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NEW YORK : Jasmine ESCALERA : « Les entreprises doivent sou…

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NEW YORK : Jasmine ESCALERA : « Les entreprises doivent soutenir les salariés après une rupture »

Selon une étude de Zety, un salarié sur trois s’absente après une rupture amoureuse, ouvrant le débat sur un congé pour chagrin d’amour.

Alors que la Saint-Valentin approche, une nouvelle étude met en lumière un sujet souvent tabou dans le monde de l’entreprise : l’impact des ruptures amoureuses sur la vie professionnelle. Le « Heartbreak Leave Report », publié par Zety, spécialiste des outils de création de CV, révèle qu’un tiers des salariés a déjà pris un arrêt maladie ou utilisé des jours de congé pour surmonter un chagrin d’amour. Ce phénomène, bien que discret, a des conséquences directes sur la productivité et l’engagement, poussant à une réflexion sur de nouvelles formes de soutien managérial.

Un impact tangible sur la performance.

Loin d’être un simple drame personnel, une rupture amoureuse perturbe significativement le fonctionnement des entreprises. L’enquête, menée auprès de 1 020 salariés, dresse un constat sans équivoque des répercussions professionnelles. Ainsi, 43 % des personnes interrogées déclarent une baisse de leur productivité ou de leur capacité de concentration. Par ailleurs, 38 % évoquent une diminution de leur motivation et de leur engagement au travail. Les conséquences se mesurent aussi en termes d’assiduité, avec 25 % des salariés estimant que leur ponctualité a été affectée. Plus inquiétant encore, près d’un quart des répondants (23 %) indique une altération de leur prise de décision ou de leur capacité à résoudre des problèmes, tandis que 17 % notent un impact négatif sur leurs relations avec leurs collègues et leur hiérarchie.

Les jeunes actifs et les hommes en première ligne.

L’étude révèle des disparités notables selon le profil des salariés. Les hommes semblent plus enclins à s’absenter après une déception sentimentale, étant 36 % à le faire contre 28 % pour les femmes. La différence est encore plus marquée au niveau générationnel. Les plus jeunes sont de loin les plus affectés : 47 % des salariés de la génération Z et 45 % des millennials ont déjà pris des jours de congé dans ce contexte. Ce chiffre diminue avec l’âge, passant à 31 % pour la génération X et seulement 11 % pour les baby-boomers, suggérant une perception et une gestion différentes de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle selon les générations.

Une demande de reconnaissance freinée par la peur du jugement.

Face à ce constat, l’idée d’un « congé pour chagrin d’amour » officiel fait son chemin. Un tiers des salariés (33 %) estime que les employeurs devraient proposer un tel dispositif, et 43 % affirment qu’ils y auraient recours s’il existait. Interrogés sur la durée qu’ils jugent nécessaire, 40 % estiment avoir besoin d’au moins trois jours pour se remettre. Cependant, la mise en place d’un tel congé se heurte à un obstacle culturel majeur : la peur du regard des autres. Une large majorité de 65 % des employés se disent mal à l’aise à l’idée de demander un tel congé, craignant le jugement de leur hiérarchie ou de leurs collègues.

La flexibilité, une solution plébiscitée.

Au-delà de la question d’un congé formel, l’étude montre que le soutien attendu par les salariés prend avant tout la forme de la flexibilité. Le télétravail (31 %) et les horaires flexibles (31 %) arrivent en tête des solutions les plus utiles. Viennent ensuite un ajustement des délais ou de la charge de travail (23 %) et une plus grande discrétion de la part du management (26 %). Ces aménagements permettent de traverser une période difficile sans se désengager complètement.

« Les ruptures amoureuses font partie des formes de deuil personnel les plus courantes, pourtant on attend souvent des salariés qu’ils continuent à travailler comme si de rien n’était », explique Jasmine Escalera, experte carrière chez Zety.

« Offrir de la flexibilité à court terme, via le télétravail, une charge de travail ajustée ou un congé pour chagrin d’amour, peut aider les salariés à se remettre plus rapidement, à rester productifs et à se sentir soutenus plutôt que pénalisés pour un événement de vie normal ».

L’étude complète est disponible sur le site de Zety (https://zety.fr/blog/conge-chagrin-amour). Les résultats reposent sur une enquête menée le 5 janvier 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 020 salariés américains. Zety (https://zety.fr) est une plateforme en ligne proposant des modèles et des guides pour la création de CV professionnels.