NICE : Christian ESTROSI : « Notre situation financière est…
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NICE : Christian ESTROSI : « Notre situation financière est saine, les audits le confirment »
Christian Estrosi a défendu jeudi la solidité de ses comptes, appuyé par plusieurs audits, et présenté cinq engagements clés pour la future mandature.
À l’approche des élections municipales, la bataille des chiffres fait rage à Nice. Face aux attaques ciblant la gestion budgétaire de la Ville, le maire sortant Christian Estrosi a tenu, jeudi 26 février, une conférence de presse offensive pour démonter l’argumentaire d’une « faillite » supposée. Accompagné de Maître Léa Lacour, avocate fiscaliste et future adjointe aux Finances en cas de victoire, l’édile a présenté un bilan validé par des organismes indépendants et esquissé sa feuille de route financière.
Un bilan marqué par les crises
Pour le maire de Nice, la lecture du bilan financier nécessite de distinguer trois cycles bien précis. Après une phase de rattrapage et d’investissement entre 2008 et 2019, la municipalité a dû faire face à la période 2020-2023, marquée par le Covid-19 et les tempêtes Alex et Aline. « J’ai préféré dégrader temporairement nos ratios et nos finances pour sauver l’essentiel », a assumé Christian Estrosi, revendiquant le choix de « protéger les Niçois » et de soutenir le tissu économique local au plus fort de la tourmente plutôt que de thésauriser.
Depuis 2023, la Ville serait entrée dans une phase de redressement. « Notre situation financière est saine », a martelé le candidat, s’appuyant sur les notations de cabinets d’audit externes. Le cabinet Michel Klopfer attribue ainsi la note de 17/20 à la gestion niçoise, tandis que LocalNova lui décerne un 18/20. L’Institut Montaigne, connu pour sa rigueur libérale, confirme également la solidité des comptes.
Des indicateurs au vert
Maître Léa Lacour a détaillé cette « inflexion significative » de la trajectoire d’endettement. Selon les chiffres présentés, la capacité de désendettement de la ville s’établit fin 2024 à 6,8 années, bien en deçà du seuil d’alerte de 12 ans généralement admis pour les collectivités. « Qui peut se vanter aujourd’hui d’avoir les moyens de rembourser la totalité de sa dette en moins de 7 ans ? », a interrogé la future adjointe.
Malgré le pic lié aux crises, la dette a diminué de 41 millions d’euros sur la dernière période, tandis que l’épargne a été reconstituée. L’avocate fiscaliste souligne par ailleurs une maîtrise des dépenses de fonctionnement, dont la progression annuelle a été limitée à 1,6 % entre 2019 et 2024, soit « trois fois moins que dans les communes comparables » dans un contexte inflationniste. Parallèlement, l’investissement reste soutenu avec plus de 100 millions d’euros maintenus pour 2026.
Le contre-modèle départemental
Cette présentation a également été l’occasion pour Christian Estrosi de pointer du doigt la gestion du Département et de son rival politique. Le maire dénonce un désengagement financier de la collectivité départementale vis-à-vis de la ville-préfecture : gel des subventions à l’Opéra (perte estimée à 700 000 euros avec l’inflation), baisse des dotations au Théâtre National de Nice, et hausse de la contribution forcée de la Ville au Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS).
Christian Estrosi s’est montré particulièrement virulent envers les promesses fiscales d’Éric Ciotti, notamment celle d’un retour à la fiscalité de 2023. Selon les calculs de l’équipe Estrosi, cette mesure creuserait un trou de 90 millions d’euros, bien loin des 40 millions d’économies annoncés par l’opposition. « Trouver 90 millions, c’est plus de 2 000 emplois », a averti le maire, craignant des coupes sombres dans les services publics essentiels comme les crèches, les EHPAD, la police municipale ou le tissu associatif.
Cinq engagements pour l’avenir
Pour clore cette démonstration de transparence, Christian Estrosi a pris cinq engagements fermes pour la prochaine mandature. Il promet tout d’abord de maintenir la discipline sur les dépenses de fonctionnement et de poursuivre la trajectoire de baisse de la dette.
Sur le plan de la gouvernance, le candidat annonce une petite révolution démocratique : la réalisation d’un audit annuel indépendant rendu public, et surtout, l’attribution de la présidence de la commission des finances à l’opposition. « Chaque Niçois pourra voir, noir sur blanc, la situation financière de sa collectivité », a-t-il assuré.
Enfin, concernant la pression fiscale, le maire s’engage à baisser les impôts, non pas par des coupes budgétaires, mais grâce aux fruits de la croissance et de l’attractivité du territoire. « Les recettes supplémentaires seront consacrées à la baisse de la fiscalité à partir du prochain budget », a conclu Christian Estrosi, plaçant la dynamique économique au cœur de sa stratégie de redistribution.