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NICE : Christian Estrosi : « Ce projet correspond à un investissement de plus de 100 millions d’euros »

Le maire sortant et candidat dévoile un programme culturel ambitieux articulé autour de dix mesures phares mêlant rénovations patrimoniales majeures, nouveaux équipements de proximité et soutien accru à la création locale.

C’est un programme dense, chiffré à 18 millions d’euros par an sur la durée du prochain mandat, que Christian Estrosi a présenté ce lundi matin. À l’approche des élections municipales, le maire de Nice entend faire de la culture un levier d’attractivité et de cohésion sociale, avec une enveloppe globale dépassant les 100 millions d’euros. « Une politique culturelle ne peut plus être seulement bâtimentaire, elle doit aussi être au service de la création », a affirmé l’édile, insistant sur la nécessité d’élargir l’offre face à une population qui change et accueille 55 000 étudiants.

Le futur du TNN et du Palais des Arts

Au cœur des annonces figure la livraison du Palais des Arts et de la Culture au sein de l’actuel Palais des Expositions. Ce site accueillera la grande salle du Théâtre National de Nice (TNN) ainsi que la Cinémathèque, avec une ouverture prévue pour la saison 2029-2030. Christian Estrosi est revenu sur la polémique liée à la destruction de l’ancien théâtre : « J’assume d’avoir détruit un théâtre vieillissant pour donner à Nice des équipements de haut niveau », a-t-il déclaré, rappelant que la salle « La Cuisine » sera conservée en complément et que le Théâtre Garibaldi sera rénové grâce à un partenariat avec le gouvernement italien.

Concernant la vitalité actuelle du TNN, le maire s’est montré offensif : « Pas mal, non, pour un théâtre que certains disent moribond ! Mais il faut les excuser : comme ils n’y vont jamais, ils ne peuvent pas se rendre compte ».

La Gare du Sud se réinvente en « Halle de la Découverte »

Autre annonce majeure : la reconversion de la Gare du Sud. Le modèle de la halle gourmande est abandonné. « Il faut le reconnaître, le modèle des food court est désormais passé, et de toute façon pas adapté au quartier », a concédé Christian Estrosi. La Ville a racheté le bail emphytéotique pour y créer une « Halle de la Découverte ». Ce lieu dédié aux familles regroupera une artothèque, une ludothèque, une BDthèque et des espaces d’exposition. Une première exposition y sera inaugurée d’ici trois semaines.

Grands travaux : MAMAC et patrimoine

Le plan de rénovation des grands équipements se poursuit, avec en tête de file le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (MAMAC). « Le MAMAC aussi risquait de s’écrouler », a précisé le maire, annonçant une réouverture pour 2030 après une refonte complète. L’objectif est de rivaliser avec les grandes fondations européennes.

Parallèlement, la municipalité s’engage à poursuivre la restauration du patrimoine niçois, tant civil que religieux, pour un maintien du classement à l’UNESCO. « D’autres villes ont déjà perdu leur classement UNESCO. Mais tant que je serai maire, Nice restera au patrimoine mondial ! » a martelé le candidat. Des travaux sont prévus au monastère de Cimiez, à l’église du Gesù ou encore à la tour Saint-François.

La Promenade des Anglais transformée en galerie

Pour marquer l’espace public, le projet prévoit la création de la « GALET/RIE », présentée comme la première plage-galerie d’art au monde sur la Promenade des Anglais. L’idée est d’en faire un musée à ciel ouvert exposant des œuvres locales et internationales.

Dans le même esprit d’ouverture, le Théâtre de Verdure sera couvert pour permettre une exploitation tout au long de l’année, au-delà de la saison estivale, dans le respect des contraintes patrimoniales.

Rééquilibrage vers l’Ouest et soutien à la création

L’Ouest niçois bénéficiera de nouvelles infrastructures, notamment une bibliothèque de quartier à Saint-Isidore et un auditorium symphonique intégré au futur Parc des Expositions et des Congrès. Ce dernier viendra appuyer la candidature de l’Opéra de Nice au label d’Opéra national en région.

Enfin, Christian Estrosi souhaite accompagner l’émergence d’une « nouvelle École de Nice » du 21e siècle. Cela passera par une charte d’engagement avec les artistes et une transformation du « 109 », pôle de cultures contemporaines, qui verra sa fréquentation doublée et accueillera une biennale artistique ouverte, en hommage à l’artiste Ben. « Je ne veux plus qu’il y ait d’un côté nos institutions et de l’autre les créateurs, mais que nous partagions un but commun », a conclu le maire.