays. Des liens de cœur, des liens indéfectibles.
Toujours, j’ai défendu les communes de montagne.
Toujours, j’ai agi pour elles.
Toute mon action politique, au Parlement, au Département, à la Région, s’est toujours inscrite dans cette ligne. La Métropole n’a pas fait exception.
Douze ans plus tard, je le pense toujours : séparer le littoral de la montagne aurait été une absurdité.
Combien de Niçois ont, comme moi, des liens, familiaux et de cœur avec les collines et le haut pays ?
Combien d’habitants d’autres communes de notre Métropole travaillent à Nice ? Combien y ont des liens historiques et familiaux ?
Des dizaines de milliers, tous les jours !
Quand je vois aujourd’hui la fracture entre monde urbain et rural qui se creuse partout en France, je mesure combien nous avons eu raison à l’époque de défendre ce modèle de solidarité.
Et combien aujourd’hui il est nécessaire de le réaffirmer.
***
Comme il est nécessaire de réaffirmer notre choix du dépassement politique.
Dans un pays fracturé et divisé en blocs, nous avons le devoir de travailler sans esprit partisan, sans aucune polémique, pour le bien commun de l’ensemble des habitants de la Métropole.
C’est ce que nos concitoyens attendent de nous.
C’est ce que nous n’avons jamais cessé de faire.
Faut-il rappeler le rôle qu’ont joué Pierre Paul DANA et Claude GUIGO dans la fondation de notre Métropole ? Deux hommes qui pourtant n’étaient pas de la même famille politique que moi…
Faut-il rappeler que j’ai eu un Vice-Président socialiste en la personne d’Antoine DAMIANI en opposition totale à son chef Patrick Allemand ?
Ensemble, nous avons su dépasser les clivages politiques pour favoriser l’intérêt général.
Jusque récemment.
*
Depuis quelques temps, certains membres de cette assemblée n’ont plus voulu faire cet effort.
Ils ont cédé au mauvais génie qui depuis des années sème le poison de la division et de la discorde dans nos vallées et dans notre Métropole.
Certains ont voulu donner des gages à ce mauvais génie.
Quitte à renier ce que la Métropole apporte de concret pour leurs habitants.
Certains n’ont ainsi plus voté notre budget.
Seul le prononcé fait foi
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D’autres critiquaient parfois très violemment les actions de la Métropole, s’en prenant injustement aux fonctionnaires pour régler des comptes politiques.
Ils voulaient des avantages, mais ne voulaient plus de l’esprit de consensus et de coopération qui avait jusqu’ici prévalu.
D’autres enfin ont cédé aux intimidations répétées. Je ne les blâme pas. Plus personne en France n’ignore les méthodes, les mensonges, les intimidations.
Le chaos national a permis de voir les masques tomber.
*
C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité cette nouvelle élection. Pour inviter chacun à s’interroger et à prendre ses responsabilités.
Parce qu’il était inacceptable que certains membres de notre exécutif aient préféré le lepénisme à l’esprit républicain.
Il s’agissait aussi de recentrer les débats dans cette assemblée, plutôt qu’à l’extérieur comme cela était devenu trop souvent le cas depuis quelques temps.
Je veux renouer avec la culture du compromis et du dépassement, qui a si longtemps prévalu au sein de notre Métropole.
C’était notre marque de fabrique ; et je veux que cela le redevienne.
Par conviction bien sûr. Mais aussi par pragmatisme.
Pendant plus d’une décennie, cette méthode a porté ses fruits.
Les épreuves que nous avons traversées nous ont montré combien nous étions solidaires les uns les autres. Une entraide sans faille, qui nous honore et qui m’incite à continuer.
Alors, non, tout n’a pas été parfait.
Nous avons sans doute fait des erreurs. Par faiblesse notamment lorsque nous n’avons pas clairement dit non à ceux qui pensaient « chacun pour soi », nous conduisant à céder, sur des sujets couteux mais non essentiel.
Mais nous avons avancé. Ce que nous avons accompli ensemble, nous n’y serions pas parvenus seuls, chacun dans notre coin.
Les seules questions qui vaillent aujourd’hui sont au fond :
– Les services publics sont-ils mieux accomplis aujourd’hui qu’hier ?
– Notre territoire est-il plus fort économiquement aujourd’hui qu’hier ?
– La fracture entre monde urbain et monde rural est-elle moins profonde aujourd’hui qu’hier ?
– L’avenir de notre Métropole est-il plus assuré aujourd’hui qu’hier ?
Si, comme moi, vous pensez que oui, alors je vous propose de persévérer et de construire ensemble une nouvelle gouvernance.
*
Cette nouvelle gouvernance devra traduire plus directement cette belle idée au fondement de nos démocraties contemporaines : la représentation.
Nous sommes tous chacun ici à notre manière, maires, adjoints au maire, conseillers municipaux, les représentants des plus de 560 000 habitants de notre Métropole.
La Métropole est et restera d’abord une assemblée d’élus. Et j’irai même plus loin : une assemblée élue.
Dans notre Métropole les communes et les maires sont non seulement respectés, ce sont, vous êtes, mes chers collègues, les pierres angulaires de notre action.
Faut-il rappeler combien je me suis battu pour que la légitimité des maires reste entière en refusant que la Métropole devienne une collectivité territoriale ?
Car c’était prendre le risque de voir des maires ne pas siéger au Conseil métropolitain, comme c’est le cas à Lyon par exemple.
Dans le même esprit, je vais tout à l’heure vous proposer que toutes les communes soient représentées au bureau.
La singularité de notre assemblée est une force. Utilisons-la.
Dans l’action du quotidien. Mais aussi pour s’inscrire dans la durée. Et prévoir l’avenir.
Car c’est ce que nous faisons ici. Nous parlons temps long.
Il s’agit de nous demander ce que nous devons faire pour que les générations qui suivent, puissent continuer à habiter, à vivre, à travailler, à étudier, à avoir des enfants dans notre magnifique « pays » entre mer et montagnes.
*
À la naissance de cette Métropole, nous avions ainsi adopté un plan 2030. Nous sommes sur de bons rails pour tenir nos engagements, à condition bien sûr de ne pas relâcher nos efforts.
Aujourd’hui, alors que cette Métropole renait une deuxième fois, je vous propose désormais de porter le regard à l’horizon 2040.
De grands défis nous attendent.
***
Il y a d’abord le défi économique. C’est le premier défi dont je voudrais vous parler.
Ces douze dernières années, notre Métropole a fait un vrai bon en matière de compétitivité et d’attractivité, jusqu’à se hisser régulièrement dans les classements des territoires les plus attractifs
d’Europe.
Encore il y a quelques semaines avec le magazine international spécialisé Forbes, qui a désigné
Nice comme la quatrième ville où investir en Europe.
C’est parce que nous avons beaucoup investi et surtout parce que nous n’avons jamais cessé de le faire. Malgré la crise sanitaire. Malgré l’inflation.
Encore en 2023, dans des conditions pourtant contraintes, nous avons investi 355M€ sur notre Métropole. En 2024, ce sera plus encore, avec 476M€.
Je le dis clairement : on ne gère pas une Métropole comme on gère un livret A.
Une politique économique, ce n’est pas des petites pièces dans le cochonnet.
Mais c’est de la continuité et de la stabilité dans l’investissement, pour attirer des investisseurs.
Ces investissements, c’est notre assurance-vie à tous pour l’avenir et je suis fier que Nice Côte d’Azur figure systématiquement ces dernières années sur le podium des Métropoles qui investissent
le plus par habitant.
Oui, j’assume d’être interventionniste.
Je ne suis ni Thatcher, ni Reagan.
Il ne vous aura pas échappé que je ne suis en effet ni britannique, ni américain, mais bien Français.
Je suis donc interventionniste, colbertiste, bonapartiste, gaulliste, pompidolien.
Les résultats nous donnent raison, avec 14 700 créations d’entreprises sur le territoire de la Métropole en 2023 et un taux de chômage qui est à son plus bas niveau depuis très longtemps.
Tous les chiffres de la Direction générale des finances publiques le montrent : le moteur économique de notre Département, c’est notre Métropole.
Mais nous devons aller plus loin. Je veux accentuer encore notre politique d’attractivité.
C’est la raison pour laquelle je veux créer une grande conférence économique qui rassemble deux fois par an tous les acteurs économiques du territoire.
Nous devons aussi continuer à étoffer notre enseignement supérieur.
Pendant longtemps, nos enfants devaient s’en aller pour étudier.
Nous avons tous des exemples en tête.
Souvent ils ne sont pas revenus. Leur vie s’est faite ailleurs. Ils sont partis toujours à regret, mais ils sont partis quand même.
Nous avons mis un terme à cet exode.
Cette Métropole ne se vide plus de ses forces vives.
Il y a ainsi deux fois plus d’étudiants dans notre Métropole aujourd’hui qu’il y a 10 ans ; et cela continue, avec notre Université qui ne cesse de se développer, avec 4 nouvelles écoles qui
s’installent chez nous à la rentrée et bientôt une faculté de pharmacie.
En retenant ses jeunes, en attirant de nouveaux étudiants qui viennent se former chez nous et qui, bien souvent, y restent, notre Métropole gagne des actifs.
Nous avons ainsi gagné des habitants – 15 000 selon l’INSEE entre 2015 et 2021. Et cette tendance se confirme.
C’est un signe de notre attractivité retrouvée.
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Le deuxième défi dont je veux vous parler ce matin, c’est le défi écologique.
Notre Métropole à elle seule ne va pas inverser la courbe des températures mondiales.
Ce n’est pas cela notre combat.
Notre enjeu est différent. Nous, nous devons faire en sorte que cette Métropole reste habitable et hospitalière, même si le climat change. Même si les phénomènes météorologiques sont plus violents et plus fréquents qu’auparavant.
Des tempêtes comme Aline et Alex n’étaient pas habituelles.
Tous les Anciens nous l’ont dit : ils n’avaient jamais vu ça.
Ils n’avaient jamais entendu la terre et la montagne trembler comme cela.
Mais ces tempêtes, ces inondations, comme les canicules et les nuits tropicales vont devenir notre nouvelle norme.
Nous aurons à repenser profondément l’aménagement de nos communes. Avec esprit de responsabilité et avec courage.
Je veux ainsi lancer un plan de modélisation avec des scientifiques, des hydrologues, des géographes, pour nous aider à anticiper, notamment sur certains secteurs du haut pays.
Je refuse être de ceux qui auront fermé les yeux. Je refuse la tétanie.
Nous avons prouvé ces douze dernières années que nous n’étions ni désarmés ni impuissants.
Nous avons prouvé que nous pouvions, en pleine ville, faire la chasse systématique aux ilots de chaleur. Que nous pouvions adapter la ville, pour qu’elle soit plus aérée, plus fraiche, même en plein été.
Un programme en 3 points : de l’air, de l’eau, des arbres, que je veux appliquer à toute notre Métropole.
Nous avons prouvé que nous pouvions avoir une politique de l’eau ambitieuse, sans attendre d’avoir soif.
Là où tant de territoires s’inquiètent demain d’être à sec, nous, nous sommes en mesure d’offrir de l’eau à tous nos habitants, à des prix raisonnables et pour les décennies à venir.
C’est parce que nous n’avons pas attendu et que nous avons décidé de reprendre dès 2012 notre service public de l’eau en régie.
Avec les succès que l’on sait : 270M€ investis pour lutter contre les fuites ; et la réduction des prélèvements de 25%.
Je veux que nous allions plus loin sur tous ces sujets.
Je veux aussi que nous fassions le nécessaire pour rendre nos sols moins imperméables, moins goudronnés, plus vivants.
C’est le meilleur moyen de lutter contre les inondations et la montée soudaine des eaux.
Autre enjeu essentiel : le traitement des eaux usées.
Dans quelques semaines va démarrer le chantier d’Haliotis 2.
L’un des 10 plus gros projets industriels en France, qui devrait nous permettre de traiter nos eaux usées pour les décennies à venir, peut-être même le siècle à venir. En réutiliser une partie et
surtout ne pas polluer la Méditerranée.
Car que deviendrait notre Métropole sans une mer en bonne santé ? Que deviendrait le tourisme ?
Alors oui, faire Haliotis 2, c’est nous projeter dans l’avenir. A 40 ans et plus.
Dans 40 ans, nous serons au milieu des années 2060. Je ne serai plus Maire de Nice. Du moins, je l’espère.
Qui d’autres que la puissance publique peut se projeter aussi loin ? Avec Haliotis 2, la Métropole est en plein dans son rôle.
Alors oui, on s’endette. Ou plutôt on investit sur l’avenir. 700M€ en ce qui concerne Haliotis 2, largement financé par la Banque des territoires.
Mais je veux le répéter : sur ce genre d’équipements lourds, qui ont vocation à durer sur plusieurs générations, il est parfaitement normal de s’endetter sur du long terme.
Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont Eric Lombard, le Directeur général de la Caisse des dépôts et Consignations et Olivier Sichel, le Directeur général de la Banque des territoires.
Nous sommes loin de dangereux collectivistes qui croient en l’argent magique.
La vérité est simple.
Refuser aujourd’hui d’engager les travaux nécessaires à la transition écologique, c’est risquer le mur de la dette écologique demain.
Je refuse de prendre ce risque pour nos enfants.
Nous n’avons pas le droit de les condamner à payer pour notre inertie. Pour notre manque de lucidité.
Prenons notre courage à deux mains et osons faire ce qu’il faut pour que la transition écologique soit une réalité sur notre territoire.
Investir à long terme, c’est cela la bonne gestion.
C’est d’ailleurs le même raisonnement pour nos transports. Eux aussi nous les avons repris en régie directe dès 2012. Un choix payant.
Continuons sur notre lancée. Menons à leur terme les nouvelles lignes de tramway, que nous avons projetées.
Menons à son terme la Ligne Nouvelle.
Travaillons avec les Chemins de Fer de Provence comme nous avons déjà commencé à le faire.
Et continuons, ensemble, à mener la bataille du versement mobilité, car il est intolérable que la France fonctionne encore à deux vitesses.
Je veux aussi que nous devenions indépendants en matière de gestion des déchets ménagers.
Car il faut regarder la réalité en face. Il y aura bientôt les Métropoles qui auront la maitrise de leurs déchets ; et les autres.
Celles qui n’auront pas fait les efforts nécessaires, devront demain accepter des conditions de plus en plus drastiques, de plus en plus coûteuses pour gérer des déchets dont plus personne ne voudra.
C’est cela que nous poursuivons avec le projet Arianéo : de l’indépendance et plus de liberté.
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Parlons aussi de la santé.
Je veux qu’en 2040 notre Métropole ait un système de santé qui puisse répondre aux besoins d’une population vieillissante.
Un système de santé qui puisse aussi faire face à des maladies nouvelles, que nous apporte le réchauffement climatique, comme la dengue.
Je veux aussi que notre Métropole ait le rayonnement international qu’elle mérite.
Nous sommes au cœur d’une eurorégion, nous en sommes le moteur, mais nous n’en sommes qu’aux débuts.
Je veux approfondir notre coopération avec la principauté de Monaco, la Ligurie ou le Piémont. Il y a un potentiel immense, que nous devons exploiter.
Parlons aussi de l’énergie.
Nous avons vu au cours de ces deux dernières années combien ce sujet était crucial.
Sans énergie, pas d’industrie, pas d’entreprises, pas de croissance.
Je veux que nous gagnions encore en autonomie énergétique. Il en va de notre avenir économique, comme de notre indépendance.
Parlons également du logement. Sujet si complexe, enjeu si aigu dans notre Métropole.
Je veux continuer à faire feu de tout bois pour offrir des logements à tous, éviter les squats, éviter que les Airbnb dévitalisent nos centres anciens.
Et je continuerai à porter le fer pour que cette loi SRU soit enfin remaniée, ou mieux : abrogée.
***
Il y a enfin un dernier sujet essentiel, par lequel je voudrais conclure : celui de la sécurité.
Il y a urgence et le drame d’hier nous l’a encore rappelé.
Vous le savez, c’est ma priorité.
Je suis déterminé à faire la guerre aux trafics. Les trafiquants le savent et nous leur rappelons souvent.
Nous avons fait plus qu’ailleurs.
Nous avons invité tous les bailleurs du Département à mettre en place une politique d’expulsion de tous ceux qui trafiquent dans les quartiers.
Avec des résultats : 200 expulsions ces 3 dernières années. 200 gêneurs de moins.
Nous avons déployé des vigiles privés, avec la brigade Gaida pour occuper le terrain et dire aux habitants que nous ne les abandonnons pas.
Nous ne laissons aucune situation s’enkyster. Le porche de la Laverie est le plus gros point de deal des Moulins ? Nous le détruisons !
Et rien ne nous fera reculer dans nos projets de rénovations urbaines.
À Saint-Laurent-du-Var, à l’Ariane, aux Liserons, aux Moulins, il y a encore beaucoup de choses à faire pour améliorer la vie de nos quartiers et pourrir celles des trafiquants.
Sur ce sujet aussi, nous avons un devoir de solidarité au sein de notre Métropole.
L’insécurité n’est plus un sujet seulement urbain. De plus en plus, nous le voyons, elle s’est aussi installée dans nos villages et dans nos campagnes.
C’est la raison pour laquelle je veux proposer à toutes les communes qui le souhaitent de bénéficier de l’appui du Centre d’Hypervision urbain qui ouvrira bientôt ses portes dans l’hôtel de police mutualisé.
Nous faisons tout ce que nous pouvons. Mais nous ne pouvons pas tout.
Quel que soit le nom du prochain Premier ministre, le narcotrafic devra être la priorité absolue du nouveau gouvernement.
Je veux dire ici avec ma part de liberté que même si je salue les résultats que nous obtenons avec le Procureur et le préfet, il faut que l’État prenne davantage ses responsabilités.
Notre Métropole a besoin de plus d’enquêteurs, de plus de moyens, de plus de soutien.
Il y a urgence.
*
Mes chers collègues,
Ces différents défis, nous pouvons les relever.
Nous sommes en excellente santé financière, contrairement à ce que certains cherchent à faire croire.
Agiter des chiffres qui font peur n’a aucun sens.
Une dette ne se mesure pas en valeur absolue. Elle doit être ramenée à la puissance financière de la Métropole.
Et là les chiffres ne mentent pas : ils nous disent que notre capacité de désendettement sera dès la fin de l’année inférieure à 12 ans.
Lisez les budgets. Tout y est. Tout est à l’équilibre. Tout est budgété.
La preuve : les banques et notamment la Banque des territoires nous demandent souvent quel sera le prochain projet sur lequel nous pourrons travailler ensemble.
Nous sommes en bonne santé financière et nous sommes soutenus.
Notamment par la Région. Depuis 2016, elle est à nos côtés pour toutes nos politiques métropolitaines. Elle soutient aussi les politiques que nous menons chacun dans nos communes.
Et certains voudraient supprimer la Région ? Ne pas réussir à la conquérir par les urnes n’est pas une bonne raison.
On ne se désarme pas face à l’adversité, surtout pas par pur intérêt personnel et par mesquinerie.
Je voudrais que nos relations avec le Département se passent aussi bien et j’ai vraiment l’espoir qu’une nouvelle ère de coopération s’ouvre enfin.
Je vous le dis et je vous le répète : nous sommes en mesure d’être au rendez-vous ne notre destin français, européen et méditerranéen.
Cette Métropole est l’outil de nos ambitions. L’instrument de nos espérances.
Je n’ai pas la Métropole honteuse. J’ai la Métropole heureuse. J’ai la Métropole audacieuse.
Je pense que c’est grâce à ce que nous avons fait depuis 12 ans que nous avons retrouvé notre place sur la carte du monde.
Je pense que c’est grâce à ce que nous avons fait depuis 12 ans que le Tour de France et l’ONU nous ont choisi, nous, pour accueillir des événements planétaires.
*
Mes chers collègues,
Je pourrais finir en égrenant les noms de nos 51 communes. Cela nous prendrait quelques minutes et nous ferait voyager, en esprit, à travers notre beau territoire.
Ces noms de villages, ces noms de lieux, nous parlent à tous.
Ce sont les lieux que nous parcourons, où nous habitons, où nous travaillons, où nous partageons des moments avec les nôtres.
Des lieux où nous nous divertissons, où nous nous cultivons, où nous faisons du sport.
Des lieux où nous avons grandi, où nos enfants grandissent, où nous avons vécu et où nous vivrons, aussi longtemps que nous le pouvons.
Ce sont les lieux dans lesquels nous sommes enracinés. Des lieux où soufflent l’esprit de cette Métropole.
Nous parlons de ces lieux ; et ils parlent de nous. Ils nous disent ce que nous sommes. Ce que nous voulons être.
Il y a douze ans, nous nous savions liés par des besoins et des enjeux communs.
Nous nous sommes depuis découverts une identité commune. Liés par l’histoire, par le présent et plus encore par l’avenir.
Les défis sont immenses, mais nous avons pris le bon chemin. Et je le dis : nous avons toutes les raisons d’avoir de grandes espérances pour notre territoire.
Aujourd’hui s’ouvre une nouvelle page de notre histoire commune.
Écrivons-la ensemble.